• La renaissance du temps article 9 (vie et mort de l'univers)

     

    J'écris mon blog pour partager ma soif de connaissances, mes réflexions et mes passions et mes lectures. Dans ces articles, je voudrais partager "ma lecture" du livre de Carlo Rovelli "par-delà le visible". Ecrire ce que je retiens de mes lectures me permet de réfléchir à la compréhension que j'en ai. je mets entre guillemets les passages qui me semblent importants ou qui me frappent. Et par dessus tout je fais des recherches sur internet pour compléter ma lecture avec le maximum de liens que souhaite responsables, qui permettent aux lecteurs d'approfondir la connaissance du sujet.   

     

     

    The singular universe and the reality of time

     

     

     

     

    Autres liens: http://www.philipmaulion.com/article-bienvenu-au-moment-present-de-lee-smolin-117515126.html: Bienvenue au ‘Moment Présent’ de Lee Smolin.

    http://www.philipmaulion.com/2017/05/emergence-pourquoi-les-physiciens-recourent-ils-a-cette-notion.htm:l Emergence : pourquoi les physiciens recourent-ils à cette notion ?
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Lee_Smolin:

    Lee Smolin et Roberto Mangabeira Unger ont construit un ensemble d'hypothèses constituant une philosophie de la nature1 :

    1. Il n'y a qu'un seul Univers. Il n'y en a pas d'autre ni quoi que ce soit qui lui soit isomorphe.
    2. Tout ce qui est réel est réel à un instant donné, qui est une succession d'instants. Tout ce qui est vrai est vrai à l'instant présent.
    3. Tout ce qui est réel à un instant est un processus de modification menant à l'instant suivant ou au futur. Tout ce qui est réel est donc le résultat d'un processus à l'intérieur duquel il est la cause, ou il implique, les instants futurs.
    4. Les mathématiques sont déduites de l'expérience comme une généralisation de régularités observées où le temps et les particularités sont supprimées.

     

    « La gravitation quantique à boucles décrit l’espace comme un réseau dynamique de relations »2.

    Grosso modo, l'espace-temps ne serait pas continu et uniforme, mais granulaire et discontinu. Il existerait un espace et un temps indivisibles. Cette théorie simple à se représenter et élégante a fait ses preuves sur plusieurs points de vue, comme l'explication des aires et des volumes en géométrie, mais laisse à désirer encore sur la dynamique

    Dans son livre The Life of the Cosmos, Smolin propose d'appliquer la sélection naturelle à la cosmologie, de sorte que l'univers que nous connaissons serait le résultat de l'évolution par mutation d'univers plus anciens. C'est la théorie des univers féconds.

    Smolin avance qu'un univers pourrait en engendrer un autre lors de la formation d'un trou noir. Les constantes fondamentales de la physique, comme la célérité de la lumière dans le vide, seraient différentes d'un univers à l'autre.

    boucles.html#.XBQYhVxKj4YLa gravitation quantique à boucles

    Pour commencer à connaître avec quelques sites internet regroupés sur une même page pour une lecture plus aisée et des liens supplémentaires.

    http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2013/136/smolin.htm

    (Time Reborn: From the Crisis in Physics to the Future of the Universe)

    http://www.drgoulu.com/2015/01/28/la-renaissance-du-temps/#.WEuqNNThA_7 (la renaissance du temps 1/2)

    http://www.drgoulu.com/2015/12/31/la-renaissance-du-temps-22/ (la renaissance du temps 2/2)

     

    http://medias.dunod.com/document/9782100706679/Feuilletage.pdf (la renaissance du temps Dunod: quelques pages à feuilleter)

    https://monblogdereflexions.blogspot.com/2018/12/la-gravitation-quantique- La gravitation quantique à boucles avec Carlo Rovelli: Pour s'initier avec quelques sites

    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-mecanique-quantique-est-en-171058 (la mécanique quantique est en crise par Bernard Dugué)

     

    http://www.paris8philo.com/article-33714241.html: à propos de rien ne va plus en physique: "billet de Jean Zin, pour une physique pluraliste, qui nous paraît essentiel pour comprendre les enjeux des théories physiques actuelles qui souvent tendent vers l'impossible, hors toute avancée, toute brèche se fait par dissymétrie, sans souci du qu'en-dira-t-on il suffit de voir l'attitude de Grigori Perelman, si non-chalante vis-à-vis de la communauté scientifique, ou devrait-on dire l'etablishment. Jean Zin reste un grand guetteur de ce qui se passe en science, nous vous recommandons ses articles."

     

    1) Préambule: Ceci est la suite des articles de mon blog à propos des univers multiples  d'Aurélien Barrau pour les quels je retiens ici les commentaires utiles: 

         -Mon article 1; D'après Aurélien Barrau, Univers multiples Chap 1)les propositions nouvelles face aux problèmes:et paradoxes de la physique "peuvent constituer une "pulsion inchoactive" qui poussera vers une découverte sans précédent ou bien vers un réenchantement de ce que l'on savait déjà sans en avoir pris la "dé-mesure" et finalement vers une nouvelle sacralisation du "monde".
         -Mon article 2: D'après Aurélien Barrau, Univers multiples. La gravitation quantique chap. 9 L) Voir la Conclusion:  [...] aujourd'hui, la physique est en crise, le monde est en crise. Avec Lee Smolin et son "rien ne va plus en physique", Carlo rovelli Parle de la schizophrénie bipolaire des physiciens (voir une révolution inachevée). La vision anthropique de Trin Xhuan Thuan et la vision biblique du monde, qui s'origine dans les mythes de l'Un et de l'ordre, émergeant du Chaos initial, semblent exclus de la vision de bien des physiciens et cosmologues qui découvrent, comme l'a fait Jean Pierre Luminet, que l'Univers ne peut avoir été infiniment dense et donc que le big bang ne peut avoir été tel qu'on se l'imaginait depuis de nombreuses décennies. La possibilité d'un avant big bang a été mise en évidence avec un (ou des?) univers précédent qui se serait condensé jusqu'à une taille extrêmement petite mais non nulle et qui aurait "rebondi" en un big bounce pour donner notre Univers actuel en expansion après le phénomène d'inflation cosmique. Un des derniers rebondissements de ces recherches, avec Lee Smolin, pourrait bien aboutir avec sa "renaissance du temps" à une solution de la contradiction entre la physique quantique et la théorie de la relativité. A priori, ce serait une théorie unifiée des interactions fondamentales. 


    2) La renaissance du temps, mes précédents articles - résumé. 

    Nous avons vu dans mon article 1 à propos d'Aurélien Barrau chap.9, que de nombreuses théories nouvelles ou hypothèses proposent l'unification de la physique ou tout au moins des explications aux dilemmes et paradoxes que la cosmologie moderne a mis en évidence. 

    Mais, dans mes articles sur "la renaissance du temps", voir l'article 1 chapitre 8 Lee Smolin prévient: Le paradigme newtonien ne peut même pas apporter un embryon de réponse à ces questions et dilemmes: Pourquoi ces lois? Pourquoi ces conditions initiales de l'univers? Quel mécanisme les a t-il sélectionnées parmi une multitude infinie de possibilités? etc. Il appelle "erreur cosmologique" (voir mon article 1 chapitre 2), le fait d'appliquer à l’Univers entier dans sa globalité des lois établies et vérifiées sur des sous-systèmes. Dans le paradigme newtonien, ce que nous appelons une loi doit s'appliquer dans tous les cas. Mais l'application d'une loi à n'importe quel morceau d'univers implique une approximation, parce que nous devons négliger toutes les interactions entre ce morceau et le reste de l'univers. Donc les applications vérifiables d'une loi sont toutes des approximations. Lee Smolin fait remarquer en particulier que les lois se vérifient sur beaucoup de sous-systèmes. Mais si on veut appliquer une loi de la nature sans approximation, c'est à l'univers entier qu'il faudrait l'appliquer, alors que nous n’avons qu’un seul Univers sous la main. Et un seul cas n'apporte pas suffisamment d'indices pour justifier l'affirmation qu'une loi particulière de la nature s'applique. C'est ce que Lee Smolin appelle le dilemme cosmologique (faire de la physique dans une boite: on considère un petit sous-système isolé  du reste de l’univers dans lequel on néglige certains effets pour ne s’intéresser qu’à certaines variables qui définissent un espace de configuration, atemporel. ). Et pourquoi cette loi et pas une autre? De plus, beaucoup de théories cosmologiques (théorie des cordeséquation d’Einstein …) admettent en réalité une infinité de solutions, parmi lesquelles une seule correspond à notre univers. Doit-on se résoudre à admettre l’existence d’une infinité d’Univers inaccessibles pour pouvoir justifier le notre par un principe anthropique

    Nous pensions, dit Lee Smolin, savoir comment répondre à ces questions. Une théorie unique mathématiquement cohérente pourrait incorporer les 4 lois fondamentales de la nature. Mais cet espoir a été anéanti. On se trouve face à ce qu'il appelle "le défi cosmologique". On vient de voir qu'il faudrait étendre la science à une théorie de l'Univers entier. Le défi est qu'il ne peut pas exister de composante statique qui puisse servir de cadre de référence, car tout dans l'Univers change et il n'existe aucun extérieur., rien qui puisse être qualifié de fond par rapport auquel les mouvements du reste de l'Univers (que nous négligeons). Or, toutes les théories physiques divisent le monde en deux parties, une partie « dynamique », qui change, et une statique, qui contient un « fond » de choses immuables, comme les constantes fondamentales.  Le « défi cosmologique » consiste à formuler une théorie de l’univers « indépendante du fond », purement dynamique afin de ne rien supposer d’extérieur à l’Univers: "Lorsqu’on fait de la « physique dans une boite », le « fond » comprend notamment les conditions initiales, et la méthode expérimentale permet de contrôler les conditions initiales afin de s’assurer que les lois sont indépendantes de ces conditions. En cosmologie, cette distinction entre « lois » et « conditions initiales » aggrave le problème qu’elle résout « dans une boite » : si nos observations du fond diffus cosmologique ne correspondent pas bien à la théorie de l’inflation cosmologique, faut-il corriger la loi ou les conditions initiales? Smolin critique aussi les théories effectives qui décrivent bien ce qui se passe à une certaine échelle de grandeur, mais en négligeant l’influence de ce qui est beaucoup plus grand ou plus petit." Pour Smolin, la théorie issue du défi cosmologique doit tenir compte de tout, sans rien négliger."

    J'ai poursuivi "ma lecture" avec l'article 2 (le défi cosmologique chapitre 9)l'article 3 (Nouveaux principes de cosmologie chapitre 10)l'article 4 (les lois évolutives chapitre 11)l'article 5 (la mécanique quantique et le libération de l'atome chapitre 12)l'article 6 (le combat de la relativité et du quantum chapitre 13)Puis j'ai fait une pause pour approfondir l'interprétation non dominante de la mécanique quantique de Bohm dans La physique quantique version variables cachées et le dialogue Bohm et Krishnamurti

    L'article 7 (La renaissance du temps par la relativité chapitre 14) conclut par: "La notion globale de temps que nous venons de voir implique qu'en chaque événement il existe un observateur privilégié dont l'horloge mesure la passage du temps. Mais il n'y a aucun moyen de le choisir par une mesure qu'on pourrait faire dans une petite région, ce qui confirme le principe de relativité à des échelles plus petites que celle l'univers. Ce choix d'un temps global particulier est déterminé par la façon dont est distribuée la matière dans l'univers. La dynamique des formes constitue donc "un pont" entre le principe de relativité et le temps global qu'exigent les théories telles que celle à laquelle aspire Lee Smolin avec des lois évolutives ou celles qui expliquent les phénomènes individuels au moyen de variables cachées. Il y a une grandeur par contre qui n'a pas le droit de changer lorsqu'on agrandit ou qu'on rapetisse les échelles, c'est le volume de l'univers à chaque instant, même s'in évolue au cours du temps. Ceci donne donc un sens à la taille totale de l'univers et à son expansion et nous fournit une horloge physique universelle. LE TEMPS VIENT D'ÊTRE REDECOUVERT".

    Dans l'article 8 (l'émergence de l'espace chapitre 15), nous avons abandonné provisoirement le temps pour examiner l'espace. Le Dr Goulu nous le présente ainsi: "Ce long chapitre est le plat de résistance du livre. C’est là que ça passe où ça casse, et j’ai mis plus de deux semaines à le digérer avec peine. Il commence très fort: L’aspect le plus mystérieux du monde est juste sous nos yeux. Rien n’est plus banal que l’espace, et pourtant lorsque nous l’examinons de près, rien n’est plus mystérieux. Je crois que le temps est réel et essentiel à une description fondamentale de la nature. Mais je crois probable que l’espace va s’avérer n’être qu’une illusion. [...] Selon Smolin, l’existence d’un temps réel est indispensable pour réconcilier les deux pans de la physique, mais l’espace ne l’est pas. Parmi les théories ayant exploré l’idée que l’espace émerge d’une structure de graphe plus fondamentale, la première est la “triangulation dynamique causale” [...].


    3) Vie et mort de l'univers (chapitre 16 de "la renaissance du temps").

     

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%A8che_du_temps

    La flèche du temps

     


    Gravir le Mont Improbable Growing Up in the Universe - Richard Dawkins

         

         3-1) La complexité est-elle probable?.

    Nous venons de voir dans L'article 7 (La renaissance du temps par la relativité chapitre 14)

    que "LE TEMPS VIENT D'ÊTRE REDECOUVERT". Il faut maintenant aborder la question la plus importante et la plus énigmatique concernant l'univers: pourquoi l'univers est-il hospitalier à la vie? Le Dr Goulu écrit en synthèse du chapitre 16 (vie et mort de l'univers): "La vision intemporelle de la physique basée sur le paradigme de Newton a montré son impuissance face aux questions les plus basiques de l’univers : pourquoi est-il intéressant (…) au point que des créatures comme nous puissions y être et nous en émerveiller ? Mais si nous adoptons la réalité du temps, nous rendons possible une physique asymétrique par rapport au temps dans laquelle l’univers peut naturellement faire évoluer de la complexité et de la structure. Et ainsi nous évitons le paradoxe d’un univers improbable".

     Mais voyons cela plus en détail. Si le temps est vraiment réel, alors il devrait y avoir des propriétés qui sont explicables seulement si nous supposons que le temps est fondamental alors qu'elles devraient sembler accidentelles et mystérieuses si on fait l'hypothèse opposée (un temps émergeant). De telles propriétés existent et sont perçues en observant que notre univers a une histoire d'évolution du simple vers le complexe. Cela confère une forte directionnalité au temps: nous disons que l'univers a une flèche du temps, flèche qui serait très improbable dans un monde où le temps est non essentiel et émergeant. 

    La complexité est improbable, rien ne peut sauter immédiatement d'une organisation simple à une organisation complexe. La complexité nécessite une série de petites étapes, qui se produisent en séquence en impliquant un fort ordonnancement des événements dans le temps. C'est Gravir le Mont Improbable de Richard Dawkins (Le livre est relatif à la probabilité et à ses applications dans la théorie de l'évolution, et spécifiquement dirigé contre le créationnisme. Il y détaille notamment les probabilités pour la sélection naturelle de mener à des organismes complexes). L'univers doit donc avoir avoir une histoire, qui s'est déroulée dans le temps et un ordre causal est nécessaire pour expliquer comment l'univers en est arrivé à son instant présent. Mais Dawkins, qui voulait en finir avec dieu, avait-il une vision foncièrement différente de celle des physiciens du XIXè siècle et de certains cosmologistes contemporains  qui adoptent une vision intemporelle et pour qui la complexité est accidentelle et nécessairement temporaire. De ce point de vue, le destin de l'univers est de s'achever dans un état d'équilibre, la mort thermique de l'univers: "L’idée de mort thermique découle de la seconde loi de la thermodynamique, qui postule que l’entropie tend à s’accroître dans un système isolé. Si l’univers a une durée suffisamment longue, il se rapprochera asymptotiquement d’un état où toute l’énergie sera uniformément distribuée. Elle provient des idées de William Thomson, en 1850." Mais, dans ce cas, la matière et l'énergie sont alors uniformément distribuées et rien ne se passe à l'exception de quelques fluctuations aléatoires qui se dissipent sitôt apparues. mais Lee Smolin va nous expliquer plus loin que les principes écrits dans l'article chapitre 10 pour une nouvelle théorie cosmologique vont aider à comprendre pourquoi un univers d'une complexité croissante est inéluctable. Alors est-il raisonnable  de dire avec Dawkins et beaucoup d'autres que l'univers est la complexité sont accidentels et le résultat du hasard (?)  Affirmer que dieu n' a pas créé l'univers n'est-il pas une manifestation de rejet athéiste de l'idée d'un créateur en fermant la porte à la possibilité d'inéluctabilité de la complexité?

    Ainsi, deux routes différentes s'offrent pour décrire le future de l'univers:

         -Dans la première, il n'y a pas de futur parce qu'il n'y a pas de temps. Le temps est une illusion qui est au mieux une mesure du changement. Etienne Klein qui tourne autour de ces mystères depuis plus de 25 ans, "prend l’image de la bobine d’un film de cinéma. Rangée sur une étagère, elle contient «en même temps» toutes les images du film, sans temporalité propre. Mais dès qu’on installe la bobine sur un projecteur, elle acquiert une temporalité par le défilement successif des images sur un écran". Cette vision pourrait-elle être un pont entre celle qui précède (le temps n'existe pas) et celle  de Lee Smolin qui va être évoquée maintenant?

         -Dans la vision du temps que propose Lee Smolin, l'univers est un processus permettant de générer de nouveaux phénomènes et états d'organisation qui se renouvellent en permanence tandis qu'il évolue vers des états d'organisation supérieurs et de plus en plus complexes. Au tout début, l'univers était un plasma en équilibre dont il "créa" une complexité énorme sur une large gamme d'échelles, depuis les amas de galaxies jusqu'aux molécules organiques. Lee Smolin nous affirme que la persistance et la croissance de toute cette structure et cette complexité élimine l'explication la plus simple, que ce serait un arrangement accidentel. Un accident ne "résulterait" pas en structures qui ont persisté pendant des milliards d'années et dont la complexité s'accroît continuellement avec le temps. Si elle était accidentelle, elle diminuerait presque certainement avec le temps et non l'inverse. 

    La prédiction de la mort thermique de l'univers, étape de plus dans "l'extraction" du temps de la physique et de la cosmologie s'accorde avec les idées antiques d'un état de l'univers exempt de changement. Pour Aristote, l'état naturel du monde est un équilibre où, puisque tout est à sa place naturelle, il n' y a aucune poussée vers l'organisation. Chaque essence possède un mouvement naturel, la terre veut aller vers le centre, tandis que le mouvement naturel de l'air est vers le haut. Toutefois, pour qu'il y ait des changements dans le domaine terrestre, il faut qu'il y ait d'autres causes, des mouvements imposés capables de déplacer quelque chose hors de son état naturel. Les humains et les animaux sont sources de mouvements imposés, L'eau chaude en est une autre; elle intègre l'air en elle et; de ce fait, adopte en partie le mouvement naturel de l'air vers le haut, s'élève jusqu'à ce qu'elle refroidisse. A ce stade, elle expulse l'air et retombe sous forme de pluie. La source ultime de ce mouvement imposé est la chaleurs du soleil, qui fait partie du domaine céleste et d'une manière ou d'une autre tout est imposé par le soleil. Si la sphère terrestre était déconnectée des cieux et laissée à elle-même, tout reviendrait à l'équilibre, immobile dans son état naturel, et tout changement cesserait. 


         3-2 La physique moderne et la thermodynamique.

    Arles : la tour Ghery

    La physique moderne a une notion d'équilibre dont les lois s'appliquent à "la physique dans une boite" dont nous avons aussi vu les limites dans l'article 2. Le contexte pour les lois de la thermodynamique est un système isolé, qui n'échange ni énergie ni matière avec son environnement. Il faut, cependant, ne pas confondre les notions d'équilibre que nous avons vues chez Aristote ou Newton (qui provient d'équilibre entre des forces qui se compensent), avec la notion moderne d'équilibre. Celle-ci est totalement différente en thermodynamique. Elle s'applique aux systèmes contenant un très grand nombre de particules et fait appel d'une façon essentielle aux notions de probabilités et d'information

    La clef pour comprendre (?) la themodynamique est qu'elle implique deux niveaux de description. Le niveau microscopique est la description précise des positions et des mouvements de tous les atomes dans n'importe quel système particulier; celle des micro-états. Le niveau macroscopique définit le macro-état du système, qui est une description approchée, au moyen d'un petit nombre de variables, comme la température et la pression d'un gaz. Etudier la thermodynamique du système implique d'établir un lien entre ces deux niveaux de description. 
    Pour expliquer cela, Lee Smolin prend l'exemple d'un immeuble en briques dont le macro-état est l'immeuble de l'architecte. Le micro-état est celui où chaque brique se loge exactement. L'architecte a seulement besoin de spécifier les dimensions des murs et celle des ouvertures (portes et fenêtres). Il n'a pas besoin de spécifier l'emplacement de chaque brique. La plupart des briques sont identiques et deux d'entre elles peuvent être échangées sans impact sur la structure. Ainsi, de nombreux micro-états donnent le même macro-état. Alors vint Frank Gehry,  l'architecte du pli ou l'angoisse de la ligne droite dont les constructions sont, comme le musée de Bilbao, qui a une surface externe constituée de matériaux individuellement élaborées. Chaque "tôle" de pierre, de verre ou de titane doit être différente et l'endroit où chacune d'elle sera placée a de l'importance. La destination de chaque "tôle" est le micro-état. Mais ici, contrairement à l'immeuble en briques, on ne peut s'amuser avec le micro-état: un seul micro-état correspond au macro-état voulu. Ce concept de "combien de micro-états" peut nous permettre d'expliquer en quoi les immeubles de Ghery sont révolutionnaires avec le concept d'entropie. L'entropie sera ici une mesure du nombre de manières différentes d'assembler ses éléments pour réaliser le dessin de l'architecte.Un immeuble standard en briques aura une entropie élevée. Par contre, un immeuble de Gehry pourra avoir une entropie de zéro, correspondant à un unique micro-état. Référons-nous à la définition de entropie thermodynamique: "Ludwig Boltzmann a exprimé l'entropie statistique en fonction du nombre \Omega  d’états microscopiques, ou nombre de configurations, définissant l’état d'équilibre d'un système donné au niveau macroscopique : {\displaystyle S=k_{\mathrm {B} }\ln \Omega } (formule de Boltzmann). On voit que pour un unique micro-état l'entropie est égale à 0 puisque ln 1 = 0. .

    ===>> Entropie = inverse de l'information. C'est ce qu'on voit à partir de cet exemple. Il faut beaucoup plus d'information pour spécifier le design d'un immeuble de Gehry, car on doit décrire exactement comment fabriquer chaque constituant et où l'installer. Pour un bâtiment en briques standard, on n'a besoin de connaître que les dimensions des murs (et les ouvertures).  

    Comment ça marche dans le cas d'un gaz? Un gaz est composé d'un nombre immense de molécules comme le précise le nombre d'Avogadro (par exemple, le nombre d'atomes de carbone dans 12 grammes (10−3 kg) de carbone 12NA = 6,022 140 76 × 1023 par mole). La description fondamentale est microscopique; elle nous dit l'endroit où chaque molécule se trouve et comment elle se déplace, ce qui représente une quantité phénoménale d'informations. Par contre, dans la description macroscopique, le gaz est décrit en termes de densité, température et pression, ce qui nécessite beaucoup moins d'informations que de préciser où se trouve chaque atome. On peut donc traduire (relativement) facilement la description microscopique en position macroscopique (densité, température), mais non l'inverse, car il y a trop de manières d'arranger les atomes individuels au niveau microscopique pour obtenir la même densité et la même température. Pour convertir les micro-états en macro-états, on peut compter les micro-états cohérents avec un macro-état donné. Comme dans l'exemple des immeubles et leurs briques, on obtient un nombre, l'entropie. Ainsi définie, c'est une propriété macroscopique uniquement. C'est une propriété émergente qui n'aurait aucun sens si on l'attribuait à un micro-état particulier. 

    L'étape suivante est de relier l'entropie aux probabilités. Pour cela il nous faut quelques notions de thermodynamique statistique. Nous resterons dans la domaine classique n'aborderons pas encore la PHYSIQUE STATISTIQUE QUANTIQUE et pour simplifier, nous partirons d'un Résumé de thermodynamique statistique.:Le micro-état est une “photographie instantanée” du système. Il correspond à la description microscopique de ce système, c’est-à-dire à la connaissance de l’état de toutes les particules. Ce micro-état peut être caractérisé : – par sa fonction d’onde si le système est décrit par la mécanique quantique, c'est  dire par la connaissance de la valeur de tous les nombres quantiques décrivant ce système. – par la connaissance de toutes les coordonnées (q1, ..., qs) et impulsions (p1, ..., ps) des particules si le système est décrit par la mécanique classique (soit 2s = 6N variables pour N particules atomiques)

    Le macro-état est défini par un jeu de variables très réduit, les variables d'état (nombre de particules, le volume V, l’énergie interne U, la température T, les quantités de matières Ni, la pression P ..) dont la connaissance permet de définir le système thermodynamique à l'équilibre. C'est une observation moyenne des micro-états correspondant aux contraintes imposées au système.

    Le postulat fondamental de la physique statistique d'équilibre (aussi connu comme le postulat des probabilités a priori égales) est: Étant donné un système isolé en équilibre, il se trouve avec probabilités égales dans chacun de ses micro-états accessibles. C'est un postulat physique, justifié par le fait que, dans un gaz, les atomes ou molécules sont en mouvement chaotique, qui tend à brasser les trajectoires et les rendre aléatoires. Plus il y a de façons de fabriquer un macro-état à partir de micro-états, c'est à dire pus grande est l'entropie du macro-état (comme on l'a vu précédemment, celle-ci est fonction du nombre  \Omega  d’états microscopiques, d'égale probabilité), macro-état définissant l’état d'équilibre d'un système donné au niveau macroscopique: {\displaystyle S=k_{\mathrm {B} }\ln \Omega }  k_{B} est la constante de Boltzmann. Cette définition correspond à l'entropie de Shannon S\ =\ -\ k_{B}\sum _{{i}}p_{i}\ \ln p_{i} (avecp_{i}\ =\ {\frac  {1}{\Omega }}d'une configuration de \Omega  micro-états équiprobables, qui correspond à l'information. Le macro-état le plus probable, si on suppose le micro-état aléatoire, s'appelle l'état d'équilibre. C'est aussi celui qui a la plus grande entropie. Imaginons un chat que l'on dissocie en atomes qui le constituent et mélangeons au hasard avec l'air de la pièce qui nous entoure. Il y aura beaucoup plus de micro-états dans lequel les atomes du chat sont mélangés aléatoirement à l'air que de micro-états dans lesquels le chat est rassemblé. Le chat qu'on voit sur le canapé correspond à un arrangement des atomes hautement improbable et de ce fait il a une entropie très faible et une grande quantité d'information comparé à une mélange de ces mêmes atomes dans l'air. 

    Les gaz et seconde loi de la thermodynamique. Les atomes (ou molécules) d'un gaz se déplacent de façon chaotique, entrant souvent en collision et envoyant les autre dans des directions plus ou moins aléatoires. Si le micro-état n'était pas aléatoire au début, il va le devenir avec la temps. Si nous commençons pas un autre état que celui d'équilibre, de basse entropie; il est vraisemblable que ce dernier deviendra plus désordonné, accroissant l'entropie. C'est ce qu'affirme la seconde loi de la thermodynamique:    ["Toute transformation d'un système thermodynamique s'effectue avec augmentation de l'entropie globale incluant l'entropie du système et du milieu extérieur. On dit alors qu'il y a création d'entropie.La fonction d'état entropie : S, a été considérée comme une mesure du désordre.

    {\displaystyle \Delta S_{\text{global}}=S_{\text{création}}=\Delta S_{\text{syst}}+\Delta S_{\text{ext}}\geq 0}

    Dans le cas d'une transformation réversible, la création globale d'entropie est nulle"

    • L'entropie d'un système isolé ne peut qu'augmenter ou rester constante puisqu'il n'y a pas d'échange de chaleur avec le milieu extérieur.
    • L'entropie d'un système peut diminuer mais cela signifie que l'entropie du milieu extérieur augmente de façon plus importante ; le bilan entropique étant positif, ou nul si la transformation est réversible.].

    On voit donc que l'entropie n'augmente pas toujours. Lee Smolin illustre ce aspect par une expérience faite avec un jeu de cartes à l'aide d'un mélangeur. Lorsque l'expérience commence, les cartes sont rangées dans l'ordre (entropie minimum). En suite, la seule chose qui se produit, c'est que les cartes seront battues par le mélangeur. Les cartes ont commencé dans l'ordre, mais chaque mélange a rendu cet ordre de plus en plus aléatoire et donc l'entropie tend à augmenter.Au bout d'un nombre suffisant de battements, il devient impossible de distinguer l'ordre des cartes obtenu d'un ordre dû entièrement au hasard. Par conséquent, tout souvenir de l'ordre initial a été essentiellement perdu avec l'augmentation d'entropie. Mais de temps à autre, un mélangeur abaissera l'entropie, en faisant revenir les cartes à leur état d'origine, mais il est beaucoup probable que le mélangeur, agissant sue le jeu de cartes ordonné provoque l'augmentation de l'entropie que la diminution. Plus il y a des cartes, moins il est probable qu'un mélange parvienne à reproduire totalement l'ordre de départ. Et de ce fait; les intervalles entre les mélanges qui ordonnent parfaitement le jeu seront plus longs. Néanmoins, tant que le nombre de cartes dans le jeu reste fini, il existe une durée à l'issue de laquelle, les battements, au rythme de 1 par seconde par exemple, auront produit une remise en ordre parfaite. Cette durée est appelée le temps de Poincaré -->> voir le théorème de récurrence de Poincaré[Ce théorème dit que, pour presque toutes les « conditions initiales », un système dynamique conservatif dont l'espace des phases est de « volume » fini va repasser au cours du temps aussi près que l'on veut de sa condition initiale, et ce de façon répétée.]. Si on observe le système pendant une durée plus courte, on verra probablement toujours l'entropie augmenter, mais sur une durée plus longue, on aura des chances de voir l'entropie diminuer. 

    Le rôle du hasard dans le jeu de cartes peut être transféré à un gaz. Un exemple de configuration ordonnée d'atomes pourrait être lorsque l'on a tous les atomes du gaz dans une une boite d'un même côté et se déplaçant dans la même direction. Ce serait l'analogue d'une configuration où toutes les cartes sont dans l'ordre. Mais pour un gaz, elles sont infiniment plus rares que celles dans lesquelles les atomes sont positionnés au hasard dans la boite et se déplacent dans des directions quelconques. Si nous commençons par un e configuration dans laquelle les atomes sont regroupés dans un coin de la boite et bougent de la même façon,  et si on attend, alors ils ricochent les uns sur les autres et se dispersent à travers la boite en la remplissant. Les atomes sont brassés et la densité dans la boite s'uniformise. Les énergies et les directions du mouvement des atomes seront rendues aléatoires au gré des collisions. Au final, la plupart des atomes auront des énergies proches de la valeur moyenne, qui représente la température. Peu importe le degré d'ordre et d'originalité d'où on est parti, après un moment, la densité des atomes et la température seront uniformes et randomisés. C'est cela l'état d'équilibre et la plus probable est qu'il en reste là. Mais si on observe sur une très longue période de temps, des fluctuations conduiront à trouver un état plus ordonné. Certaines, assez probables, produisent juste un peu plus de densité à un endroit et un peu moins ailleurs. Celles qui regrouperont tous les atomes dans un coin de la boite; même si elles sont très improbables, demanderont beaucoup de temps, mais elles se produiront. Tant que le nombre d'atomes est fini, il y aura des fluctuations conduisant à n'importe quelle fluctuation, quel que soit son degré de rareté. C'est Einstein qui l'un des premiers vit l'importance des fluctuations: la prédiction de phénomènes dus aux fluctuations des grandeurs physiques était l'un des grands thèmes qu'il explora en 1905 en mettant en évidence le mouvement brownien (qualifié de “divers et ondoyant”), ce qui prouve que ces fluctuations sont bien réelles. Pourtant, il critiqua plus tard le rôle de l'aléatoire en physique quantique.

    Les fluctuations résolvent un paradoxe qui a "empoisonné" les études les plus anciennes. A l'origine, les lois de la thermodynamique furent introduites sans la notion d'atomes ou de probabilités. Les lois étaient plus "qualitatives". Ce n'est qu'au milieu du XIXè siècle que Maxwell et Boltzmann firent l'hypothèse que la matière était composée d'atomes.se déplaçant de manière erratique.et posèrent les fondements de la physique statistique et de la thermodynamique. Mais la plupart des physiciens ne croyaient pas aux atomes et rejetèrent ces efforts d'explication par le mouvement des atomes. Ils inventèrent de puissants arguments pour prouver qu'on ne pouvait pas y arriver. Un des principaux arguments était basé sur la réversibilité des lois du mouvement de Newton qui (?paradoxalement?), affirme Loup Verlet,  avait une foi atomiste[Réversibilité: Voir pourlascience.fr    [...] Les équations  de Newton restent identiques lorsque l’on inverse le sens du temps, elles sont dites réversibles]. Si les lois de la thermodynamique sont expliquées par le mouvement des atomes, qui obéissent aux lois de Newton, cela n'est pas compatible avec le fait que l'entropie croît toujours comme l'affirme la deuxième loi de la thermodynamique. Ce sont les fluctuations qui ont permis de réconcilier  la thermodynamique avec l'existence d'atomes obéissant à des lois fondamentales réversibles dans le temps. La bonne réponse fut fournie par Tatiana et Paul Ehrenfest, jeune couple protégé de Boltzmann et qui devinrent amis d'Einstein. Ils montrèrent que la seconde loi, telle qu'elle était alors formulée, était fausse et vinrent en aide à Boltzmann avec notamment le modèle des urnes (voir aussi  les urnes d'Ehrenfest ). On peut voir comment le modèle d'Ehrenfest répond à la question  dans le site "notre univers est-il réversible?"  

    -Quelques liens info: 

    probabilité et quantité d'information    physique statistique     physique statistique quantique

    résumé de thermodynamique statistique   thermodynamique

    deuxième principe de la thermodynamique           qu'est-ce que l'entropie?

    Gehry l'architecte du pli ou l'angoisse de la ligne droite 

    qu'est ce que la thermodynamique   le paradigme newtonien   

    violation du 2è principe dans le nano-monde   

    Rudolf Clausius   James Clerk Maxwell   Ludwig Boltzmann     Isaac Newton  


         3-3) Notre univers est-il en équilibre? Réponse non!

    D'après la vision thermodynamique qui précède, il semble qu'un univers en équilibre ne peut pas être complexe puisque les processus aléatoires qui l'amènent à l'équilibre détruisent toute organisation, ce qui amène à se reposer la question posée au départ, au début du chapitre 3-1) sur la probabilité pour qu'il y ait de la complexité (la question la plus importante et la plus énigmatique concernant l'univers: pourquoi l'univers est-il hospitalier à la vie?). En fait, cela ne veut pas dire que la complexité elle-même puisse être mesurée par l'absence d'entropie. Elle nécessite des notions qui dépassent la thermodynamique des systèmes à l'équilibre et seront examinées dans mon article 10 qui résumera ma lecture du chapitre 17 de "la renaissance du temps"(l’émergence de structures organisées, apparemment en contradiction avec le second principe de la thermodynamique).

    Continuons d'abord de regarder l'univers depuis cette perspective thermodynamique en nous demandant pourquoi l'univers est intéressant! Dans le cadre du paradigme scientifique depuis Newton, l'univers est gouverné par les solutions aux équations d'une certaine loi de la nature. pour le moment, cette loi peut être approchée par une combinaison de la relativité générale et du modèle standard de la physique des particules. La solution qui gouverne l'univers se trouve parmi une offre (infinie) de solutions et peut être spécifiée en sélectionnant les conditions initiales à l'instant (ou au voisinage) du big bang. Ce qui est intéressant; c'est que la thermodynamique nous apprend que presque toutes solution des lois décrit un univers en équilibre, car, par définition, l'équilibre est composé des configurations les plus probables. De plus, une telle solution typique est symétrique par rapport au temps (des fluctuations locales vers un état plus ordonné sont aussi probables que des fluctuations locales vers un état moins ordonné). Cela signifie que, globalement, il n'y aurait pas de flèche du temps. 

    Or notre univers ne ressemble pas du tout à ces solutions typiques des lois. Même aujourd'hui, après plus de 13 milliards d'années, notre univers n'est pas en équilibre. 

    Et de plus, la solution qui décrit notre univers est asymétrique par rapport au temps. Si la solution qui décrit notre univers a été choisie au hasard, ces propriétés sont extraordinairement improbables. La question de savoir pourquoi l'univers est intéressant et pourquoi la seconde loi de la thermodynamique n'a pas encore réussi à "randomiser" l'univers en un équilibre thermique au bout de plus de 13 milliards d'années devient de plus en plus intrigante.

          3-4) La flèche du temps

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%A8che_du_temps

     

     

    trustmyscience.com/inversion-fleche-du-temps-avec-ordinateur-quantique/

    3-4-1) Il y a une flèche du temps. C'est le signe le plus évident que notre univers n'est pas en équilibre thermique. Même si des physiciens ont réussi à inverser le flèche du temps, c'est grâce à un ordinateur quantique, c'est "en modifiant certaines conditions de la configuration de l’ordinateur, que ces possibilités ont été limitées de manière à rembobiner délibérément l’équation de Schrödinger, qui est réversible. Il est expliqué, "qu'en gros, c’est comme si votre boule blanche ne se “répandait” plus dans une plage de positions possibles infinie sur la table de billard se trouvant dans l’obscurité, mais qu’elle revenait dans votre main. En théorie, rien n’empêche que cela se produise de manière spontanée. Cependant, il faudrait regarder 10 milliards de tables de billard à l’échelle des électrons, et ce à chaque seconde pendant la durée de vie de notre Univers, pour que cela se produise de sûr une seule fois". Cette expérience à propos de l'incertitude quantique ([trustmyscience.com...]:  L’équation de Schrödinger vous indique que la balle se trouve quelque part sur la table de billard et se déplace à une certaine vitesse. En termes quantiques, la balle est partout sur la table, et possède un certain nombre de vitesses différentes), montre qu'à l'échelle quantique, le temps est réversible mais macroscopiquement et jusqu'à l'échelle de l'univers le temps reste intrigant. Le fait qu'il soit orienté et possède une flèche rend pertinente la question de sa réalitéle thème du livre de Lee Smolin. Répétons qu'à l'équilibre il n'y a pas de telle flèche du temps. L'ordre peut y augmenter seulement temporairement par des fluctuations aléatoires.Ces excursions hors de l'équilibre, qui sont à l'échelle quantique; se ressemblent qu'on aille dans un sens du temps ou dans l'autre (si on filme les mouvements des atomes dans ce gaz à l'équilibre, et qu'on fasse passer le film dans un sens ou dans l'autre, on sera incapable de dire quel le film et quelle est la version à l'envers). Mais notre univers n'est pas comme ça. On l'a déjà dit, ça réclame une explication car les lois de la physique sont temporellement  symétriques,[en mécanique newtonienne,Le temps est un paramètre dont le signe n'a pas d'importance. L'évolution d'un système mécanique sans frottements est symétrique par rapport au renversement du temps]. Notons cependant quelques "viols" de cette symétrie Temporelle: "(Alors que la symétrie T semble naturelle en mécanique quantique, elle est néanmoins violée dans le cadre du modèle standard car la symétrie CP est violée alors que par la symétrie CPT obtenue par application simultanée du renversement du temps, de la conjugaison de charge et de la transformation de parité doit être respectée pour être compatible avec l'invariance de Lorentz").Toute solution aux équations de ces lois possède son "double", une solution qui se comporte juste comme la première mais avec "le film monté à l'envers" (t -->> -t) et de plus, la droite et la gauche doivent être échangées et un particule devient une anti-particule). Ainsi, si des personnes rajeunissaient alors que nous vieillissons, ou si des tasses brisées se reconstituaient instantanément, les lois fondamentales ne seraient plus violées.

              3-4-2 Le problème de la flèche du temps.

    Alors, pourquoi ces choses-là ne se produisent-elles jamais? Et pourquoi ces asymétries temporelles sont-elles toutes orientées dans le même sens? C'est ce qui est appelé le problème, parfois le paradoxe (illusion?) de la flèche du temps. Même s'il est considéré comme illusion, ce paradoxe pose question et en fait il existe plusieurs flèches du temps dans notre univers. 

         -La flèche du temps cosmologiqueElle traduit que l'univers est en expansion et non en contraction. Wikipedia précise: "C'est le nom donné à l'application de la flèche thermodynamique ou statistique du temps à l'échelle de l'Univers. En effet, la deuxième loi de la thermodynamique ne fonctionne que pour un système fermé. Un niveau d'entropie qui diminue localement signifie simplement que l'entropie augmente de manière globale à l'intérieur du système. Cependant, il n'est pas déterminé si l'Univers est un système fermé ou non. Si l'Univers est un système fermé, le temps peut être déterminé par une différence de niveau d'entropie. Cette hypothèse s'appelle l'« hypothèse du passé --->voir ce chapitre dans ce site), car elle implique que l'état initial de l'Univers soit un cas particulièrement bas d'entropie. En croissant, l'entropie de l'univers atteindrait son maximum après une période de temps d'environ 10200 années 8. Le temps perdra progressivement son sens jusqu'à disparaître".

              -Flèche gravitationnelle du temps: C'est une théorie alternative à la flèche cosmologique du temps. Elle est basée sur l'idée que l'Univers ne se dirige pas vers un niveau d'entropie de plus en plus élevé, mais vers un niveau structurel de complexité croissante. Elle s'oppose par conséquent à l'entropie qui détermine qu'un système fermé ne peut se diriger que vers un niveau de désordre de plus en plus élevé. Le sens du temps, du passé vers le futur, serait alors défini par la croissance irréversible de la complexité 9.

         -La flèche du temps thermodynamique: de petits morceaux d'univers, laissés à eux-mêmes tendent à devenir de plus en plus désordonnés avec le temps. "C'est le sens donné au temps par la loi de l'entropie. Cette dernière dispose que le niveau d'entropie d'un système fermé doit augmenter. Par conséquent, il suffit de mesurer le niveau d'entropie d'un système fermé à deux instants différents pour savoir lequel précède l'autre. Si cette mesure est répétée à chaque instant, il apparaît une suite infinie d'états orientée dans une seule direction, c'est ce qui crée le sens du temps. Par conséquent, tout système fermé voit la direction de sa flèche temporelle déterminée par la différence d'entropie entre ses états 6".     

         -La flèche du temps biologique (liée à l'auto-organisation). Les gens, les animaux, les plantes sont nés bébés, puis ils vieillissent et enfin meurent. 

         -Flèche du temps de l'expérience liée à la flèche psychologique. La flèche de l'expérience; c'est l'expérience du temps qui s'écoule du passé vers le futur; nous nous rappelons le passé, mais pas le futur. On peut lui apporter une nuance avec la flèche psychologique, qui "représente le sens donné au temps par les limites de la perception humaine. En effet, l'être humain détermine le temps par la différence entre un état 1 initial et un état 2 observé instantanément. Si aucun changement n'est constaté, un être humain ne saurait distinguer si le temps avance, recule ou même existe. L'être humain ne peut se remémorer que les événements qu'il a vécus, le passé, et le comparer au présent qui deviendra à son tour passé dès qu'un changement aura été enregistré par l'individu. Ce mouvement apparent (7) crée le passage du temps du passé, soit ce que l'on peut comparer au présent, vers le futur  .
         -La flèche électromagnétique, flèche radiative: La lumière voyage du passé vers le futur. La lumière qui atteint nos yeux nous donne à voir le monde dans son passé jamais dans son futur. Ceci semble s'appliquer aux ondes gravitationnelles. Wikipédia nous dit: "La flèche radiative est décrite par le sens dans lequel un rayonnement quelconque est émis. Il est observable qu'une source n'émet pas dans des directions aléatoires, mais plutôt dans toutes les directions à la fois qui pointent vers l'extérieur de la source. Ce phénomène est exprimable par une sphère d'influence de la source ponctuelle. Cette sphère s'agrandit si le temps pointe vers l'avant, et diminue s'il pointe vers le passé. Cette schématisation est souvent utilisée en physique via le cône de lumière. Celui-ci ne présente un cercle s'agrandissant au lieu d'une sphère puisque la troisième dimension du graphique illustre la direction du temps
    10. 

         -La flèche conséquentielle"Elle fait référence au principe de causalité à l'échelle macroscopique. Ce principe stipule que si un phénomène A produit un effet B, alors il en est la cause et l'effet ne peut jamais précéder sa cause. Ainsi, un sens est donné au temps de la cause vers la conséquence. Cette flèche du temps est fondamentale en sciences. En effet, la méthode scientifique est basée sur le fait que les mêmes causes produisent les mêmes conséquences".


    -cas des Trous noirs et trous blancs

    Cas des trous noirs: Notre univers semble contenir de nombreux trous noirs. Un trou noir est très asymétrique par rapport au temps. C'est un objet céleste si compact que l'intensité de son champ gravitationnel est tel que si tout objet peut tomber à l'intérieur, il empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper si ce n'est le rayonnement de Hawking (vu par Aurélien Barrau). Ce processus est irréversible et produit beaucoup d'entropie.

    Mais quid des trous blancs? Ces objets hypothétiques sont des solutions de la relativité générale en renversant le direction du temps dans les trous noirs. Ils se comportent comme l'inverse des trous noirs: rien ne peut y tomber, mais n'importe quoi pourrait en sortir.

    Interrogation?: Selon la relativité générale,notre univers aurait très bien pu commencer rempli de trous noirs primordiaux:"la pression et la température étaient si élevées que de simples fluctuations de densité de la matière suffisaient pour amorcer un effondrement gravitationnel très rapide. Alors que la plupart des régions de hautes densités furent dispersées dans l'expansion qui suivit, les trous noirs primordiaux restèrent stables, et devraient être encore présents aujourd'hui. Aucun à ce jour (mars 2019) n'a été cependant clairement observé ou détecté". Tous les trous noirs que l'on observe semblent avoir été formés longtemps après le big bang, suit à l'effondrement d'étoiles massives. Et pourquoi n'y aurait-il que des trous noirs et aucun trou blanc? Il semble que cette absence de trous noirs primordiaux soit le signe d'une "flèche du temps des trous noirs". Une autre question concerne la possibilité d'existence de galaxies à l'autre bout de l'univers où certaines des flèches du temps iraient dans le sens inverse de celui constaté dans notre monde ou bien la possibilité que nous vivions dans un univers où certaines flèches du temps sont retournées à certains endroits. Mais ceci ne semble pas le cas, pourquoi?
    L'existence de toutes ces flèches distinctes et toutes dans le même sens nécessite une explication. Elles reposent toutes sur la nature du temps et sont différentes si on croit que le temps émerge d'un monde intemporel ou si on croit que le temps est fondamental et réel. D'autre part, le fait que les lois de la nature soient temporellement réversibles lorsque t ---> -t peut être pris comme un indice en faveur de la vision que le temps n'est pas fondamental, mais alors, comment expliquer ces flèches du temps qui représentent une asymétrie dans le temps? Comment ces asymétries peuvent-elles naître de lois symétriques dans le temps?
              3-4-3 Quelques explications concernant le problème de la flèche du temps.
    Selon Lee Smolin, la réponse à la question précédente réside dans le fait que les lois (qui elles, n'ont pas à être symétriques), agissent sur les conditions initiales (
    ?) et les constantes ultimes. Les conditions initiales semblent avoir été finement ajustées pour produire un univers qui est asymétrique dans le temps. Un autre exemple est le taux d'expansion de  l'univers initial, qui est fixé par les conditions initiales et semble avoir maximisé la production de galaxies et d'étoiles. Plus élevé, l'univers se serait dilué rapidement sans laisser la possibilité de formation d'étoiles et galaxies. Plus faible, l'univers aurait pu s'effondrer en une singularité finale avant que des étoiles aient pu se former. Le taux d'expansion initial fut extraordinairement réglé pour produire l'univers actuel. Les conditions initiales temporellement asymétriques peuvent expliquer aussi la flèche du temps électromagnétique. Dans l'article [https://arxiv.org/abs/1004.1346  (soit en .pdf:     https://arxiv.org/pdf/1004.1346.pdf)] Steven Weinsten "montre que la théorie relativiste de l'électromagnétisme de Maxwell, considérée comme la plus confirmée, ne l'est pas du tout, en l'absence d'une hypothèse supplémentaire, à savoir que tous les champs ont leur source dans le passé. Il conclut qu'il existe une asymétrie temporelle "I conclude that we have reason to believe that there is a lawlike time-asymmetry in the world" (qui pourrait être une asymétrie fondamentale?"). Aux débuts de l'univers, il n'y avait pas d'ondes électromagnétiques, la lumière ne fut produite que plus tard, grâce au mouvement de la matière comme le suggère le site ourimvetumim.over-blog.com: "Avant 10-43 seconde : la Superforce.Tout ce qui se passe avant cette date chronologique est un mystère. il comprenait de nombreuses particules virtuelles de matière et d'antimatière qui apparaissaient et disparaissaient comme des bulles de savon". C'est ce qui peut expliquer que lorsque nous regardons autour de nous, les images que la lumière apporte renseignent sur la matière. Mais il aurait pu en être autrement. En effet, les équations de l'électromagnétisme permettent que l'univers ait commencé avec de la lumière qui se déplace librement et se former directement lors du big bang plutôt que d'avoir été émise par la matière ultérieurement, 380 000 ans après le big bang: "Nous sommes 380 000 ans après le Big Bang, il y 13 milliards 819 millions d’années. La lumière parvient enfin à se libérer de la soupe primordiale des particules. Elle peut inonder de son rayonnement l’univers jusqu’alors opaque et nous fournir le tout premier portrait de son enfance". Si nous vivions dans un univers où la lumière s'était déplacée librement depuis le big bang, toutes les images des objets que la lumière nous a apportées seraient noyées dans la lumière nous arrivant directement depuis le big bang. Nous ne verrions ni étoiles ni galaxies. Nous ne pourrions voir qu'un chaos lumineux. Dans un tel univers (sans flèche du temps), nous pourrions voir des images qui n'ont jamais été là (des licornes par exemple...). C'est à cela que l'univers ressemblerait si nous repassions à l'envers un film d'un futur lointain. Dans ce futur lointain, il y aura de nombreuses images voyageant de tous côtés, images de choses qui ont un jour existé. C'est ce que nous pourrions voir de l"univers, si nous passons le film à l'envers, un univers rempli d'images de choses qui ne se sont pas encore produites. Nous ne vivons pas dans un tel univers, mais cela devrait pouvoir être le cas parmi les univers possibles correspondant aux solutions des lois de la physique.

    Explication selon Lee Smolin? Pourquoi nous ne voyons que des choses déjà survenues ou en train de se produire, et jamais rien en attente de se produire ou que nous ne verrons jamais? Cela vient du fait que nous devons imposer des conditions initiales strictes, qui interdisent que l'univers puisse commencer avec de la lumière se propageant partout et transportant des images. C'est une condition d'asymétrie sévère, mais elle est nécessaire pour expliquer la flèche du temps électromagnétique. Il en est de même pour les flèches du temps des ondes gravitationnelles et celle des trous noirs. Donc, si les lois fondamentales de la nature sont temporellement symétriques, alors l'explication du fait que notre univers est asymétrique dans le temps, repose donc, dit Lee Smolin, sur le choix des conditions initiales. Celles-ci ne doivent contenir aucune onde en propagations libre, qu'elles soient électromagnétiques ou gravitationnelles ni de trous noirs. Roger Penrose a évoqué ce point en proposant un principe pour l'expliquer: l'hypothèse de la courbure de Weyl--->> (essai de traduction): "C'est une application de la relativité générale qui a été proposé dans un article de 1979 [1] par le mathématicien et physicien britannique Sir Roger Penrosedans le but de formuler une explication à deux questions fondamentales de la physique. D'une part, "nous voudrions" expliquer pourquoi notre univers apparaît de plus en plus homogène et isotrope  (par) l'augmentation de l'échelle d'observation (et donc peut être décrit par une simple modèle Friedmann-Lemaître). D'autre part, il y a la question fondamentale de l'origine de la deuxième loi de la thermodynamique.

    Penrose spécule que la réponse à ces questions se posent à partir du concept d"entropie de champs gravitationnels. Penrose suggère que, au voisinage de singularité gravitationnelle, la Big Bang, l'entropie d'un champ gravitationnel cosmologique était extrêmement faible (par rapport aux valeurs qui auraient été théoriquement possible), puis elle a commencé à croître de façon monotone. Ce processus se produit par exemple dans la formation de structures au moyen de l'agrégation de la matière, avec la formation de galaxies et amas de galaxies. Penrose exprime que le tenseur Weyl disparaît à proximité du big bang, à très basse entropie.  Après cela, selon lui, son influence est dynamique et augmente constamment, étant due à une augmentation globale de l'entropie dans l'univers, ce qui provoque un flèche du temps cosmologique.

    La courbure Weyl représente les effets gravitationnels tels que forces de marée et ondes gravitationnelles. Le traitement mathématique des idées de Penrose sur l'hypothèse de courbure Weyl ont été décrites dans le contexte de la singularité cosmologique initiale isotrope, dans des articles spécialisés[2][3][4][5]. Penrose croit que l'hypothèse de courbure Weyl alternative de physique est crédible » .L'inflation cosmique (Une phase hypothétique d'expansion accélérée au cours des premières années de l'univers), peut expliquer l'isotropie et proche de l'homogénéité de l'espace actuellement observée de notre univers[6]. (voir Roger Penrose, Singularités et Time-Asymétrie, en Relativité générale: Un centenaire Einstein enquête, Editeur: S. W. Hawking et W. Israël, Cambridge, Cambridge University Press, 1979)

    Résumé. En relativité générale, le .tenseur de Ricci est lié à la présence de matière ; en l'absence de matière, le tenseur de Ricci est nul. Par conséquent, le tenseur de Weyl s'identifie au tenseur de Riemann. Cette propriété donne toute son importance au tenseur de Weyl : sa structure donne la totalité de la structure du champ gravitationnel dans les régions vides de matière. Par exemple, une région de l'espace traversée par une onde gravitationnelle a un tenseur de Weyl non nul. Ce que le principe de Penrose dit, c'est que cette quantité (le tenseur de Weyl), disparaît  à la singularité initiale pour laquelle le tenseur de Weyl = 0 . Il remarque que ceci est en accord avec ce que nous savons de l'univers primordial. Mais cette condition n'est plus vraie plus tard dans l'univers, elle est donc asymétrique. Ce n'est que lorsque la matière apparaît que le tenseur de Weyl devient non nul et que l'univers contient beaucoup d'ondes gravitationnelle et de nombreux trous noirs.  

      Penrose, comme Lee Smolin, dit que pour expliquer l'univers que nous voyons, cette condition temporellement asymétrique doit être imposée sur le choix de solutions des lois (temporellement symétriques) de la relativité générale. 

     

         3-5) Retour à la question le temps est-il fondamental? Est-il asymétrique?

    Si nous avons besoin de conditions initiales asymétriques pour expliquer notre univers alors que les lois de la nature sont temporellement symétriques, cela n'affaiblit-il pas l'argument en faveur d'un temps irréel, qui n'existe pas, comme le présente la cosmologie moderne (Carlo Rovelli dit: "il faut oublier le temps")? Ces conditions initiales et leurs conséquences sont difficiles à cerner, ce qui amène le questionnement de Lee Smolin (pages note 10 page 227 et pages 319 et 320)L'explication repose alors sur la question: comment les conditions initiales sont-elles choisies? Ce à quoi Lee Smolin répond: "Mais nous n'avons aucune explication rationnelle pou cela, si bien que nous aboutissons à une impasse, laissant sans réponse une question critique à propos de notre univers". Il propose alors une option bien plus simple: "Nous croyons que nos lois sont des approximations d'une loi plus profonde. Et si cette loi plus profonde était asymétrique dans le temps?

    Alors, si elle est asymétrique par rapport au temps, il en sera de même pour la plupart de ses solutions. Mais elle conduirait à des lois symétriques lorsqu'elle est approximée par une théorie effective aux basses énergies et loin des régions de forte courbure de l'espace-temps. L'asymétrie serait très prononcée dans l'univers très jeune ce qui expliquerait le besoin de conditions initiales temporellement asymétriques. 

    Le mystère qui consiste à voir des images venues du passé et jamais du futur est alors résolu et ce n'est plus un problème d'expliquer pourquoi nous n'observons pas les choses "dingues" qui devraient survenir si les processus naturels se déroulaient en sens inverse ... parce que l'inversion temporelle d'une solution de la loi (qui est alors asymétrique dans le temps), n'est plus une solution. Le fait que l'univers est hautement asymétrique dans le temps serait ainsi directement expliqué par l'asymétrie temporelle de la loi fondamentale. Un tel univers ne serait plus improbable, il serait alors nécessaire. 

    Il est probable que c'est ce que Penrose avait à l'esprit quand il a proposé l'hypothèse de la courbure de Weyl pour expliquer le fait que notre univers est asymétrique dans le temps, et que les conditions initiales ne doivent contenir aucune onde en propagations libre, qu'elles soient électromagnétiques ou gravitationnelles ni de trous noirs. La différence entre une physique proche de la singularité initiale et une physique qui en serait éloignée nous serait imposée par une théorie quantique de la gravitation, qui dans le perspective de Penrose devait être fortement asymétrique dans le temps. Mais, le pense Lee Smolin, une théorie asymétrique dans le temps n'est pas naturelle si le temps est émergeant (voir cette discussion entre Lee Smolin et Carlo Rovelli). Si la théorie fondamentale ne contient aucune notion du temps, nous n'avons aucun moyen de distinguer le passé du futur. L'extrême improbabilité de notre univers exigerait toujours une explication. Par contre, une théorie temporellement asymétrique est plus naturelle si le temps est fondamental, car qu'est-il de plus naturel qu'une théorie fondamentale qui distingue le passé et le futur qui sont de fait très différents. 

    Ainsi lee Smolin peut dire que la réalité du temps gagne en crédibilité avec ces considérations, parce qu'elle nous dispense d'avoir à laisser sans explication une immense improbabilité, la forte asymétrie temporelle de notre univers avec les flèches du temps.


    5) Pouvons-nous dire de notre univers qu'il est improbable?

    -Nous avons commencé cet article en évoquant au chapitre 3-1), la probabilité pour qu'il y ait de la complexité. Il a été dit que notre univers et ses conditions initiales étaient improbables (par exemple, il est improbable qu"un univers gouverné par des lois symétriques ait une flèche du temps). Mais que signifie improbable pour un univers? En effet, il est unique et ne s'est produit qu'une fois, c'est le seul en son genre. Mais est-ce que toute propriété le concernant ne doit pas avoir de la probabilité? Il faut alors se demander ce qu'on entend par système se trouvant dans une situation improbable.

    Dans le paradigme newtonien, cela a du sens parce que la description se réfère à un sous-système de l'univers, qui peut peut être l'un d'un grand nombre de sous-systèmes semblables; mais cela ne s'applique plus à l'univers dans son ensemble (voir à ce sujet mes articles (1)- Einstein insatisfait - L'erreur et le dilemme cosmologique). et (2) Le défi cosmologique. C'est ce qui est exprimé dans l'article (2) au chapitre 1: 

     "[...] Rien dans la  chair des théories existantes ne peut nourrir une théorie vraiment fondamentale affirme donc Lee Smolin avec force. C'est une idée bien audacieuse quand on sait les succès des théories dominantes, que soit la physique quantique ou la relativité générale. Rappelons une caractéristique que partagent toutes ces théories bien établies qui rend délicate leur extension à l'univers dans son entier: elles divisent toutes le monde en 2 parties, l'une qui est changeante et dont les degrés de liberté évoluent dans le temps, le système étudié, et l'autre qui est supposée immobile, le reste de l'univers, le "fond".  Cette partie, qui ne nécessite pas qu'on la décrive explicitement, se trouve de manière implicite dans ce qui donne sa signification au mouvement décrit dans la première partie qu'on observe: la distance entre les objets mesurés fait implicitement appel à des points fixes (le cadre de référence qui permet la description du système, le référentiel) et le temps par rapport auquel on décrit le mouvement implique l'existence d'une horloge extérieure au système [...] Cette partition du monde en deux parties, l'une dynamique et l'autre statique, est une fiction, mais elle est précieuse quand il s'agit de décrire de petites portions d'espace. La deuxième partie, supposée statique, est en réalité elle aussi constituée de parties dynamiques, et en faisant fi de la dynamique de leur évolution, nous fixons une cadre à l'intérieur duquel nous avons des lois simples. A l'exception de la relativité générale, la géométrie de l'espace-temps est incluse dans le fond de toutes les théories. Le fond inclue aussi le choix des lois puisque celles-ci sont supposées immuables. Et même la relativité générale, qui décrit une géométrie dynamique, considère d'autres structures fixes comme la topologie et la dimension de l'espace. (voir note 1 page 305: D'autres structures à fond fixe incluent la géométrie des espaces  où vivent les états quantiques, dans lesquels est définie une notion de distance. Les structures de fond en relativité générale incluent la structure différentielle de l'espace-temps et, souvent, la géométrie des frontières asymptotiques).
    Ce partage du monde en ses composantes dynamiques et un fond qui "le cerne" est comme on vient de la voir la caractéristique géniale du paradigme newtonien. C'est elle qui a contribué au succès fulgurants des modèles scientifiques relativiste et quantique. Mais c'est paradoxalement ce qui rend ce paradigme inapplicable dans sa globalité. En effet, il ne peut pas exister de composante statique car tout dans l'univers change et il n'existe aucun extérieur, rien par rapport à quoi les mouvements du reste puissent être mesurés si l'univers est ce qui contient TOUT. Surmonter ce obstacle est ce que Lee Smolin appelle le défi cosmologique [...]"

    Examinons une propriété. On pourrait essayer de définir la probabilité que notre univers possède cette propriété en supposant que les conditions initiales sont choisies au hasard dans un espace de configurations. Mais cette hypothèse est fausse: notre univers n'a pas été produit par un choix fortuit parce que de très nombreuses propriétés seraient très improbables avec un tel choix. Pour éviter ce dilemme, il a été imaginé qu'il existe un très grand nombre d'autres univers, question que nous avons évoqué dans mon article 4 partie II (chapitre 11 -lois évolutives). Nous y avons vu qu'il y a deux sortes de théories des multivers: celles où notre univers est atypique, comme ceux générés par l'inflation éternelle, et de ce fait, improbable, et les théories qu'illustre la sélection naturelle cosmologique (SNC), qui génère un ensemble d'univers où ceux qui ressemblent au notre sont probables. Retenons le chapitre 3) de cet article 4: [3) Puissance de la sélection naturelle cosmologique VS le principe anthropique.  -Lee Smolin affirme donc que, à la différence du principe anthropique, la sélection naturelle cosmologique offre ainsi une véritable explication (que Jean Paul Baquiast évoque aussi avec le darwinisme quantique dans nouvelles théories sur l'évolution), à la raison pour laquelle les paramètres du modèle standard paraissent accordés pour un univers qui est rempli d'étoiles à longue durée de vie et ont, au cours du temps, enrichi l'univers en carbone, oxygène et autres éléments nécessaires à mise en place de la complexité qui a permis l'apparition de la vie. Les paramètres dont les valeurs sont ainsi, en un sens expliqués (alors que dans le modèle standard ces paramètres sont des données "sorties du chapeau" et inexpliquées), incluent les masses du proton, du neutron, de l'électron, du neutrino électronique et les intensités des 4 interactions fondamentales. Il y a même un bonus. L'explication concerne la maximisation de la production de trous noirs et une conséquence est la fabrication d'un univers hospitalier pour la vie.]

    Il n'y a que dans la seconde catégorie de multivers que des prédictions peuvent confrontées à des observations réalistes. Dans la première catégorie, le principe anthropique permet de choisir des univers improbables comme le notre mais aucune prédiction n'est possible pour lesquelles on pourrait tester les hypothèses sous-tendant ce scénario. Qu'il y ait de nombreux univers ou un seul on est obligé de conclure qu'il n'y a aucun contenu empirique dans l'affirmation que notre univers est improbable. Mais on a vu que toute la thermodynamique se base sur l'application de la notion de probabilité aux micro-états d'un système. Il s'ensuit que si nous appliquons la thermodynamique pour parler d'une propriété de l'univers entier, nous commettons une erreur cosmologique --->>voir le chapitre 2) La seule façon d'échapper à cette erreur et au paradoxe d'un univers improbable est de baser l'explication de la complexité et du fait que l'univers a un richesse intéressante sur une physique qui soit temporellement asymétrique, qui rend de fait l'univers inévitable plutôt qu'improbable. 

    -Le paradoxe du cerveau de Boltzmann

    Lee Smolin nous dit que ce n'est pas le seul exemple où les physiciens sont parvenus à des conclusions paradoxales en commettant l'erreur d'appliquer la thermodynamique à l'univers entier. Le grand Boltzmann semble avoir été le premier à proposer un réponse pour expliquer pourquoi l'univers ne se trouve pas à l'équilibre. Il ne connaissait ni l'expansion de l'univers ni le big bang. L'éternité (qu'il supposait) de l'univers était pour lui une grande énigme, car cela voulait dire qu'il avait dû déjà atteindre l'équilibre puisqu'il avait disposé d'un temps infini pour le faire. Il s'imaginait que l'univers n'était pas à l'équilibre car notre "région" s'étant formée spontanément à la suite d'une grande fluctuation (de basse entropie), son entropie augmentait alors qu'elle retournait à l'équilibre. C'était peut-être le meilleure vision de son époque, cohérente avec la vision cosmologique, mais elle était fausse. Nous le savons parce que nous pouvons scruter le ciel presque jusqu'au big bang sur un rayon de plus de  13 milliards d'années-lumière et nous n'y voyons aucun indice montrant que notre univers soit une fluctuation de basse entropie dans un monde statique en équilibre. Au contraire, nous y voyons un univers évoluant dans le temps  avec de la structure à toutes les échelles qui se développent alors que l'univers s'étend, ce que Boltzmann ne pouvait savoir. Mais il aurait pu utiliser un argument pour mettre en doute son explication: plus la fluctuation est petite, plus elle se produit souvent à l'équilibre. A cette époque, les astronomes savaient que l'univers avait au minimum des dizaines de milliers d'années-lumière de rayon. Donc si notre région d'espace était le résultat d'une fluctuation, elle aurait dû être extrêmement rare... bien plus rare que des fluctuations qui pourraient nous contenir. D'après Boltzmann, ces fluctuations moins rares devraient se produire beaucoup plus souvent dans un univers à l'équilibre que ce que nous indiquent nos observations. Il serait infiniment plus probable que nous nous trouvions dans une fluctuation de la taille du système solaire que dans dans une fluctuation de la taille d'une galaxie. Si on poursuit le raisonnement, il est de plus en plus probable de se trouver dans une fluctuation que sa taille est petite. Ainsi produire un cerveau doté de souvenirs et d'images nécessiterait une fluctuation bien moindre que celle qui peut produire une planète de créatures vivantes en orbite autour d'une étoile. Une fluctuation qui produirait juste un cerveau complet avec les souvenirs et l'expérience d'un monde imaginaire s'appelle selon wikipedia "cerveau de Boltzmann": "Il est plus probable qu'un seul cerveau se forme spontanément et brièvement dans un vide (avec un faux souvenir d'avoir existé dans notre univers) plutôt que notre univers ne s'est créé de la même manière que la science moderne pense qu'il l'a fait. C'est une réponse réductio ad absurdum à l' explication précoce de Ludwig Boltzmann sur l'état de faible entropie de notre univers[ou selon une autre définition: "cerveau de Boltzmann": "Un cerveau de Boltzmann est un être hypothétique conscient de soi qui existe grâce aux fluctuations quantiques aléatoires d'un état de chaos. L'idée est nommée d'après Ludwig Boltzmann (1844–1906), le physicienqui a suggéré que l'univers est observé dans un état peu probable et hors équilibre parce que seule l'existence aléatoire de tels états permet l'existence des cerveaux qui sont conscients de l'univers. Le terme cerveau de Boltzmann (en anglais : Boltzmann brain) fut proposé en 2004 par Andreas Albrecht et Lorenzo Sorbo1"]Cette option requiert beaucoup moins d'informations, donc moins d'entropie négative qu'une fluctuation de la taille de la galaxie ou même du système solaire, de sorte que les fluctuations de cerveaux uniques devraient se produire beaucoup plus souvent dans l'univers 

    Ceci est le paradoxe du cerveau de Boltzmann. Il implique que sur une éternité de temps, il y a beaucoup plus de cerveaux dans l'univers, naissant de petites fluctuations spontanées, que de cerveaux issus du lent processus de l'évolution, qui nécessite une fluctuation qui dure des milliards d'années. Donc, si on suit cette hypothèse de Boltzmann concernant les fluctuations spontanées, comme nous sommes des êtres conscients, il est plus que probable que nous sommes des cerveaux de Boltzmann. Alors, Certains "cerveaux de Boltzmann" existent-ils déjà dans notre univers? En fait, la réponse est que nous savons que nous ne sommes pas des cerveaux spontanés, parce que si nous étions cela, notre expérience et nos souvenirs seraient, en général, vraisemblablement plus incohérents que cohérents. Il n'y aurait pas de raison pour que notre cerveau contienne des images d'un vaste univers de galaxies autour de nous. Le scénario de Boltzmann est en fait un cas classique de raisonnement par l'absurde. 


    6) Conclusion de ma lecture du chapitre 16 de "la renaissance du temps". 

    Depuis mon article 7 (La renaissance du temps par la relativité chapitre 14) , nous savons que "LE TEMPS VIENT D'ÊTRE REDECOUVERTavec l'argumentation solide qu'en apporte Lee Smolin, et qu'on peut synthétiser par: "La notion globale de temps que nous venons de voir implique qu'en chaque événement il existe un observateur privilégié dont l'horloge mesure la passage du temps. Mais il n'y a aucun moyen de le choisir par une mesure qu'on pourrait faire dans une petite région, ce qui confirme le principe de relativité à des échelles plus petites que celle l'univers. Ce choix d'un temps global particulier est déterminé par la façon dont est distribuée la matière dans l'univers. La dynamique des formes constitue [...] "un pont" entre le principe de relativité et le temps global qu'exigent les théories telles que celles à laquelle aspire Lee Smolin avec des lois évolutives ou celles qui expliquent les phénomènes individuels au moyen de variables cachées. Il y a une grandeur par contre qui n'a pas le droit de changer lorsqu'on agrandit ou qu'on rapetisse les échelles, c'est le volume de l'univers à chaque instant, même s'in évolue au cours du temps. Ceci donne donc un sens à la taille totale de l'univers et à son expansion et nous fournit une horloge physique universelle".

    Après avoir examiné au chapitre 3-2 (de cet article) La physique moderne et la thermodynamiques'est  posée au chapitres 3-3) la question notre univers est-il en équilibre? La réponse étant négative nous avons examiné au chapitre 3-4 la question de la flèche du temps et le problème qu'elle pose (son illusion?). Nous avons effectué au chapitre 3-5) un retour à la question qui a été à l'origine de la réflexion de Lee Smolin:le temps est-il fondamental? Est-il asymétrique? En effet, si nous avons besoin de conditions initiales asymétriques pour expliquer notre univers alors que les lois de la nature sont temporellement symétriques, cela n'affaiblit-il pas l'argument en faveur d'un temps irréel, qui n'existe pas, comme le présente la cosmologie moderne (Carlo Rovelli dit: "il faut oublier le temps")? Au chapitre 5 nous avons réexaminé  une réflexion qui est présente dans notre questionnement depuis le début du livre de Lee Smolin (et donc dans mes articles): Pouvons-nous dire de notre univers qu'il est improbable (en raison de l’ajustement fin qui réfère à l’étonnante précision des constantes physiques de la nature et de l’état premier de l’Univers)? En effet, pour expliquer l’état présent de l’univers, même la meilleure théorie scientifique suppose que les constantes physiques de la nature et l’état premier de l’Univers aient des valeurs extrêmement précises. Pour Lee Smolin, la seule façon d'échapper à l'erreur cosmologique et au paradoxe d'un univers improbable est de baser l'explication de la complexité et du fait que l'univers a un richesse intéressante sur une physique qui soit temporellement asymétrique, qui rend de fait l'univers inévitable plutôt qu'improbable et d'adopter la réalité du temps. 

    Cet article 9  a débuté au chapitre 3 avec une synthèse effectuée par le DrGoulu de ce dont je présente "ma lecture" dans cet article, le chapitre 16  (vie et mort de l'univers) du livre de Lee Smolin: "La vision intemporelle de la physique basée sur le paradigme de Newton a montré son impuissance face aux questions les plus basiques de l’univers : pourquoi est-il intéressant (…) au point que des créatures comme nous puissions y être et nous en émerveiller ? Mais si nous adoptons la réalité du temps, nous rendons possible une physique asymétrique par rapport au temps dans laquelle l’univers peut naturellement faire évoluer de la complexité et de la structure. Et ainsi nous évitons le paradoxe d’un univers improbable".  

    Liens: 

    mort thermique de l'univers  notre univers est-il irréversible?   La direction du temps     l'irréversibilité du temps  problème de la mesure en cosmologie     La singularité initiale   l'origine de l'univers

    http://philoscience.over-blog.com/article-7053208.html: Le problème de la mesure en cosmologie concerne la manière de calculer des fractions d' univers de types différents dans un multivers . Il survient généralement dans le contexte de l' inflation éternelle . Le problème se pose parce que différentes méthodes de calcul de ces fractions donnent des résultats différents, et il n’est pas clair quelle approche est correcte (le cas échéant). Les mesures peuvent être évaluées en fonction de leur capacité à prévoir les constantes physiques observées et à éviter des implications contre-intuitives, telles que le paradoxe de la jeunesse ou le cerveau de Boltzmann . Alors que les dizaines de mesures ont été proposées, [peu de physiciens considèrent que le problème est résolu. 

    Le livre "rien ne va plus en physique (l'échec de la théorie des cordes)": La partie I du livre explique pourquoi depuis la naissance de la science moderne, avec l'effet Copernic et Galilée, le paradigme newtonien sous-tend toutes les théories y compris les théories quantiques et la relativité (le « paradigme newtonien » et ce qu'il a impliqué, dont l'hypothèse des multivers, est utile pour décrire l'évolution d'un système dans un laboratoire, mais il perd tout sens appliqué à l'univers entier. Il n'explique pas pourquoi telles ou telles lois sont choisies parmi l'infinité de lois possibles.Selon celui-ci, un système, quel qu'il soit, pourrait être décrit par un ensemble d'états initiaux qui lui sont attribués, puis par les lois présidant à son évolution en fonction du temps. Mais si ces données sont utilisées initialement pour décrire le système, il n'est pas possible de considérer qu'elles pourraient aussi être le résultat de son évolution. Il faut rechercher d'autres lois, l'illusion de la flèche du temps https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-fleche-du-temps-expliquee-du-163219 : La flèche du temps expliquée. Du « Temps quantique » au temps macroscopique

    https://trustmyscience.com/inversion-fleche-du-temps-avec-ordinateur-quantique/: Des physiciens ont réussi à “inverser” la flèche du temps grâce à un ordinateur quantique

    liens:: 

    http://users.polytech.unice.fr/~leroux/transmission/courstransmission.htmlNotions de communication numériqueJoël Le Roux

    http://boningal.dardel.info/Electronisme/Complements/Entrees/2014/10/18_Le_temps,_Lee_Smolin_et_le_temps,_lillusion_du_temps,_la_fleche_du_temps.htmlLe temps, Lee Smolin et le temps, l’illusion du temps, la flèche du temps

    https://journals.openedition.org/dossiersgrihl/3664l’athéisme de Richard Dawkins Note critique à propos de l’ouvrage de Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu,

    https://www.levif.be/actualite/magazine/pourquoi-ils-veulent-en-finir-avec-dieu/article-normal-895261.html?cookie_check=1560788775: Richard Dawkins entend démontrer que " Dieu est très peu probable, inutile et nuisible ". Au passage, le biologiste britannique et chef de file des Nouveaux athées tort le cou aux créationnistes. Voici 20 raisons qui plaident pour l'athéisme. A vous de juger.

     https://studylibfr.com/doc/3188620/gravitation-quantique: La gravitation quantique, le manuscrit de carlo rovelli

    http://www-cosmosafap.fr/gravitation%20quantique.htmGravitation quantique à boucles VS théorie des cordes !

    http://chaours.rv.pagesperso-orange.fr/physique/Quant/qgrav.htmLa démarche suivie par les tenants de la gravitation quantique à boucles est complètement différente de celle des cordistes. Elle part de l’hypothèse que la géométrie de l’espace-temps s’identifie au champ gravitationnel. La géométrie peut donc être assimilée à un champ. Or, la physique quantique est une théorie des champs. Que se passe-t-il si on cherche à quantifier le champ représentatif de la géométrie de l’espace-temps ? variables d'ashtekar 
    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2-la-gravite-quantique-elaboree-178582:

    2 La gravité quantique élaborée comme une physique de l’information  

    https://arxiv.org/pdf/gr-qc/ INTRODUCTION TO LOOP QUANTUM GRAVITY AND SPIN FOAMS par ALEJANDRO PEREZ ∗ 

    http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdfMousses de spin en gravit´e quantique https://arxiv.org/pdf/1705.01597.pdf: Testing different approaches to quantum gravity with cosmology: An overview Aurélien Barrau - Among the available quantum gravity proposals, string theory, loop quantum gravity, noncommutative geometry, group field theory, causal sets, asymptotic safety, causal dynamical triangulation (voir VIII. CAUSAL DYNAMICAL TRIANGULATION), emergent gravity are among the best motivated models. 

    https://actualite.housseniawriting.com/science/physique/physique-quantique/2015/11/18/la-source-quantique-de-lespace-temps/10611/De nombreux physiciens pensent que l’intrication est l’essence de l’étrangeté quantique et certains d’entre eux suggèrent désormais que l’intrication pourrait être aussi la source de la géométrie de l’espace-temps.

    http://www.philipmaulion.com/2017/05/emergence-pourquoi-les-physiciens-recourent-ils-a-cette-notion.html: Emergence : pourquoi les physiciens recourent-ils à cette notion ?

    http://michel.bitbol.pagesperso-orange.fr/Quantique_Connaissance.pdf: LA STRUCTURE QUANTIQUE DE LA CONNAISSANCE INDIVIDUELLE ET SOCIALE par Michel Bitbol, 

    http://fabien.besnard.pagesperso-orange.fr/articles/temps.pdfCE QU'EN DISENT LES PHYSICIENS Le temps est devenu un casse-tête pour les physiciens. Il leur pose des problèmes à la fois formels, conceptuels et philosophiques dans des disciplines aussi diversifiées que la mécanique quantique, la thermodynamique et la théorie de la relativité.

    http://fabien.besnard.pagesperso-orange.fr/articles/temps.pdf: Temps des philosophes, temps des physiciens, temps des mathématiciens Fabien Besnard 9 juin 2010 Résumé La question de la compatibilité du présentisme et du possibilisme avec la Relativité a fait couler beaucoup d’encre depuis l’argument initialement proposé par Rietdijk et Putnam....

    http://ungraindesable.blogspot.com/2013/06/presentisme-et-theorie-de-la-relativite.html: I) Présentisme et théorie de la relatisité

    http://ungraindesable.blogspot.com/2013/08/presentisme-et-mecanique-quantique.html: II) Présentisme et mécanique quantique https://laviedesidees.fr/Un-monde-sans-temps-ni-espace.html  Un monde sans temps ni espace À propos de deux ouvrages de Carlo Rovelli.

    http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm: Carlo Rovelli, Et si le temps n'existait pas ? Un peu de science subversive

    http://interlivrehypertexte.over-blog.com/2018/04/le-temps-est-une-emotion-carlo-rovelli-l-ordre-du-temps.htm: le mystère du temps est lié à la nature de notre conscience, le temps est une émotion. Notre cerveau enregistre des changements qui se produisent dans le corps et dans sa perspective, et des sentiments (feelings, voire rasa) émergent de cette mise en mouvement cérébrale. Sentiments qui, à leur tour, propulsent toute une culture (A. Damasio, L'ordre étrange des choses,

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Causalit%C3%A9_(physique): wikipedia, causalité et physique. Voir théories indépendantes du fond.

    https://blogs.mediapart.fr/michel-pinault/blog/010318/crise-de-la-culture-scientifique-crise-de-la-scienceCrise de la culture scientifique, crise de "la science"

    https://blogs.mediapart.fr/michel-pinault/blog/010318/crise-de-la-culture-scientifique-crise-de-la-scienceCrise de la culture scientifique, crise de "la science"

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2-la-gravite-quantique-elaboree-178582 : La gravité quantique élaborée comme une physique de l’information

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    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2-la-gravite-quantique-elaboree-178582 : La gravité quantique élaborée comme une physique de l’information

    http://michel.bitbol.pagesperso-orange.fr/Relations_Mauss.pdf: La mécanique quantique comme théorie essentiellement relationnelle1 Michel Bitbol 

    https://arxiv.org/pdf/quant-ph/9609002.pdfRelational Quantum Mechanics Carlo Rovelli

    http://opportunisme-cognitif.blogspot.com/2010/06/epistemologie-relationnelle-de-la.html: Épistémologie relationnelle de la physique quantique Kant, nouveau sage tibétain de la physique quantique ? par Hicham-Stéphane Afeissa

    https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-bataille-decisive-entre-172128: La «bataille décisive» entre physique quantique et relativité générale a déjà commencé

    par Bernard Dugué (son site)

     

    https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00220690/document: RÉFLEXIONS SUR LA PHILOSOPHIE DE BOHR, HEISENBERG ET SCHRÖDINGER A. Shimony

    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Principes_de_la_connaissance_humaine/IntroductionGeorge Berkeley Les Principes de la connaissance humaine Traduction par Charles Renouvier

    http://www.blog-chaman-esoterisme.com/2018/09/l-incroyable-hypothese-de-rupert-sheldrak-la-resonance-morphique-une-theorie-holistique-de-la-realite.html: l'hypothèse holistique de Rupert Sheldrake, la raisonnance morphique

    http://www.neotrouve.com/?p=348: Physique Quantique : entre Science et Conscience
    http://guillemant.net/index.phpcate=articles&part=physique_information&page=Un_univers_dinformations.htm: P
    hilippe Guillemant - L’idée selon laquelle notre univers serait un espace-temps composé d’informations a été considérablement popularisée par un film de science fiction : Matrix. La réalité pourrait rejoindre la fiction puisqu’il s’agit là d’une idée qui reçoit de plus en plus d’appuis scientifiques.

    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2014/09/03/vers-une-physique-de-linformation/Vers une physique de l'information

     http://www.pileface.com/sollers/pdf/Le%20temps.pdf: Le temps, ça n'existe pas : le physicien Carlo Rovelli nous explique pourquoi. "Seule la thermodynamique connaît la direction du temps"

     https://www.rocq.inria.fr/secret/Nicolas.Sendrier/thinfo.pdf; École polytechnique Informatique Introduction à la théorie de l'information Nicolas Sendrier 

    https://books.openedition.org/cdf/527?lang=fr: Physique quantique

    Leçon inaugurale prononcée le jeudi 13 décembre 2001 par Serge Haroche

    https://www.miniwebtool.com/log-base-2-calculator/: calcul des logarithmes à base 2

    https://www.jp-petit.org/science/smolin/SmolinLivre.pdf: Sur le livre de Lee Smolin rien ne va plus en physique parMichel Mizony juillet 2007


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    article 1) Perdons-nous connaissance? 

     Ma lecture du livre Perdons-nous connaissance? de Lionel Naccache:

    Avant - propos et première partie chapitres 1 et 2

     

    http://www.centrebethanie.org/2016/09/l-arbre-de-la-connaissance.html

     

     

    J'écris mon blog pour partager ma soif de connaissances, mes réflexions et mes passions et mes lectures. Dans ces articles, je voudrais partager "ma lecture" du livre de Lionel Naccache  "Perdons-nous connaissance?". Ecrire ce que je retiens de mes lectures me permet de réfléchir à la compréhension que j'en ai. je mets entre guillemets les passages qui me semblent importants ou qui me frappent. Et par dessus tout je fais des recherches sur internet pour compléter ma lecture avec le maximum de liens que je souhaite responsables, qui permettent aux lecteurs d'approfondir la connaissance du sujet.   

     

     

     Ma lecture du livre Perdons-nous connaissance? de Lionel Naccache: c'est-à-dire perdons-nous le sens de ce qu'est la connaissance (philosophie) alors que nous nous autoproclamons " société de la connaissance "? Aujourd'hui, la connaissance ne fait plus peur à personne, alors que depuis trois mille ans notre culture occidentale n'a cessé de la décrire comme vitale et dangereuse. Oui, dangereuse, qui s'en sou-vient encore? Cette rupture avec notre héritage constitue-t-elle un progrès ou une régression, une chute ou une ascension? La Mythologie et la Neurologie, sources de " connaissance de la connaissance ", nous offriront de précieuses clés pour résoudre ce paradoxe inédit dans l'histoire de la pensée. 

     

    1) Avant-propos.

    Pourquoi cette question "Perdons-nos connaissance?" alors que nous avons cette merveilleuse faculté qui nous semble aller de soi, la capacité de connaître ce que nous ne connaissions pas encore à l'instant qui précédait. Notre société s'autoproclame en effet "société de la connaissancecomme elle ne l'avait jamais fait auparavant. Et pourtant, depuis les origines de notre culture, la connaissance est représentée comme un danger, un "poison vital". Elle serait porteuse d'un certain danger existentiel qui a imprégné notre culture depuis plus de 3 000 ans jusqu'à l'époque moderne avec le siècle des Lumières que Bertrand Vergely a appelées "obscures Lumières", et dont j'ai présenté ma lecture dans l'article de mon blog. Ce danger multi-millénaire s'est exprimé dans trois grands mythes qui ont façonné notre civilisation.

          1-1) Adam et Ève face à l'arbre de la connaissance. 

    L'Arbre de la Connaissancele fruit défendu: « Yahvé (le tétragramme) Dieu planta un jardin en Eden, à l’orient et il y mit l’homme qu’il avait modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. [...] Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : “Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien

    et du mal tu ne toucheras pas, car le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort. » (Genèse, II, 8,9 et 15,17).

    Examinons maintenant les interprétations de De Annick de Souzenelle.

    Dans la revue3emillenaire.com on peut lire: "Tout est en nous. Nous avons en nous tous les symboles et tous les mythes, nous sommes habités par la connaissance, mais cette connaissance est en grande partie voilée. Il semblerait que l’embryon, le germe qu’est l’enfant dans le ventre de sa mère, soit totalement connaissant. Et puis cela s’en va. Quand ? C’est difficile à dire. Il y a perte totale de la mémoire et notre vie va consister à nous souvenir".

    Dans les interviews en 2012 avec Jean Moutappa, que je présente dans mon blog,  elle déclare: "Il n’y a pas de péché originel. Cela n’existe pas cette histoire-là. En fait c’est nous qui avons à chaque instant à choisir entre la vie et la mort. Alors je crois qu’il faut que nous rétablissions complètement notre regard sur ces textes sacrés pour comprendre que nous ne sommes pas les victimes de quelque chose qui s’est passé il y a des milliers d’années. Nous sommes responsables, dans l’instant, de faire ce choix : ou la vie, ou la mort [...] L’arbre de la connaissance que nous sommes, n’est pas celui du bien et du mal. Il est celui de ce qui s’accomplit de nous, de ce qui émerge à la lumière, au conscient, de ce qui est encore dans le potentiel. C’est qu’il y a en nous toute une information, comme le gland qui contient toute la promesse du chêne, et comme nous ne le savons pas, nous contrevenons continuellement à cette information. D’où les maladies, d’où les drames, d’où toute la souffrance !!"

    Dans le site pagesorthodoxes.netAntoine ARJAKOVSKY apporte encore plus de précisions dans le chapitre V (Exégèse biblique : La Genèse) : Qu’on me permette d’achever cette brève présentation des quelques implications de l’œuvre anthropologique de Annick de Souzenelle par une courte évocation de son exégèse et en particulier de son livre Alliance de feu, une lecture chrétienne du texte hébreu de la Genèse. Je ne prendrai qu’un exemple là encore celui de sa traduction de Genèse, chapitre 2, versets 8-17. Prenons la traduction de la Bible de Jérusalem :

    « Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèces d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras. Le premier s’appelle le Pishôn. Il contourne tout le pays de Havila, où il y a de l’or ; l’or de ce pays est pur et là se trouve le bdellium et la pierre de cornaline. Le deuxième fleuve s’appelle le Gihon : il contourne tout le pays de Kush. Le troisième fleuve s’appelle le Tigre. Il coule à l’orient d’Assur. Le quatrième fleuve est l’Euphrate. Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : “Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort.”

    Prenons cette fois la traduction de Annick de Souzenelle :

    « Et plante YHVH-’Elohim un jardin en ‘Éden venant de l’Orient, Il place là l’’Adam que ’Il a formé. Fait germer YHVH-’Elohim, à partir de la Adamah tout arbre précieux pour la vue (ouvrir l’intelligence) et bon à manger (accompli et donc assimilable) et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance de l’accompli et du pas-encore-accompli (de la lumière et de son contraire, les ténèbres). Et un fleuve jaillit d’’Éden pour arroser le jardin ; et, de là, il se partage et devient quatre principes. Nom, le UN : Pîshon qui entoure (investit) toute la terre de Hawîlah. Là (se trouve) l’or, et l’or de cette terre est lumière accomplie. Là (se trouvent) l’ambre et la pierre d’onyx. Et NOM le fleuve le deuxième Guîhon, lui il investit toute la terre de Koush. Et le NOM du fleuve le troisième Hidequel =Tigre ; lui, il est le marchant, orient d’’Ashour, et le fleuve le quatrième, lui est Pherat. YHVH-’Elohim saisit le « Adam et le conduit dans le jardin de délices pour la travailler et la garder. Et commande YHVH-’Elohim sur l’’Adam en disant : de chaque arbre du jardin, manger absolument, tu mangeras. Mais de l’Arbre de la connaissance de l’accompli et du non-encore accompli tu ne mangeras pas de lui-de nous car dans le jour où tu mangeras de lui-de nous muter absolument tu muteras. »

    L'auteur apporte un commentaire signifiant: "Je ne suis pas en mesure de commenter le bien-fondé de la traduction de Annick de Souzenelle. Une chose est sûre, cette lecture symbolique vaut mieux que la traduction traditionnelle qui fait de l’Irak contemporain l’héritier du paradis des premiers hommes ! Aussi, il me paraît éclairant d’attirer l’attention sur le caractère profondément mystique des commentaires de l’auteur, inspirés de la Kabbale et des Écritures, et sur leur indéniable originalité".

    Retenons: Le danger de la connaissance: en mourir ou muter?

         

         1-2) Le tragique destin d'Icare.

     

    http://tpevolicare.e-monsite.com/http-tpevolicare-e-monsite-com-/partie-iii-1.html


    Icare
     est le fils de l'architecte athénien Dédale et d'une esclave crétoiseNaupacté.

    "Le Mythe selon wikipedia: "Dédale est un célèbre ingénieur travaillant au service du roi de Crète, Minos. La reine de Crète, Pasiphaé, s'éprend d'un taureau blanc donné par le dieu  Poséidon et demande à l'inventeur de créer un artifice lui permettant de s'accoupler avec l'animal sacré, requête à laquelle il accède. De cette union naît le Minotaure. Pour cacher le fruit de ce déshonneur, Dédale construit le labyrinthe qui enferme la bête. Dédale donne à Ariane l'idée du fil noué à la cheville de Thésée, lui permettant de fuir le labyrinthe après avoir tué le Minotaure. À cause de ses trahisons répétées, Dédale est jeté avec son fils Icare dans le labyrinthe dont il est l'architecte. Ne pouvant emprunter ni la voie des mers, que Minos contrôlait, ni celle de la terre, Dédale eut l'idée, pour fuir la Crète, de fabriquer des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec de la cire et des plumes. Il met en garde son fils, lui interdisant de s'approcher trop près de la mer, à cause de l'humidité, et du Soleil, à cause de la chaleur. Mais Icare, grisé par le vol, oublie l'interdit et prend de plus en plus d'altitude. La chaleur fait fondre la cire jusqu'à ce que ses ailes finissent par le trahir. Il meurt précipité dans la mer qui porte désormais son nom : la mer Icarienne".

    Dédale, fou de douleur, nous dit le site iletaitunehistoire.com, "alla repêcher le corps sans vie de son fils. Le jeune homme, par défaut d'expérience et de sagesse, avait brûlé l'innocence de son jeune âge à l'attirante chaleur de l'astre solaire". Ce mythe, s'il a hanté les rêves de l'humanité est resté, depuis des temps immémoriaux dans le domaine des peurs et des frustrations, tout comme le mystère de la connaissance. Ainsi que l'écrit les site Books.openedition.org, "les utopies politiques et techniques annexent Dédale et Icare, mais à l'Age industriel, c'est le seul Icare qui devient à la fois le pionnier de l'aéronautique et la figure impuissante de la sublimation artistique. La culture contemporaine, plus que jamais, retisse la fable". Et le chapitre III de.Émancipation de l’image d’Icare dans l’« œuvre ouverte » poursuit en ces termes: "Un des curieux renversements qui travaillent le mythe dans les transformations que lui imprime la culture européenne, c’est l’affirmation exubérante du fils : il s’approprie les ailes de son père et convertit sa chute en motif d’exaltation. Là où l’Antiquité et le Moyen Âge prononçaient une irrévocable condamnation, les Temps modernes renversent toute négativité en élan et en gloire, voulant à toute force que le fils vole de ses propres ailes. Icare devient le prête-nom, l’homme de plume(s) d’un rêve d’absolu qui ne porte plus le nom d’hubris".


         1-3) L'allégorie de la caverne de Platon.

    https://www.institut-pandore.com/philosophie/caverne-platon/

    L'allégorie de la caverne (et non pas le mythe de la caverne comme on trouve parfois dit ou écrit)  « Dans une « demeure souterraine », en forme de caverne, des hommes sont enchaînés. Ils n'ont jamais vu directement la source de la lumière du jour, c'est-à-dire le soleil, dont: ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu'à eux. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne par un feu allumé derrière eux. Des sons, ils ne connaissent que les échos. Pourtant, « ils nous ressemblent », observe Glaucon, l'interlocuteur de SocrateQue l'un d'entre eux soit libéré de ses chaînes et accompagné de force vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, « ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure » ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir « le monde supérieur », ce que Platon désigne comme « les merveilles du monde intelligible ». Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : « Ne le tueront-ils pas ? »

     

    Ici aussi on retrouve la menace de la dangerosité de la connaissance, menace qui apparaît explicitement dans l'analyse de l'allégorie de la caverne dans le site .philo-bac.eu: "Le monde sensible, représenté par la caverne, est une illusion et un piège pour les hommes. La vérité est à l'opposé de ce que nous considérons comme le réel. Notre âme doit sortir de cette prison pour trouver la vérité. Mais le chemin qui mène à la connaissance est douloureux. Il exige un guide. Celui qui arrive au bout acquiert : Le SAVOIR, la LIBERTE, le BONHEUR, et la COMPASSION".

     

         1-4) La figure de Faust.

    https://reseauinternational.net/le-mythe-de-faust-lor-et-la-prochaine-debacle/

    Faust, "héros d'un conte populaire allemand ayant rencontré du succès au xvie siècle, à l'origine de nombreuses réinterprétations. Cette histoire raconte le destin de Faust, un savant déçu par l'aporie à laquelle le condamne son art, qui contracte un pacte avec le Diable. Ce dernier met au service de Faust un de ses Esprits - dit Méphistophélès, afin de lui procurer un serviteur humain, l'étudiant Wagner. Wagner devient son famulus - et lui offre une seconde vie, tournée cette fois vers les plaisirs sensibles, au prix de son âme. Dans la plupart des versions populaires du récit fantastique, l’âme de Faust est damnée après sa mort, qui suit une longue période durant laquelle le Diable a exaucé la plupart de ses vœux.

    Dans fabula.org André Dabezies retrace cinq siècles de production littéraire. l’ouvrage s’organise selon un ordonnancement chronologique — du xvie siècle au début des années 2000 — et tient compte de l’historicité du mythe et de ses réécritures, une donnée essentielle car, comme le souligne l’auteur, le « contexte historique, sociologique et (inter)culturel » est primordial en ce que les œuvres en « reflètent plus ou moins l’actualité »

    Faust, de la damnation médiévale à la consécration romantique".

    Pour le site philophil.comnous somme à nouveau dans le cadre de la dangerosité de la dangerosité que représente la connaissance: "[...] Le héros de la quête du savoir... Mais le mythe de Faust est aspiré par la dynamique de la Renaissance qui valorise la quête du savoir. Faust devient un héros de la connaissance assoiffé d’expériences. La veine romantique en fait l’incarnation de la condition humaine écartelée entre le plaisir immédiat et des aspirations plus audacieuses. Dans la version de Goethe le pacte avec le diable prend la forme d’un simple pari ( inspiré du livre de Job) : le diable parviendra-t-il à détourner les nobles aspirations de Faust vers la bestialité des plaisirs sensuels, les satisfactions matérielles et le plaisir de détruire? Dans la version finale du Faust de Goethe, Faust est sauvé : un cortège d’anges escorte son âme vers la lumière « celui qui s’efforce toujours et cherche dans la peine, nous pouvons le sauver ». 

    Conclusion de cet avant-propos. La question "Perdons-nos connaissance?" n'est pas fortuite. Il est devenu extrêmement difficile pour nous, "citoyens éclairés des démocraties de l'ère numérique" de trouver un sens au péril que nous avons évoqué dans les chapitres précédents, péril qui a hanté l'humanité pendant les millénaires de culture occidentale. Nous ne sommes plus prêts à admettre l'existence d'une menace que l'homme pourrait encourir à exercer sa faculté de connaître. Cette conception de la connaissance est absente de nos discours et de nos représentations dominantes, si ce n'est dans les discours qui visent les possibles conséquences apocalyptiques des découvertes "scientifico-technologiques concernant des armes de destruction massive, les risques d'extinction de la vie sur Terre, les risque de disparition de l'espèce humaine (ce siècle selon Frank Fenner mais aussi de Stephen Hawking),  les risques technologies de manipulation de la vie (y compris le risque terroristeou la survie de notre planète dorénavant en danger....

    Alors, "perdons-nous connaissance?", perdons-nous le sens de ce qu'est la connaissance alors que c'est maintenant, depuis qui les Lumières ont "balayé" l'obscurantisme, que nous croyons l'incarner? Nous verrons dans la troisième partie que les risques apocalyptiques que nous venons d'évoquer sont aussi le signe d'un malaise contemporain dans la connaissance.  

    Je vais maintenant, après cet avant-propos, entamer "ma lecture" du livre de Lionel Naccache qui s'est tourné comme il le dit, vers "les deux bonnes fées qui me semblaient les plus à même de m'apporter leurs lumières! la Mythologie, envisagée comme le véhicule de nos représentations culturelles de la connaissance et la neurologie, en tant que science des fondements de la connaissance". C'est ainsi que nous pourrons explorer l'énigme qui se cache derrière le symptôme que nous avons évoqué: avons-nous réussi à libérer la connaissance des menaces qu'on lui a associées depuis la nuit des temps, au point de ne plus pouvoir en imaginer l'existence, comme l'opinion commune le croit? Ou à l'inverse, serions-nous sous le coup de leurs inexorables et redoutables effets sans le savoir? Progrès ou régression? Chute ou ascension? 

     

    2) Ma lecture du livre de Lionel Naccache. Première partie; une menace vieille comme le monde

     

    Nous retrouvons ici la mythologie comme le véhicule de nos représentations culturelles, telle que nous avons amplement présentée au chapitre 1 dans l'avant-propos. Le risque intrinsèque à l'activité de connaissance traverse notre culture occidentale depuis ses origines et ceci sous des formes très variées qui produisent ensemble une formidable cohérence. Mais sommes-nous aujourd'hui capables d'attribuer une signification pertinente à ces menaces et que reste-il de ces mythes? Des ruines vestigiales, dernières traces d'un danger aujourd'hui disparu? Ou d'une sagesse antique qui ne demanderait qu'à nous parler et nous atteindre là où nous nous trouvons ici et maintenant. Cette première partie du livre rappelle le portrait de la connaissance brossé par les grandes traditions de pansée qui ont construit notre culture. Pour rechercher une signification intelligible de ce discours qui puisse résonner aux oreilles des citoyens occidentaux du XXIème siècle que nous sommes, Lionel Naccache a choisi trois sources, trois pôles et trois moments de la civilisation occidentale, sources que nous avons évoquées dans l'avant-propos: l'éternelle Athènes de la mythologie  antique, Jérusalem avec certains récits bibliques de la Torah et plusieurs pages de de littérature  talmudique qui fut en réalité rédigée au sein des académies d'Israêl et de Babylonie au cours des premiers siècles de l'ère chrétienne et enfin le mythe Faustien qui plonge ses racines dans le haut Moyen-Àge  allemand. Commençons par Athènes:


         2-1) La connaissance menace Athènes l'éternelle -chapitre 1-

    Les récits de la mythologie   grecque contiennent une profusion de personnages aux généalogies complexes, fruit des accouplements d'humains, de dieux et parfois de dieux qui empruntent l'apparence d'animaux. C'est une abondance de signifiants dont la connaissance exhaustive semble hors d'atteinte. 


         2-1-1) I comme Icare est significatif pour la problématique de la connaissance.

    Icare, le fils de l'architecte athénien Dédale et d'une esclave crétoiseNaupacté.  a été présenté au chapitre 1. C'est Ovidequi est à l'origine de la narration de cet épisode dans les métamorphoses au livre VIII.  Pour continuer, prenons la narration qu'en fait Lionel Naccache. "Minos, roi de Cnossos sur l'île de Crète, lui-même fils de Zeus et d'Europe (fille d'Agénor), refusait de sacrifier à Poséidon le taureau blanc qui lui était pourtant promis (voir le site les origines du minotaure: "À la tête d’une immense flotte, il (Minos) règne en maître sur les Cyclades et fonde des colonies aux quatre coins de la Grèce. Quand Astérion, le roi de Crète, meurt sans laisser de descendance, Minos voit là l’occasion rêvée pour devenir enfin roi. Il présente aussitôt sa candidature qui est rejetée par l’aristocratie crétoise. Qui sont donc ces misérables pécores qui osent s’opposer au fils de Zeus en personne? Minos est légèrement remonté et assure que les Dieux lui accordent tout ce qu’il souhaite. Pour le prouver, il demande à Poséidon de faire surgir un taureau de la mer qu’il lui offrira ensuite en sacrifice. Sous les yeux émerveillés des Crétois, un magnifique taureau d’un blanc immaculé jaillit des flots. « Les Dieux sont avec Minos! », « Gloire à Minos! », « Minos, Président! »… Des voix s’élèvent d’un peu partout dans l’assemblée. Sans surprise, Minos est aussitôt proclamé roi de Crète. Après un tel prodige, comment pourrait-il en être autrement? Minos doit maintenant tenir sa promesse à Poséidon et lui sacrifier la bête. Mais le taureau est si beau, si pur qu’il ne peut se résoudre à l’égorger. Poséidon entre dans une colère noire! Le roi récemment nommé paiera cher de ne pas avoir tenu les termes de son contrat! En guise de vengeance, le Dieu s’arrange pour que Pasiphaé, l’épouse de Minos, tombe amoureuse du taureau. Et la ruse fonctionne assez bien: cette dernière va trouver Dédale dans l’espoir que celui-ci trouve une solution pour que son union avec la bête sauvage devienne possible. Ingénieux, ce dernier conçoit et fabrique une vache en bois montée sur des roulettes dans laquelle vient se cacher Pasiphaé [...]. Neuf mois plus tard naît le fruit de cette union un peu bizarre: le Minotaure, au corps humain et à la tête de taureau. Forcément, Minos a un peu honte… Se faire cocufier par un taureau, c’est quand même pas très glorieux. Pour cacher le fruit de l’infidélité de son épouse aux yeux de ses sujets, il enferme ce monstre contre-nature dans un labyrinthe construit par l’architecte Dédale. Petit problème, il faut bien le nourrir, ce Minotaure! Minos déclare la guerre à Athènes, la gagne et lui impose un lourd tribut: la cité vaincue devra envoyer chaque année sept garçons et sept filles donnés en pâture au Minotaure." 

    Donc, comme on vient de le voir, épouse légitime de Minos, la belle Pasiphaéfille d'Hélios (le dieu soleil) et de Persé), fit les frais de cette friction avec Minos et fut maudite par Poséidon en personne. Elle chercha alors à s'accoupler avec ledit taureau et y parvint grâce au leurre fabriqué par l'ingénieux Dédale qui lui confectionna une vache en bois. Et de cette union naquit ainsi le Minotaure, créature mi-homme mi-taureau. A nouveau sollicité pour trouver une solution respectable à ce drame conjugal, Dédale a conçu le fameux labyrinthe dans lequel Minos fit enfermer le rejeton de son épouse adultère. Comme on vient de le voir, la cité vaincue il fallait envoyer chaque année sept garçons et sept filles donnés en pâture au Minotaure. Mais le fier Thésée Jugeant qu’il n’est pas possible de faire endurer cette infamie à son peuple, se porte volontaire pour être parmi les quatorze "sacrificiés" avec la ferme intention d'en découdre avec le minotaure! Mais Thésée, promis à une mort certaine lorsqu'il doit entrer  dans le labyrinthe pour combattre le Minotaure, séduit Ariane, la fille  Minos et de Pasiphaéqui avait posé des questions à Dédale, le constructeur du labyrinthe . Elle donne à Thésée un moyen de retrouver ensuite la sortie : il faut dérouler un fil le long du trajet. Au retour, il suffira de suivre le fil. C'est cette histoire qui a donné l'expression de « fil d'ariane ».Lorsque Thésée sort du labyrinthe et après avoir tué le Minotaure, il propose à Ariane de l'épouser. Il rentre chez lui mais, amoureux de Phèdre (la sœur d'Ariane), il abandonne Ariane sur l'île de Naxôs. Fou de rage,le malheureux Minos enferma Dédale et son fils Icare dans le maudit labyrinthe. Dédale l'architecte de génie, qui n'était pas résolu à mourir idiot, fabriqua alors des ailes avec des plumes et de la cire d'abeille pour son fils et lui. Et, ultime détail, dédale prévint Icare qu'il ne faudrait pas trop se rapprocher du soleil... Le jeune Icare s'envola donc dans les cieux, non pas de ses propres ailes mais de celles de son père. se rapprocha du soleil, bien trop près de lui, faisant fi de l'avertissement paternel; il voit la cire et ses ailes fondre et s'abîma au fond de la mer. Pour s'être rapproché du soleil, qui n'est autre que Hélios le père de Pasiphaé qui s'accoupla avec l'offrande promise à Poséidon, mais non offerte à ce dernier, Icare mourut dans le royaume de Poséidon! N'est-ce pas vertigineux?

    Dédale « maudit un art trop funeste; il recueille le corps de son fils, l’ensevelit sur le rivage » selon Ovide. Il parvient ensuite à atterrir à Cumes, puis à gagner la Sicile. Il y est accueilli par le roi Cocalos, qui le cache et dont il devient l’architecte.

    Signification et analyse du mythe.Depuis l'antiquité, durant des siècles jusqu'à nos jours les commentaires se sont accumulés sur ce que semble nous dire le mythe: une mortelle randonnée qui n'a cessé d'alimenter des œuvres  variées dont I comme Icare (1979). On peut retenir: Icare ou les dangers de l'hybris humaine, la démesure aveugle à elle-même, le symbole de la puissance du désir de transgression de l'ordre paternel (nécessaire?), le symbole de la pulsion de mort chère à Freud. Icare, c'est aussi la menace de se frotter à l'astre solaire, source même de la vie. Cette mortelle randonnée vers une recherche illimitée de la Vérité nous présente Icare comme la victime de d'un exercice de connaissance absolue. Cette lecture du mythe repose sur l'identification du soleil et de la connaissance.


    La Vérité est, selon Pindarefille du souverain des dieux, rarement personnifiée, AlètheiaEn en se référant au site journals.openedition.org, on lit que c'est un mot composé du a- privatif et du nom propre « Léthé », ce fleuve mythique où l’âme humaine, après avoir contemplé les « idées vraies » et avant de revenir sur terre, doit se baigner dans ses « eaux oublieuses » le secret et l'Alètheia grecque. Il faut donc entendre que la Vérité, c’est ce que serait (saurait) une âme qui, revenue parmi les hommes, se souviendrait encore de ce « monde des idées ». Cette métaphore de la connaissance est fréquente. On la trouve dans le contraste entre les obscurantismes et la philosophie des lumièrespeut-être pas aussi lumineuses qu'on le dit en général selon Bertrand Vergely. dans son livre: obscures lumières. Notre vocabulaire n'en finit pas de tourner autour de cette identification de la connaissance à la lumière et au soleil, source et symbole originaire de la lumière. 

    Pour en revenir à Icare, comment expliquer son comportement, au-delà des interprétations fondées sur son Hybris ou sa pulsion de mort? Dans la continuité avec les lumières et la pensée moderne, on peut le voir comme un acte plein de lucidité, dépourvu d'emportement et de plaisir auto-destructeur. Mais ne peut-on y voir aussi une anticipation sur la mort de Dieu et sur la désacralisation du monde post-moderne, Icare aurait saisi l'unique opportunité de prendre date dans l'Histoire en s'affranchissant de sa difficile condition de fils du génial Dédale, en fait de Dieu le Père. C'est un acte que Dédale, le père, trop attaché à la vie pour ne pas se rapprocher plus qu'il ne le faut de la connaissance ne commettrait jamais. Icare ne serait donc pas mort par par excès de confiance ou par plaisir masochiste, mais parce qu'il aurait décidé de se place sous le joug de la connaissance. Icare héros martyr de la connaissance: vivre pour savoir, pour connaître quitte à ne plus vivre! Son nom mythique est inscrit dans nos cerveaux depuis plus de 2 000 ans, rappelant ce danger de la connaissance, mais qui a été occulté de façon que beaucoup pensent définitive par les lumières de la science moderne.  

    Une autre idée à rapprocher de cette fin, d'une vie qui disparaît dans son mouvement vers la connaissance est celle de NDE ou mort imminente (cf Moody). "Cette expression désigne un ensemble de « visions » et de « sensations » consécutives à une mort clinique ou à un coma avancé. Ces expériences correspondent à une caractérisation récurrente et spécifique contenant notamment : la décorporationN 1, la vision complète de sa propre existence, la vision d’un tunnel, la rencontre avec des entités spirituelles, la vision d’une lumière, un sentiment d'amour infini, de paix et de tranquillité, l'impression d'une expérience ineffable et d’union avec des principes divins ou supranormaux.Les explications scientifiques proposées font appel à des mécanismes neurochimiques et à des similarités avec d'autres situations neurologiques plus simples comme le sommeil paradoxal.ou les simulations cérébrales qui provoquent un état d'autopsie. Ce phénomène suscite une extrême fascination dans notre société post-moderne où elle prend l'aspect d'un revival du projet d'Icare. Ainsi le sort d'Icare ne serait plus le nôtre? On pourrait se brûler les ailes et aller au bout du tunnel de lumière et en revenir sans séquelles? L'avenir avec les nouvelles technologies semble effectivement  donner la possibilité.de l'immortalité

    Pour l'instant retenons que Icare vient de nous enseigner que connaître sans limites est une démesure  condamnable et dangereuse. Cette menace ainsi stigmatisée semble engager l'individu dans son rapport personnel et solitaire avec la connaissance.

     

         2-1-2) L'homme qui en savait trop. chapitre 1 suite: la connaissance menace Athènes

    Le second texte choisi par Lionel Naccache pour illustrer l'idée des dangers véhiculés par la connaissance en utilisant aussi la métaphore de la lumière est le livre VII de La République de Platon que nous avons évoqué au chapitre 1-3) avec L'allégorie de la caverneRappel: Socrate y demande à Glaucon, jeune philosophe et neveu de Platon quelle est l'essence de la connaissance et quelles sont les modalités de son acquisition par l'homme. Pour cela, il lui demande de s’imaginer des hommes captifs dans une caverne, enchaînés dos à la sortie, et ne voyant du monde extérieur que les ombres d’objets ayant été placés derrière eux et que la lumière d’un feu projette sur la paroi qui leur fait face.

    Le philosophe est celui qui brise ses chaînes, tourne la tête pour regarder ce qui se cache derrière lui, puis sort de la caverne et s’expose effectivement au monde extérieur. Il est celui qui s’arrache aux images, accède au monde réel et affronte la lumière éblouissante du Soleil, comprenant par là même que l’intérieur de la caverne n’est qu’un reflet déformé du monde réel, le monde intelligible. « L’antre souterrain, c’est ce monde visible : le feu qui l’éclaire, c’est la lumière du soleil : ce captif qui monte à la région supérieure et la contemple, c’est l’âme qui s’élève dans l’espace intelligible. Voilà du moins quelle est ma pensée, puisque tu veux la savoir. ». La sortie de la caverne est donc la métaphore de la dialectique ascendante présentée au Livre VI.
    Cette métaphore de la condition humaine par Socrate n'est pas sans rappeler un des éléments clé du scénario de la trilogie Matrix des Andy et Larry Wachowski, sorti en 1999. "Ce film est un exemple du sous-genre cyberpunk. Il contient de nombreuses références à des idées philosophiques et religieuses, et rend hommage de façon proéminente à des œuvres telles que l'Allégorie de la caverne de PlatonSimulacres et simulation de Jean Baudrillard et Les Aventures d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll"

    Socrate en déduit un ensemble de conséquences sur le comportement mental des hommes. Ils sont enchaînés depuis leur naissance et ont du mal à en prendre conscience. En fait ils ne sont pas dépourvus d'organes sensoriels, mais ils n'ont pas accès à la source de leurs perceptions, donc objets eux-mêmes, mais uniquement aux ombres de ces objets situés dans leur dos et qui sont projetées face à eux sur le mur du fond de la caverne et aux échos renvoyés par les parois. C'est pourquoi Socrate suggère à Glaucon que de tels hommes, confrontés à des perceptions incompatibles avec celles qu'ils avaient jusqu'alors connues, ne pourraient commencer que par douter de la réalité. Avec la découverte de la lumière extérieure (du soleil de la connaissance), commence une authentique initiation à cette nouvelle condition d'homme affranchi, initiation marquée par la souffrance, l'effort de lutte contre les tentations de ne pas chercher à voir et à connaître ce qui s'offre à lui. Et à force d'éducation par des mains secourables panse Socrate, son intelligence va pouvoir se déployer et cet homme libre va accéder à la véritable connaissance. Alors, dit-il, "je pense que c'est seulement au terme de de cela qu'il serait enfin capable de discerner le soleil, non pas dans ses manifestations sur les eaux ou dans un lieu qui lui serait étranger, mais lui-même en lui-même, dans son espace propre, et le contempler tel qu'il est". Ce à quoi Glaucon ne peut s'empêcher de répondre: "nécessairement".

    L'histoire pourrait s'arrêter là; mais Platon désire nous entretenir de la suite. En effet, un homme ne connaît pas seul, la connaissance n'est pas un exercice solipsiste; c'est une affaire sociale, une activité de transmission et d'échange. Platon veut donc nous entretenir de cet homme et se mission sociale, de son ambition narcissique à recevoir les honneurs dus à son savoir et de son désir de transmettre cette connaissance à ses anciens camarades toujours enchaînés et bercés par leur ignorance congénitale. Alorsn Socrate et Platon vont-ils faire l'apologie du "prosélytisme intellectuel" au service de la connaissance, le nouvel évangélisme post-moderne? Nullement. En effet, il pense que "s'il fallait de nouveau concourir avec les anciens camarades prisonniers et entreprendre de les détacher et de les conduire vers la lumière, et "s'ils avaient le pouvoir de s'emparer de lui de quelque façon et de le tuer, ne le tueraient-ils pas? A toute force répond Glaucon".     
    Conclusion: Pour Platon et Socrate, l'homme de connaissance serait l'inévitable victime de la violence du groupe qui l'entoure. Icare nous montrait les risques du rapport de l'individu face à la connaissance. Ici, Platon nous indique que l'homme qui connaît est également vécu comme une menace par ses congénères et que cette menace conduit à la disparition inéluctable de celui qui connaît, incapable de transmettre son savoir. Cela conduit à la préservation de l'ignorance, le fondement et la garantie de d'une certaine forme de paix ou de confort social. C'est un étonnant pessimisme pour ces philosophes aux yeux desquels la vie ne valait certainement pas d'être vécue sans l'aventure de la connaissance et qui ne s'aveuglaient pas sur les limites implacables de sa transmission, ni sur l'inévitable issue de cette aventure: le bol de ciguë pour Socrate, celui qui "corrompait les jeunes gens" d'Athènes et qui s'aventurait à offrir aux dieux de la cité des représentations nouvelles jamais encore révélées. 

     

         2-2) La connaissance menace Jérusalem -chapitre 2-

    Le passage d'Athènes à Jérusalem est plus qu'une question de distance, ni progrès ni régression, mais une révolution, car il s'agit d'un changement radical de regard posé sur la place de l'homme dans le monde et sur la signification de son existence. En témoigne, nous dit Lionel Naccache "l'ambivalence symptomatique" qu'éprouvaient les rabbins du Talmud à l'égard des hohme yavan, des savants grecs". Il apparaîtrait que c'est un mélange d'admiration et de mépris, de fascination intellectuelle et de répulsion et même de frayeur à l'égard de ces représentations mentales manipulées. Les hohme yavan eurent-ils vent du contenu des discussions qui enflammèrent les académies talmudiques d'Israël et de Babylonie? Ils furent certainement intéressés par les développements du judaïsme   biblique puis pharisien. Ils furent suivis de nombreux autres courants. Trois récits, l'un biblique les deux autres talmudiques illustrent cette menace de la connaissance.


         2-2-1) Du paradis perdu au Pardes retrouvé.

    "Le Pardès, littéralement jardin, verger, parc, qui s'apparente au mot paradisdésigne, dans la tradition de la Kabbale, un lieu où l'étudiant de la Torah peut atteindre un état de béatitude. Ce terme est tiré d'une anecdote philosophique et mystique qui trouve une explication dans le Pardes Rimonim du Rav Moshe Cordovero. Celui-ci prend l'image de quatre rabbis (Elisha ben Abouya, [Rabbi] Shimon ben Azzaï, [Rabbi] Shimon ben Zoma et rabbi Akiva) pénétrant un verger mais dont les "niveaux" respectifs de pénétration du sens des Écritures ne sont pas équivalents". 

    Berechit vu par un physicien  https://www.cairn.info/revue-pardes-2001-2-page-85.htm?contenu=resume par Henri Bacry Dans Pardès

    Dans le chapitre 1-1), en avant-propos, nous avons vu que depuis les origines de notre culture, la connaissance est représentée comme un danger, un "poison vital".  Nous avons commencé par Adam et Ève  face à l'Arbre de la Connaissance et au fruit défenduUne des sources mythiques des dangers de la connaissance réside dans le premier livre du pentateuque: le livre de Berechit (ou de la genèse) dans ce récit de l'expulsion d'Adam et Eve du jardin d'Eden. Nous avons vu dans ce chapitre l'interprétation de Annick de Souzenelle. Ce n'est pas "le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort", mais "de l’Arbre de la connaissance de l’accompli et du non-encore accompli tu ne mangeras pas de lui-de nous car dans le jour où tu mangeras de lui-de nous muter absolument tu muteras". Quelle que soit l'interprétation, goûter au fruit de l'arbre de la connaissance, donc à la connaissance est intrinsèquement un danger qui a été considéré comme mortifère depuis des temps immémoriaux. Comme l'interprète Annick de Souzenelle, et Lionel Naccache semble partager ce avis, d'avantage qu'une punition infligée par Dieu, on peut lire dans ce passage une information délivrée à l'homme quant aux risques inhérents à l'acquisition de cette connaissance. Dieu ne punirait pas Adam et Eve de connaître, mais les informerait du prix véritable de la connaissance: devenir mortel (muter si on se réfère à A. de Souzenelle) et surtout le savoir consciemment, ce que les animaux ignorent probablement.
    L'origine de notre condition humaine reposerait ainsi, selon la tradition biblique, sur notre relation à la connaissance, ou au moins sur celle du bien du  mal, nécessaire à toute forme d'éthique. 

    Chez Icare ont été identifiés les dangers inhérents à notre rapport individuel à la connaissance. En remontant la pente de la caverne de Platon, ce sont les dangers de la connaissance envisagée comme une menace de la stabilité de la collectivité humaine qui apparaissent dans leur évidence. Dans le récit biblique, Adam n'est plus seul; l'interdit doit être respecté par les deux, Adam et Eve qui est tour uniment concernée par cet impératif négatif. La loi a été formulée pour et à deux êtres qui cohabitent.  Eve a croqué la première Mais les deux êtres sont liés par cet acte. Il semble grotesque d'imaginer que si Adam n'avait pas goûté au fruit, il aurait pu se la couler douce, alors qu'Eve aurait été chassée de l'Eden; mortelle et enfantant dans la douleur. L'interdit biblique n'a de sens que s'il est respecté, ou transgressé par un couple, par le couple. Consommer du fruit de la connaissance est un acte que l'on commet à deux. L'éthique vise cette relation duelle, qui me relie moi à l'autre, non pas moi à tous les autres, mais à l'autre, cet autre moi, objet de mes représentations, de mon désir. Levinas parle de l’Autre ou l’éthique comme philosophie première. Le texte biblique, lui, nous rappelle la première occurrence de la relation sexuelle amoureuse dans le livre de la genèse: "Et l'homme connut Eve sa femme". L'amour charnel serait donc aussi une authentique modalité de notre aptitude à connaître. Ainsi, après intérieure et la paix sociale, voici que la paix des ménages est en péril!

    https://philitt.fr/2013/10/09/levinas-lautre-ou-lethique-comme-philosophie-premiere/Levinas l’Autre ou l’éthique comme philosophie première

    Alors est-il possible de rêver à un éventuel retour, eschatologique (cf aussi eschatologie chrétienne), au paradis perdu? L'intuition pourrait nous orienter vers le confinement de la connaissance: si la connaissance est porteuse de tant de malheurs, une solution pourrait être de s'en éloigner le plus possible et à la bannir de notre quotidien. Mais la tradition juive talmudique, elle, propose au contraire une solution contre-intuitive en recommandant de plonger corps et âme dans la connaissance du texte biblique plutôt que de le fuir. Aux yeux du judaïsme, l'étude de la signification du texte révélé, écrit sous la dictée de Dieu, est la quête infinie de cette forme de connaissance, à commencer par savoir qu'il y a un Dieu et c'est le plus important des 613 commandements divins, 613  mitzvot en hébreu,  qui sont, selon la tradition rabbinique, contenus dans la Torah. C'est de ce commandement que découle le sens de l'existence du juif pieux et les autres commandements dont le mise en pratique, sinon, se réduirait à une ritualisation obsessionnelle et aliénante. Le juif traditionaliste semble vouloir dépasser la contradiction interne dû à la consommation du fruit de l'arbre de la connaissance mortifère par son idéal de l'existence sous le signe quasi exclusif de la connaissance. Ce projet revêt une forme allégorique dans l'herméneutique (en hommage à Paul Ricoeur) juive dans un acronyme qui condense les quatre niveaux de signification postulés du texte de la Torah. Chaque verset peut résonner à la fois dans sa signification littérale (Peshat):[P esh a t ( פְּשָׁט ) - "surface" ("droit") ou le sens littéral (direct)], dans un sens allusif (Remez[R emez ( רֶמֶז ) - "allusions" ou sens profond (allégorique: caché ou symbolique) au-delà du sens littéral], dans un sens d'exposition (Derach) [De rash ( רַשׁ ) - de l'hébreu darash : "enquire" ("chercher") - le sens comparatif (midrashique)] et dans un sens secret (Sod[S od ( סוֹד ) (prononcé avec un long O comme dans 'lore') - "secret" ("mystère") ou le sens ésotérique / mystique, donné par l'inspiration ou la révélation]. La réunion des initiales de ces quatre mots compose en hébreu le groupe de consonnes "PRDS" qui permet de prononcer et d'entendre le mot qu'il réalise le "Pardès", qui signifie "paradis". Du Paradis perdu au Paradis retrouvé, c'est le Paradis de l'interprétation et pour le retrouver, les juifs traditionalistes plongent dans la connaissance infinie en étant devenus des êtres de connaissance. Le Pardès (Kabbale) "est un lieu où l'étudiant de la Torah peut atteindre un état de béatitude. Ce terme est tiré d'une anecdote philosophique et mystique qui trouve une explication dans le Pardes Rimonim du Rav Moshe Cordovero. Celui-ci prend l'image de quatre rabbis (Elisha ben Abouya, [Rabbi] Shimon ben Azzaï, [Rabbi] Shimon ben Zoma et rabbi Akiva) pénétrant un verger mais dont les "niveaux" respectifs de pénétration du sens des Écritures ne sont pas équivalent".  

    Selon le judaïsme  pharisien il est possible de prendre conscience des risques inhérents à la connaissance sans la bannir du quotidien, bien au contraire. Mais la tradition juive représente cet itinéraire comme ardu et risqué. Le Talmud ne cesse de rappeler l'extrême dangerosité de la connaissance tout en enjoignant de s'y livrer sans limite. Nous sommes chassés de l'Eden, devenus mortels et lucides, mais ce ce n'est pas pour cela que que nous n'avons plus à redouter les effets délétères de la connaissance. nous sommes mortels, mais pire, nous pourrions mourir tout de suite! 

    Ces avertissements talmudiques se retrouvent sous la forme de nombreux récits allégoriques qui ont alimenté des siècles de commentaires dont deux d'entre eux vont faire l'objet des deux chapitre suivants.

     

     

          2-2-2) Vie et destin de quatre talmudistes en quête de connaissance

     

    Rabbi Ben Abouva ou les risques de l'Autre:

     

     

    Le Pardès (Kabbale) "est un lieu où l'étudiant de la Torah peut atteindre un état de béatitude. Ce terme est tiré d'une anecdote philosophique et mystique qui trouve une explication dans le Pardes Rimonim du Rav Moshe Cordovero. Celui-ci prend l'image de quatre rabbis (Elisha ben Abouya, [Rabbi] Shimon ben Azzaï, [Rabbi] Shimon ben Zoma et rabbi Akiva) pénétrant un verger mais dont les "niveaux" respectifs de pénétration du sens des Écritures ne sont pas équivalent.

    Aux textes fondateurs du judaïsme, la Torah (ou pentateuque) ont été rajoutés des textes ultérieurs définissant le canon biblique [On distingue l'établissement ou la construction des canons de la Bible hébraïque (Tanakh), celui de la Septante et des versions en grec, celui de la Peshitta et des versions en araméen, celui du Nouveau Testament, puis les canons des Églises. Par exemple, le canon biblique de l'Église catholique a été fixé à 46 livres de l'Ancien Testament et 27 livres du Nouveau Testamentou Talmud, qui est une version écrite de la tradition dite orale [Rédigé dans un mélange d'hébreu et de judéo-araméen et composé de la Mishna et de la Guemara, il compile les discussions rabbiniques sur les divers sujets de la Loi juive telle qu’exposée dans la Bible hébraïque et son versant oral].  "Il a été  rédigé sur plusieurs siècles et correspond à 2 projets successifs et complémentaires. Les 6 ensembles ou ordres de la Mishna ont été rédigés approximativement entre -30 et -120. C'est ensuite que les rabbins ont rédigé la Guemara, commentaire de la Mishna, qui est une œuvre monumentale totalisant 63 traités visant à expliciter dans ses moindres détails les textes de la Mishna. Les auteurs de la Gémara sont appelés les Amoraïm (« ceux qui parlent » ou « ceux qui expliquent »). Elle fut rédigée simultanément, au vie siècle, en Galilée et en Mésopotamie, notamment sous l'impulsion de Rav Achi et RavinaLa Michna hébraïque et la Gémara araméenne constituent le Talmud. Du fait de l'existence de deux Gémarotes qui diffèrent par le contenu et l'ampleur, il existe deux versions du Talmud : le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone, dont l'autorité est bien supérieure au précédent. Le Talmud de Babylone est plus développée que le Talmud de Jérusalem, mais l'une et l'autre ne commentent pas la totalité des traités de la Michna. Le Talmud de Babylone fut composé jusqu'au VIe siècle.


    Le traité Haguiga du Talmud de Babylone rapporte l'édifiante et tragique histoire citée dans l'exergue à ce chapitre de 4 figures rabbiniques ayant réussi l'exploit de pénétrer à l'intérieur de ce Pardès, paradis de la connaissance; Temporellement, le cadre historique de cette Hagada se situe quelques décennies après  la destruction du second temple de Jérusalem, en l'an 70. L'épisode débute ainsi (Haguiga 14 b): "Nos sages ont enseigné: "quatre hommes sont entrés au Pardès; Shimon ben AzzaïShimon ben ZomaElisha ben Abouya plus connu sous le nom de ah'er (אחר) : l'autre en hébreu, et rabbi Akiva". Lionel Naccache nous dit: "Quelques lignes plus tard, le destin de ces hommes est scellé. Ben Azaï est mort sur place, abattu par ce qu'il contemplait. Ben Zoma a perdu à tout jamais ses esprits, et A'her a sombré dans l'hérésie. Seul le quatrième de ces Maîtres, Rabbi Akiva, revint plein d'usage et de raison de cette aventure, comme le dit la suite du texte: "Rabbi Akiva entra en paix et sortit en paix". 

    Que signifie ce texte? Une espèce d'expédition commando en "terra incognita" menée par un groupe d'élite guidé par un objectif commun, l'accès au Pardès, l'accomplissement ultime de l'apologie de la connaissance que chante le Talmud, comme on l'a vu en 2-2-1? Puis la brutale désillusion pour les trois" géants du savoir", la mort, la folie, l'hérésie? Serait-ce un démenti brutal d'une propagande diffusée au fond des instituts d'études talmudiques par des recruteurs qui enrôleraient dans cette macabre équipée les plus brillants des jeunes esprits?  Je partage l'avis de Lionel Naccache lorsqu'il dit que "en réalité, la signification de ce récit est plus fine que cela, et donc plus intéressante". Ce n'est pas un extrait d'un quelconque "livre noir du Talmud", qui en dénoncerait les graves dangers, mais l'héritage talmudique lui-même. qui invite au voyage infini dans l'univers de la connaissance. C'est un aveu paradoxal que la vie d'un homme ne saurait être conçue sans cet immense appétit pour la connaissance et l'étude des textes sacrés qui conduiront presque immanquablement à la mort, à la folie, ou à l'hérésie. La mort et la folie, qui sont sans appel, sont toutes deux des connaissances néfastes, celles qui menacent depuis des millénaires et que nous avons vu jusqu'à maintenant dans les chapitres précédents. Mais l'hérésie d'A'her ne serait-elle pas une forme de liberté plutôt qu'un drame, une échappée au cadre restreint de la connaissance tel qu'il est défini par le judaïsme? A'her ne pourrait-il correspondre à un type de juif émancipé dont le destin ne serait pas une pure tragédie, au-delà des purs intérêts du Talmud voire du Judaïsme mais à un épanouissement pour ce dernier? Ne serai-il pas comparable à Baruch Spinoza dans son rejet libérateur? Spinoza, destiné aux plus hautes destinées par ses maîtres spirituels de la communauté juive d'Amsterdam fut certes excommunié, mais gagna sa liberté en inventant sa philosophie de l'existence et de la joie. Comme lui, A'her s'est-il libéré dans ce que le Talmud qualifie d'hérésie? Lionel Naccache nous dit non ! En réalité, il s'appelait Elisha ben Abouya avant son hérésie et était considéré comme l'un des esprits rabbiniques les plus profonds de son temps. A'her signifie "l'autre", celui dont on ne veut plus prononcer le nom et dont on efface le nom sur les tablettes pour le remplacer par ce qualificatif anonyme. Qu'a t-il fait une fois son hérésie consommée? (Il est comme le midrach, toujours au seuil, dans un non-lieu sans savoir reconnu ni place où s'établir. N'ayant pas d'identité, il est toujours en passage, comme l'hébreu. N'ayant pas de lien, il est lié à l'inconnu. Il affirme la différence, l'inattendu. Par son rire, il fait éclater toute pensée qui cultiverait l'illusion de la vérité). Il ne s'est donc pas livré à une expérience de nihiliste, ni tourné vers la philosophie des "sages de la Grèce", dont il avait très certainement connaissance, ni transformé en hédoniste résolu ou adhéré à une vision zoroastrienne ou bouddhique de la vie. Il n'a pas non plus préfiguré un esprit des Lumières, ni un héros annonciateur de le science moderne et du libre savoir. Le Talmud continue à raconter ses péripéties, une fois son patronyme effacé de ses pages et de ses enseignements. Comme on l'a vu plus haut, il est devenu un homme vidé de tout ressort ontologique, un être intellectuellement annihilé et brisé. S'il ne respectait plus les lois de la Torah, il continuait à leur porter un intérêt intellectuel. Il avait un élève Rabbi Meïr qui tenait à recevoir les enseignements de ce maître déchu dont les exploits absurdes ne sont pas sans évoquer Don Quichotte, comme dans un passage 15a  du traité Haguiga lorsqu'il chevauche une monture un jour de Chabbat, ce qui en est une transgression majeure des lois du "repos". A'her était devenu un être dépourvu de croyances, non seulement religieuses, mais aussi et surtout de croyances identitaires et existentielles. Il n'a pu remplacer les lois de la Torah par rien d'autre dans son esprit, tout en ne leur reconnaissant aucune valeur. Il attendait de mourir sans pouvoir croire croire en rien ni en lui-même.Il était devenu fou aussi mort dès sa sortie du paradis de la connaissance.

    Il est temps maintenant d'examiner le cas du quatrième entré dans le Pardès, rabbi Akiva, dans le chapitre suivant.

    liens:

    https://hal.univ-lille3.fr/hal-01671068/document: Elisha ben Abouyah, une figure de l’autre dans la littérature rabbinique ancienne Christophe Batsch

    Quatre entrèrent au Pardès 

     

        2-2-3) Vie et destin de quatre talmudistes en quête de connaissance suite: le cas de rabbi Akiva -La connaissance? Une vraie boucherie!

    Le voyage au Pardès de Rabbi Akiva semble s'être achevé très différemment de celui des trois figures rabbiniques précédentes. Comme nous l'avons vu, "Rabbi Akiva entra en paix et sortit en paix". C'est l'unique rescapé de cette "folle échappée". Est-ce que cela peut nous convaincre qu'il est possible d'être "un citoyen serein du paradis de la connaissance et que ce texte pourrait n'être qu'une allégorie à visée pédagogique visant à enseigner comment la connaissance doit être appréhender afin d'en recevoir les bienfaits sans y laisser trop de plumes? Rabbi Avika serait-il le modèle d'un rapport réussi et sain à la connaissance? Mais le Talmud tempère cette note d'optimisme en racontant dans un autre traité la fin de de sa biographie qui aboutit à la mort et au martyr de celui qui demeure une référence majeure du judaïsme orthodoxe contemporain. Les circonstances de cette mort sont aussi enseignées à l'occasion d'une autre histoire talmudique qui se trouve dans la traité Menachot (page 29b), une célèbre allégorie de la capacité humaine à dévoiler de nouvelles significations de la Torah au fil des générations tout en demeurant fidèle au message originel de la tradition (une forme d'infini dans la totalité de la révélation divine?). Dans le site promenadepardes.blogspot.com on peut lire ce dialogue surprenant évoqué par Lionel Naccache; "Traité Menakhot, page 29b

    Moïse monte au ciel pour recevoir les tables de la loi. Il trouve Dieu occupé à mettre des couronnes sur les lettres.
    Moïse : « qui à côté de Toi retient ce que Tu as écrit ? » ( En d’autres termes : qui T’empêche d’achever Ton Texte avec les lettres conventionnelles, qui T’oblige d’y ajouter ces fioritures ?)
    Et voici la réponse divine :
    « Après bien des générations, viendra un homme, son nom sera Akiva ben Yossef. Il construira des montagnes de hala’hah (des lois de conduite, des lois en marche,évolutives) à partir de chacune de ces pointes (sur les lettres) »
    Moïse, interloqué demande : « Montre-moi cet homme. Ainsi, je ne reçois pas une loi achevée. Celle-ci continuera à être construite dans le futur par un homme qui n’est ni prophète ni saint»
    Dieu : « retourne-toi »
    Moïse s’assied modestement derrière la dernière rangée des élèves pour écouter l’enseignement du Maître Akiva. Mais il n’y comprend rien, dépassé qu’il est par les sujets en discussion et par le style des développements. Cela le déprime. Mais, subitement, après que Rabbi Akiva ait énoncé une décision qui semble arbitraire aux élèves, ne s’appuyant sur aucun raisonnement conforme aux règles herméneutiques, ces derniers demandent :
    « Rabbi, d’où te vient cette décision ? C’est une loi (hala’hah) reçue par Moïse à Sinaï »
    Moïse est rassuré par cette référence à lui qui prouve que l’enseignement porte sur la Torah qu’il a reçue à Sinaï, bien qu’il n’ait aucun souvenir de cette loi.
    « Tu as un tel homme et Tu me donnes la Torah à moi ? »
    Réponse : « Tais- toi, c’est ainsi que cela est monté en pensée devant Moi »
    « Montre-moi sa récompense ».
    « Retourne-toi »
    Regarde ce qui se passe de l’autre côté, dans le monde des hommes
    Et Moïse voit que l’on débite la chair de R. Akiba dans les échoppes, après l’avoir torturé et assassiné pour avoir enseigné, malgré l’interdit promulgué par le pouvoir.
    « Maître du monde, est-ce cela la Torah ? Est-ce cela son salaire ? »
    « Tais-toi, c’est cela Mon dessein »

    Moïse avait compris, lorsque Rabbi Akiva avait dit "C’est une loi (hala’hah) reçue par Moïse à Sinaï ", que l'on ne peut être le dépositaire d'un savoir dont la portée ne se révélera que progressivement à travers les efforts d'exégèse, de lecture et d'interprétation des générations à venir. C'est bien ce que fait la tradition judaïque dont la vitalité est sous-tendue par par la conjugaison d'une capacité de lecture infinie du texte révélé avec fidélité et une reconnaissance de la chaîne de transmission qui remonte jusqu'à la révélation sinaïtique. Mais la fin du texte donne, avec la parcimonie lapidaire des termes du Talmud l'image insupportable de la fin de Rabbi Akiva en 3 petits mots écrits en araméen: "chechokelin bessaro bemakolin" (sa chair qui pendait aux étals), 3 petits mots qui suffisent à exprimer l'horreur et à donner à voir tout ce que les 3 petits mots ne disent pas, mais suggèrent. Ainsi, contrairement à Ben Azaï, Ben Zoma et A'her, Rabbi Akiva ne périt pas de son face à face direct avec la connaissance. Il faut rappeler, pour comprendre l'origine de cette effroyable fin, que la Judée, au IIè siècle est en guerre contre Rome et son empereur Hadrien. Rome va mettre au pas cette province et faire raser la ville de Jérusalem. Bar Kokhba, instigateur de la révolte, se replia dans la forteresse de Betar, au sud-ouest de Jérusalem, mais les Romains finirent par la prendre, et massacrèrent tous ses défenseurs en 135Shimon bar Kochba était considéré comme le Messie par nombre de ses partisans, dont le plus célèbre est Rabbi Akiva. Ce dernier avait continué à enseigner publiquement, au mépris des diktats romains et à former une nouvelle génération de disciples. Quintus Tinneius Rufus (connu sous le nom de Tyrannus ouTurnus Rufus), alors gouverneur de la province de Judée, fut responsable de la déjudaïsation de Jérusalem et a Judée fut, sur ordre d'Hadrien, rebaptisée Palestine, comme pour en effacer toute judéité. Turnus Rufus fit arrêter Akiva et le supplicia sur la place publique. Ses chairs seront exposées aux étals du marché, le "fleishmarket", suspendues à des crochets de boucherie. 


    Conclusion

    A ses amis qui lui recommandaient de de se protéger et de suspendre l'enseignement de ses connaissances à la jeunesse de Jérusalem, Rabbi Avika répondait par une parabole: "Un renard, voyant un poisson se débattre pour échapper aux filets des pêcheurs, lui dit "Poisson, mon ami, ne viendrais-tu pas vivre avec moi sur la terre ferme?" Le poisson lui répond: "Renard, on te dit le plus sage, mais en réalité, tu es le sot des animaux. Si vivre dans l'eau qui est mon élément m'est difficile, que crois-tu qu'il en serait sur la terre?" Ce que l'eau est au poisson, la Torah l'est à Akiva. La connaissance semble ici prendre l'aspect de ce "poison vital". N'y a t-il pas ici une impression de déjà-vu? Les allégories sur la connaissance s'avèrent d'une troublante convergence entre Athènes (aux chapitres 2-1-1 avec Icare et chapitre 2-1-2 avec Platon et Socrate) et Jérusalem. Le mythe d'Icare se rapproche des dangers d'une trop grande proximité de l'individu avec la connaissance à laquelle répondent les sombres péripéties de Ben Azaï, Ben Zoma et A'her dans le jardin du Pardès et celles d'Adam et Eve dans le jardin d'Eden. Par contre, à l'allégorie platonicienne de la caverne, qui, comme  on l'a vu, représente la violence du groupe social à l'encontre de ceux qui répandent leur connaissance "corrosive pour la jeunesse", comme Socrate, répond le tragique destin de Rabbi Akiva, qui ne cessa pas, ce que Tumus Rufus lui fit payer très cher, de "corrompre la jeunesse de Jérusalem". On voit donc avec Lionel Naccache que ce n'est pas seulement dans les histoires que la connaissance tue !Ainsi se termine ma lecture de l'Avant - propos et première partie chapitres 1 et 2 du livre de Lionel Naccache "Perdons-nous connaissance?" Dans l'article 2 nous verrons comment après la Grèce et Jérusalem, la connaissance menace outre-Rhin avec Johann Georg Sabellicus Alias Docteur Faust avant d'examiner le chapitre 4: "Des mythes à la réalité ou l'art de la mauvaise solution", qui précède ce qu'on connait de nos jours, "bienvenue dans la société de la connaissance" où connaissance et information sont confondues peut-être pour le meilleur et... pour le pire.


    liens:
     Jésus et Rabbi Avika deux martyrs juifs de l’ « accomplissement ».

    Berechit lu par un physicien

     

    http://blog.univ-angers.fr/namurdamyths/2018/05/02/pantheon-mythologie-grecque-dieux/ : Les dieux grecs et la cosmogonie

    https://www.grecevacances.com/pages/histoire-du-pays/mythologie-grecque/mythologie-dieux-grecques.html: Mythologie et généalogie des dieux grecs

    http://l-univers-magique.over-blog.com/2019/01/poseidon.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail: Rédigé par EVY et publié depuis over-blog - l'histoire des dieux, Poséidon

     

    http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Jung_ConceptsJungiens.htm : 

    SOMMAIRE  Le soi et l'inconscient  Le moi  Inconscient collectif  Archétypes  Énergie  Symbole Le symbole du mandala Mana, démon, Dieu et l'inconscient Libido Individuation Compensation Complexe Types psychologiques Extraverti / Introverti 4 fonctions psychologiques fondamentales : Intuition / Sensation — Pensée / Sentiment Animus et Anima Persona Psychologie analytique : Dieu, fonction de l'inconscient  Le côté sombre de Dieu : Psychanalyse de Yahvé Je n'insiste jamais ; le remède peut être un poison 

    L'arbre de la connaissance du bien et du mal et Annick de souzenelle

    http://pncds72.free.fr/1600_esoterisme/1600_7_souzenelle_bible_revisitee.pdf: La lecture symbolique de la Bible hébraïque selon Annick de Souzenelle : Une supercherie « gnostique »

    http://pncds72.free.fr/1600_esoterisme/1600_7_souzenelle_bible_revisitee.pdf: Analyse réalisée par l’abbé Philippe Loiseau, bibliste, à partir de la lecture du livre de dialogue avec Frédéric Lenoir : L’Alliance oubliée, La Bible revisitée, Albin Michel, 2005. voir 4) Le refus de la différence des sexes qui est perçue comme la perte de l’unité originaire et l’entrée dans la régression de l’animalité et de la procréation

    https://www.cairn.info/revue-pardes-2001-2-page-85.htm?contenu=resume : Berechit lu par un physicien Henri Bacry Dans Pardès


    Obscures lumières de Bertrand Vergely

    https://fr.aleteia.org/2018/05/29/bertrand-vergely-les-lumieres-nous-rendent-tranquillement-sadiques/ : Loin de libérer l’homme, pense-t-il, elles l’ont amputé d’une part essentielle de son identité et portent en elles les germes de la Terreur et du totalitarisme.

    https://monblogdereflexions.blogspot.com/2018/05/obscures-lumieres-par-bertrand-vergely.html#.XEcA3lxKj4a : On voudrait nous faire croire que les Lumières ont été totalement lumineuses. Mais la Révolution française a débouché sur la Terreur, avant d’accoucher de l’Empire. Est-ce un accident ? Il n’en est rien. Il y a dans la Révolution française une double contradiction. Alors qu’elle se veut antireligieuse, elle donne naissance avec Robespierre au culte de l’Être Suprême. Alors qu’elle se veut morale, elle fait le lit du libertinage poussé au paroxysme par Sade. Il y a une raison à cela. La Révolution française a voulu être révolutionnaire. Elle a cru qu’elle pouvait l’être. Mais elle a été dévorée inconsciemment par l’Ancien Régime dont elle ne s’est jamais vraiment débarrassée. Cette ombre a pesé sur elle. Elle pèse encore sur nous. Bertrand Vergely est philosophe et théologien. Normalien, agrégé de philosophie et professeur de khâgne, il enseigne également à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’Institut Saint-Serge. Il est l’auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (2001), Le Silence de Dieu : face aux malheurs du monde (2006) et Une vie pour se mettre au monde"

    https://fr.aleteia.org/2018/05/29/bertrand-vergely-les-lumieres-nous-rendent-tranquillement-sadiques/ : Bertrand Vergely : « Les Lumières nous rendent tranquillement sadiques »

     

    Le destin d'Icare

    http://www.theatre-classique.fr/pages/pdf/OVIDE_METAMORPHOSES_08.pdf: LES MÉTAMORPHOSES Livre VIII. OVIDE Traduction nouvelle avec le texte latin, suivie d'une analyse de l'explication des fables, de notes géographiques, historiques, mythologiques et critiques par M. G. T. Villenave ;. 1806

    https://fr.wikipedia.org/wiki/IcareIcare (en grec ancien Ἴκαρος / Ikaros) est le fils de l'architecte athénien Dédale et d'une esclave crétoise, Naupacté (également appelée Naucraté). Il est connu principalement pour être mort après avoir volé trop près du Soleil alors qu'il s'échappait du labyrinthe avec des ailes de cire créées par son père.

    https://www.cairn.info/revue-imaginaire-et-inconscient-2006-2-page-169.htm: Icare, un enfant dans l'imaginaire des origines par Madeleine Natanson

    https://www.iletaitunehistoire.com/genres/contes-legendes/lire/icare-biblidcon_066: Icare avait grandi parmi les inventions de son père Dédale, célèbre artisan de Crète. La plus fameuse de ses créations avait permis à la reine Pasiphaé de séduire un taureau, revêtant pour cela le faux costume d'une belle génisse.

    https://books.openedition.org/editionscnrs/4919?lang=fr: Un des curieux renversements qui travaillent le mythe dans les transformations que lui imprime la culture européenne, c’est l’affirmation exubérante du fils : il s’approprie les ailes de son père et convertit sa chute en motif d’exaltation. Là où l’Antiquité et le Moyen Âge prononçaient une irrévocable condamnation, les Temps modernes renversent toute négativité en élan et en gloire, voulant à toute force que le fils vole de ses propres ailes. Icare devient le prête-nom, l’homme de plume(s) d’un rêve d’absolu qui ne porte plus le nom d’hubris.

    http://tpevolicare.e-monsite.com/http-tpevolicare-e-monsite-com-/partie-i-1.html: La première version du mythe: Les métamorphoses d'Ovide

    http://tpevolicare.e-monsite.com/http-tpevolicare-e-monsite-com-/partie-iii-1.htmlLa Chute d’Icare, Carlo Saraceni (peint entre 1600 et 1607)

    https://www.mythologie.ca/heros/icare.html : Icare fut enfermé dans le labyrinthe

    http://www.mythologica.info/mythologie-grecque/dedale-larchitecte-de-genie/: Dédale, l’architecte de génie, La trahison de Dédale, la fuite par les airs

    https://books.openedition.org/editionscnrs/4919?lang=fr: Un des curieux renversements qui travaillent le mythe dans les transformations que lui imprime la culture européenne, c’est l’affirmation exubérante du fils : il s’approprie les ailes de son père et convertit sa chute en motif d’exaltation. Là où l’Antiquité et le Moyen Âge prononçaient une irrévocable condamnation, les Temps modernes renversent toute négativité en élan et en gloire, voulant à toute force que le fils vole de ses propres ailes. Icare devient le prête-nom, l’homme de plume(s) d’un rêve d’absolu qui ne porte plus le nom d’hubris. 

     

    L'allégorie de la caverne de Platon

    http://rozsavolgyi.free.fr/cours/civilisations/platon/: La république de platon, résumé et thèmes

    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_R%C3%A9publique:La République est un des dialogues de Platon portant principalement sur la justice dans l'individu et dans la Cité. Platon fait la critique de la démocratie dans sa dégénérescence en démagogie et en tyrannie à cause de l'attrait qu'exerce le prestige du pouvoir. voir la théorie des Formes que Platon y expose et défend

    https://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9gorie_de_la_caverne

    http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Platon_LaCaverneDePlaton.htm: Allégorie de la caverne de Platon

    https://la-philosophie.com/platon-caverne-allegorie: L’allégorie de la Caverne présente la théorie des Idées de Platon, qui constitue à la fois sa métaphysique (= sa théorie de la connaissance) et son ontologie (= sa théorie de l’être et du réel).

    http://www.philo-bac.eu/auteurs/platon/caverne.html: Le monde sensible, représenté par la caverne, est une illusion et un piège pour les hommes. La vérité est à l'opposé de ce que nous considérons comme le réel. Notre âme doit sortir de cette prison pour trouver la vérité. Mais le chemin qui mène à la connaissance est douloureux. Il exige un guide. Celui qui arrive au bout acquiert : Le SAVOIR, la LIBERTE, le BONHEUR, et la COMPASSION.

     

    La connaissance menace Jérusalem:

    https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1962_L'activité herméneutique des scribes dans la transmission du texte de l'Ancien Testament
    http://letalmud.blogspot.com/2010/01/blog-post.html: Le talmud, En une époque de chaos, les rabbins décident d’agir à l’encontre de tous les précédents : rédiger la Loi Orale https://fr.wikipedia.org/wiki/Elizabeth_  
    Ses recherches portent sur le développement et la nature d'une petite collection de systèmes cognitifs qui constitueraient, dès les premiers mois de la vie, les principaux éléments de la connaissance non langagière.

    https://www.cairn.info/revue-pardes-2002-1-page- La lecture juive – une approche patiente

    https://www.massorti.com/Le-Pardes-et-ses-quatre-veritesUne mise au point historique sur le fameux Pardès, les quatre niveaux de sens de la Tora.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Talmud_de_J%C3%A9rusalem : Le Talmud de Jérusalem (hébreu : תלמוד ירושלמי Talmoud Yeroushalmi) est une somme de commentaires et discussions rabbiniques sur la Mishnplus qu'une a, depuis le IIe siècle jusqu’au ve siècle. Contrairement à ce que son nom laisse entendre, il n’est pas rédigé à Jérusalem, alors interdite aux Juifs, mais dans les académies talmudiques de la terre d’Israël, qui se trouvent pour la plupart en Galilée.

    http://cicad.ch/fr/les-livres-fondamentaux-du-juda%C3%AFsme.htmlLes livres fondamentaux du Judaïsme

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mies_talmudiques_en_Babylonie: Les académies talmudiques (yeshivot) de Babylonie, également appelées les académies gaoniques, bien qu'elles aient été fondées à la période des docteurs du Talmud, quelques siècles plus tôt, étaient le centre de l'éducation juive et du développement de la Loi juive en Mésopotamie d'à peu près 220 EC à 1038 EC (ou, selon les dates hébraïques, de 3980 AM à 4798 AM). C'est sur leur modèle que furent conçues les académies talmudiques ultérieures.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mies_talmudiques_en_terre_d%27Isra%C3%ABl:Les académies talmudiques (yeshivot) de la terre d'Israël étaient le centre de l'éducation juive et du développement de la Loi juive en terre d'Israël depuis l'ère du Second Temple jusqu'à 400 EC environ. Un centre persiste et se développe lors de la période des Gueonim, rivalisant avec les académiques talmudiques de Babylonie sans parvenir à leur niveau. Divers centres de faible importance subsistent ensuite, entretenus par les dons de la diaspora juive

    https://fr.wikipedia.org/wiki/PaRDeSPeshat ou Pshat (פְּשָׁט), littérale2 Remez (רֶמֶז), allégorique2 Drash (דְּרַשׁ), homilétique2 Sod (סוֹד), mystique2


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  • Carlo Rovelli par-delà le visible  Mon article 4: Cosmologie quantique, confirmations empiriques? la chaleur des trous noirs?

     

    J'écris mon blog pour partager ma soif de connaissances, mes réflexions et mes passions et mes lectures. Dans ces articles, je voudrais partager "ma lecture" du livre de Carlo Rovelli "par-delà le visible". Ecrire ce que je retiens de mes lectures me permet de réfléchir à la compréhension que j'en ai. je mets entre guillemets les passages qui me semblent importants ou qui me frappent. Et par dessus tout je fais des recherches sur internet pour compléter ma lecture avec le maximum de liens qui permettent d'approfondir la connaissance du sujet.   

     

    https://libreinfotv.com/2017/03/03/lenergie-libre-pourquoi-en-sommes-nous-rendu-la/

     

    Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

     

    Mon article 2: Le temps n'existe pas.

    Mon article 3: Au-delà de l'espace et du temps

    https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/cosmologie-hawking-multivers-buzz-fake-news-70583/?utm_content=futura&utm_medium=push&utm_source=wonderpush&utm_campaign=wonderpush: (Il se produit actuellement, et d'abord dans les médias anglo-saxons, un véritable buzz autour du dernier article scientifique de Stephen Hawking, présenté comme révolutionnaire et fournissant un moyen de tester l'existence d'univers parallèles. La communauté scientifique doit s'étrangler et estimer se retrouver parfois quasiment devant une fake news. Bien que brillant et fort intéressant, l'article en question est en effet à des années-lumière de ces affirmations)

    http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (La « théorie des boucles » est une théorie quantique pour le champ gravitationnel. Son objectif est de décrire les phénomènes gravitationnels quand leurs effets quantiques ne peuvent pas être négligés)

    http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n'existait pas par carlo rovelli)

     http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (Et si le temps n'existait pas?)

    http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

    http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l'échec de la théorie des cordes préface d'alain connes...Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière...)

    https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

    https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l'espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d'Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.

    http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php  [À la poursuite de l'espace-temps quantique. L'espace et le temps émergeraient de l'intrication quantique de minuscules bribes d'information : telle est l'audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit (https://arxiv.org/pdf/1306.0545.pdf). Clara Moskowitz]

    https://perimeterinstitute.ca/people/research-area/quantum-gravity (liste des chercheurs en gravité quantique)

    http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (La gravitation quantique à boucles)

    http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Gerardin.pdf  (Étude des contraintes de simplicité dans les modèles de mousses de spins)

    Site conçu dans le cadre des TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de Terminale S:

    http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm

    http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles)


    https://arxiv.org/abs/1801.01479 (les trous noirs comme condensats de gravité quantique)



    1) Préambule.

    Comme je l'ai dit dans Dans mon article 1, j'ai interrompu mes articles à propos du  livre de Lee Smolin "La renaissance du temps" au chapitre 14 Je vais d'abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli "par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique". Dans l'article 1), j'ai sauté directement à la troisième partie:  espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements et qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son "rien ne va plus en physique", nous abordons ici les mystères de la gravitation quantique dont l'ambition est de dépasser ces problèmes et limites par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l'unification. Dans l'article 2, nous avons vu que l'espace est un réseau de spins, dont les noeuds représentent les grains élémentaires, et les liens leurs relations de voisinage. L'espace-temps est créé à partir des processus où ces réseaux de spins se transforment les uns en les autres, et ces processus sont exprimés par des sommes de Mousses de spins, où une mousse représente un parcours idéal d'un réseau de spins, c'est à dire un espace-temps granulaire, où les sommets du réseau se combinent et se séparent. Ce pullulement microscopique de quanta à l'origine de l'espace et du temps obéit au calme apparent de la réalité macroscopique qui nous entoure. Chaque centimètre cube d'espace et chaque seconde de temps qui passe sont le résultat de cette mousse dansante de quanta minuscules.

     

    LISA consiste en une constellation de trois satellites en orbite héliocentrique formant un triangle équilatéral de 2,5 millions de kilomètres de côté dont les trois bras sont reliés par 6 faisceaux laser". L'ESA lancera ce détecteur d'ondes gravitationnelles en 2034  Il sera composé de trois satellites séparés de 2,5 millions de kilomètres et volant en formation en suivant la Terre sur son orbite, donc en tournant non autour de la Terre, mais autour du soleil, comme s'il s'agissait de rois petites planètes. Grâce à deux faisceaux lasers, les positions relatives des satellites pourront être mesurées à quelques millionièmes de millionièmes de mètre près. Une précision indispensable pour espérer détecter les infimes variations de la trame de l'espace induites par le passage d'une onde gravitationnelle.

    Dans les infimes ridules de l'espace autour de la Terre, les scientifiques devraient parvenir à trouver des traces d'événements advenus il y a environ 14 milliards d'années, à l'origine de notre Univers, et ainsi en obtenir la confirmation des déductions des hommes sur la nature de l'espace et du temps.

    Maintenant, dans cet article 4), poursuivons notre découverte des recherches de Carlo Rovelli "Par delà le visible" avec les derniers chapitres: la chaleur des trous noirs, la fin de l'infini (avec la gravitation quantique), réalité et information, le mystère (restera t-il du mystère?)

                     

    2) Rappelons ce que nous avons écrit dans le chapitre 3 de mon article 3: confirmations empiriques de la cosmologie quantique?

         2-1) Tout cela est encore en phase d'exploration, mais on dispose aujourd'hui d'équations pour tenter de décrire ces faits et commencer  à donner quelques coups d'oeil timides, encore seulement théoriques il est vrai, au-delà du big bang. L'application la théorie à la cosmologie pourrait contribuer à dire si la théorie est juste ou pas. La science fonctionne parce que, après des hypothèses et des raisonnements ou des intuitions ou des visions, les scientifiques peuvent savoir s'ils ont bien fait ou pas. La théorie fournit des prédictions sur ce que nous n'avons pas observé encore et dont nous pouvons vérifier l'exactitude. C'est une grande force, qui lui donne de la crédibilité et permet de se fief à elle. C'est cela qui distingue la science de toutes les autres formes de pensée où décider qui a tort et qui a raison est une question des plus épineuses et parfois même dépourvue de sens. C'est ce qui s'est passé avec ce petit curé belge, cet inconnu qui, contre l'avis d'Einstein soutien que l'Univers s'étend. L'un des deux a tort et l'autre a raison. Et la réputation, l'influence d'Einstein sur le monde scientifique n'ont pas suffi et son immense autorité ne comptent pas. Lemaître avait raison et la preuve par l'expérience a fait la différence et c'est là toute la force de la pensée scientifique. Mais cela ne signifie pas que la science se réduise à des prédictions mesurables comme le font certains philosophes des sciences qui la réduisent ses prévisions chiffrées. C'est confondre les outils avec l'objectif. En effet, les prévisions quantitatives vérifiables servent à examiner les hypothèses. Et l'objectif de la recherche scientifique n'est pas de faire des prévisions, mais de comprendre comment fonctionne le monde, d'élaborer et de développer une image du monde, une structure conceptuelle pour le penser. Le science n'est donc pas avant tout technique, elle est visionnaire. Et les prévisions vérifiables permettent de dire quand nous avons mal compris. Une théorie, pour faire ses preuves, doit avoir des confirmations fondées sur l'observation. Certes les preuves n'en finissent jamais, mais la théorie devient de plus en plus crédible à mesure que ses prédictions se révèlent exactes. C'est le cas de la relativité générale et de la mécanique quantique qui gagnent de plus en plus en crédibilité à mesure que toutes leurs prévisions se révèlent exactes y compris les plus inattendues et extravagantes, alors qu'au début laissaient beaucoup de personnes perplexes. 

    Mais, même si les preuves expérimentales sont importantes, cela ne signifie pas que sans elles et des données nouvelles, la science ne progresse pas. En effet, de quelles données nouvelles Copernic disposait-il? Les mêmes que Ptolémée. Et Newton, quelles données nouvelles avait-il? Pratiquement aucune, ses "ingrédients" étaient ceux les lois de Képler et les résultats de Galilée. Et Einstein non plus pour la relativité générale. Il est parti de la relativité restreinte et de la théorie de Newton. Alors qu'ont-ils fait? Ils ont bâti à partir de théories déjà existantes et qu synthétisaient la connaissance empirique dans les vastes champs de la nature connus à l'époque et ils ont trouvé la manière de les combiner et de les repenser mieux. 

    L'origine du savoir est toujours empirique certes, mais les données sur lesquelles on construit la gravité quantique par exemple, ne sont pas des expérimentations nouvelles, mais les constructions théoriques qui qui ont déjà structuré notre savoir sur le monde sous des formes qui commencent à être cohérentes. Les "données expérimentales" sont ici la relativité générale et la mécanique quantique à partir desquelles les théoriciens de la gravité quantique essayent de comprendre comment peut être fait un monde qui soit cohérent et dans lequel existeraient les quanta et où l'espace serait courbe, et donc de regarder vers l'inconnu. Carlo Rovelli, avec ces chercheurs, pense qu'ils ne peuvent pas ne pas essayer de se hisser sur les épaules des géants qui les ont précédés, Newton, Einstein, Dirac et les autres, en ne prétendant pas toutefois, avec humilité, avoir leur stature.

    Pour continuer sur les confirmations empiriques de la cosmologie quantique, il convient de distinguer les indices des preuves. Comme dans une enquête policière, les indices sont ce qui met le Sherlock Holmes de l'enquête scientifique sur la bonne piste pour résoudre l'affaire. Ils servent à mettre sur la voie de la bonne théorie. Les preuves, elles, sont ce dont a besoin le juge pour envoyer le coupable en prison. Elles sont ce qui confirme ou pas que la théorie trouvée est la bonne. Sans indices, on cherche dans la mauvaise direction. Sans preuves, on reste dans le doute. 

    Ceci vaut pour la gravité quantique où la théorie est dans son enfance. Elle se consolide peu à peu . Les idées de base se précisent, avec des indices bons et solides, mais il manque encore la confirmation des prévisions pour que la théorie fasse ses preuves.

         2-2) Des signaux de la nature. 

    public.planck.fr/ résultats 2018 Univers en température et polarisation

    Les signes qu'envoie la nature semblent encourageants selon C. Rovelli. 

    Dans mon article La renaissance du temps article 1) nous avons vu dans le chapitre 2) l'erreur cosmologique que Lee Smolin évoque l'échec des théories actuelles. Il montre sa désillusion dans son livre "rien ne va plus en physique" où il écrit: "nous pensions savoir comment répondre à cette question "Pourquoi ces lois?". De nombreux théoriciens ont cru qu'une unique théorie mathématique cohérente pourrait incorporer les 4 lois fondamentales de la nature [...]. Si tel avait été le cas, la réponse [...] aurait été qu'une seule loi de physique  serait capable de donner naissance à un monde grosso modo comme le nôtre". Mais cet espoir a été anéanti. Il semble qu'il n'y a pas de théorie unique, une théorie du tout qui incorpore tout ce que nous connaissons de la nature en réconciliant physique quantique et relativité générale. De grands progrès on été accomplis au cours des 30 dernières années et de nombreuses tentatives on été proposées, mais il s'avère que ce n'est jamais selon un scénario unique. Bernard Dugué nous explique à propos du livre de Lee Smolin qu'Il "est plutôt cocasse que son confrère Carlo Rovelli ait publié en 2008 un article au titre sans équivoque, Forget time, dans lequel il suggère que la meilleure stratégie pour comprendre la gravité quantique est de construire une image physique du cosmos dans laquelle la notion de temps ne joue aucun rôle".

     

     L'alternative la plus étudiée à cette crise de la physique est, dit C. Rovelli, la théorie des cordes. Mais sera-telle la clé? La plupart des physiciens qui travaillent sur la théorie des cordes s'attendaient qu'avec la mise en marche du nouveau LHC mis en service en 2008 et amélioré en 2015, on verrait aussitôt des particules de la nouvelle espèce prévues par la théorie des cordes et jusque là jamais observées: les particules supersymétriques. En 1967, Sidney Coleman et Jeffrey Mandula publient un article où ils démontrent que le groupe de Poincaré est le groupe de symétrie le plus général de la matrice S. Or, lmodèle standard de la physique des particules avait été presque entièrement construit grâce aux concepts de symétrie et d'invariance. Les opérateurs de symétrie sont définis à travers leurs relations de commutation, ceux-ci forment une algèbre de LieC'est le dernier point qui va permettre de contourner le théorème no-go afin d'introduire la supersymétrie, dans une super-algèbre de Lie. La supersymétrie élargit le modèle standard en ajoutant des classes de symétries supplémentaires au lagrangien. Ces symétries échangent des particules fermioniques et bosoniques. Ce genre de symétrie prédit l'existence de particules supersymétriques, les sparticules, comprenant les sleptons (en), les squarks, les neutralinos et les charginos. Chaque particule du Modèle standard est supposée avoir un superpartenaire dont le spin diffère d'1/2 de celui de la particule ordinaire. Du fait de la brisure de supersymétrie, les sparticules sont beaucoup plus lourdes que leurs contreparties ordinaires. Elles sont si lourdes que les accélérateurs de particules existants ne disposent pas d'une puissance suffisante pour les produire.

    La théorie des cordes a besoin des particules supersymétriques pour être consistante (En logique mathématique, la cohérence ou consistance est la propriété d'une théorie exempte de contradiction). C'est pourquoi les cordistes s'attendaient à trouver les particules supersymétriques avec le LHC. En revanche, la théorie de la gravité quantique à boucles est bien définie sans avoir besoin de ce type de particules. Les bouclistes s'attendaient plutôt que ces particules n'existent pasMême avec le LHC les particules supersymétriques ne se sont pas manifestées, ce qui en déçu beaucoup. Et même "le grand tapage" qui a suivi la révélation de la particule de Higgs en 2013 (avec l'attribution du prix Nobel de physique à François Englert et Peter Higgs) a servi masquer cette déception. 

    C'est le premier signal de la nature qu'évoque C. Rovelli dans le titre de ce chapitre. Le second est représenté par les mesures du satellite Planck dont les premiers résultats ont été publiées en 2013 et les résultats les plus récents en 2018. Le point commun entre ces deux résultats est l'absence de surprise. La découverte du boson de Higgs est la vérification de la prévision d'une particule élémentaire dont l'existence, postulée indépendamment en 1964 par Robert Brout, François Englert, Peter Higgs, Carl Richard Hagen, Gerald Guralnik et Thomas Kibble, permet d'expliquer la brisure de l'interaction unifiée. Les mesures de Planck, elles, sont une solide confirmation du modèle cosmologique standard fondé sur la relativité générale avec la constante cosmologique. Ces deux résultats et cette absence de surprise a été surprenante, car beaucoup s'attendaient à des surprises, à la supersymétrie et non au boson de Higgs ou à la mesure d'écarts par rapport au modèle standard par Planck, écarts qui soutiendraient l'un au l'autre des théories alternatives à la relativité générale. En 2015, on a assisté à un nouveau coup dur pour la supersymétrie  car aucun signe de supersymétrie n'a pour l'instant été aperçu au LHC et les résultats obtenus sont «tout à fait compatibles avec le Modèle Standard et suppriment la nécessité d'une théorie alternative».

    Ainsi la réponse de la nature est simple: la relativité générale, la mécanique quantique et son modèle standard! Mais beaucoup de physiciens cherchent des théories nouvelles en émettant des hypothèses hasardeuses et arbitraires. C'est dans les traces, les indices dont nous disposons, que sont les théories qui ont du succès et dans les données expérimentales que selon C. Rovelli, nous devons essayer de débusquer ce que que nous n'avons pas encore su imaginer. C'est ainsi qu'ont procédé les géants qui nous ont précédé, Copernic, Newton, Maxwell, Einstein et les autres; ils n'ont pas "essayé d'imaginer" une nouvelle théorie comme le font tant de physiciens aujourd'hui. La répons de la nature semble être: "cessez de rêver à de nouveaux champs et à des particules bizarres, à des dimensions supplémentaires, d'autres symétries, des univers parallèles ou à des cordes"! Les données du problèmes sont donc dans la relativité générale, la mécanique quantique et son modèle standard, qu'il s'agit de combiner correctement. Cela conforte les théoriciens de gravité quantique à boucle dont Carlo Rovelli justement. En effet, ce sont les hypothèses de cette théorie. Elle a des conséquences conceptuelles radicales, qui ne sont pas des hypothèses, mais les conséquence du choix de prendre les théories au sérieux et d'en tirer les conséquences (quanta d'espace, disparition du temps). Cependant, ces preuves ne sont pas définitives et des particules supersymétriques par exemple peuvent exister à une échelle non encore atteinte. Elles pourraient exister aussi même si la théorie des boucles est exacte. Il faudra obtenir des confirmations plus solides à la théorie et chercher ailleurs. L'Univers primordial pourrait ouvrir d'autres fenêtres où les prédictions pourraient être confirmées dans un avenir pas trop éloigné... ou bien contredites

     

     

     

     

     

         2-3) Une fenêtre sur la gravité quantique. 

     

    fig 1: public.planck.fr/resultats/249-planck-revele-l-invisible

    fig2) journals.aps.org/prl/abstract/10.1103/PhysRevLett.109.251301

    Prévision possible sur le spectre du rayonnement de fond de la gravité quantique à boucles (ligne continue), confrontée à l'erreur expérimentale actuelle (points).


    En disposant des équations décrivant le passage de l'Univers par la phase quantique initiale, on pourrait calculer ses effets sur l'Univers observable aujourd'hui. Il conserve des traces des faits initiaux. Il est rempli du rayonnement cosmique de fond, un océan de photons remplissant le cosmos, lueur résiduelle de la grande fournaise initiale (voir fig 1 ci-dessus). Les détails des fluctuations infimes et la structure nous racontent l'histoire de l'Univers et dans les plis de ces détails, pourrait se trouver la trace de son début quantique. La recherche en gravité quantique à boucles étudie actuellement activement dans quelle mesure la dynamique quantique de l'Univers primordial se reflète dans ces données. 

    Dans les articles1209.1609 de 2012 et l'article 1302.0254 de 2013Ivan Agullo , Abhay Ashtekar et William Nelson ont calculé que, à certaines conditions, la distribution statique des fluctuations de ce fond devait se ressentir du sursaut initial de l'Univers (https://arxiv.org/pdf/1209.1609.pdf et https://arxiv.org/pdf/1302.0254.pdf)

    Les fluctuations à grand angle devraient être plus importantes que celles prévues par la théorie, qui ne tient pas compte des quanta: voir la fig 2 ci-dessus où la ligne rouge est la prévision d'Ashtekar, Agullo et Nelson et les points bleus sont les données expérimentales. Comme on le voit, elles ne sont pas suffisantes pour dire si la courbe qui se situerait au-dessus de la ligne rouge (ce que prévoient les 3  auteurs), est la bonne ou pas. On se rapproche de la possibilité de tester la théorie, mais on n'y est pas encore. Et plus encore, il n'est pas certain que les hypothèses particulières du calcul soient justes. La situation est donc incertaine, mais avec l'affinement continuel de nos capacités d'observation, de mesure et de calcul, il faut guetter, dit C. Rovelli le moment où la nature nous dira si nous avions raison ou pas.

    Un autre aspect des traces de l'immense chaleur qui régnait dans l'Univers primordial doit se trouver dans le champ gravitationnel. Il doit exister un rayonnement de fond gravitationnel. Ce dernier doit plus plus ancien que l'autre (le fond cosmologique), car les ondes gravitationnelles (un subtil murmure de l'espace-temps qui hurle) moins perturbées par la matière que les ondes électromagnétiques, ont pu voyager sans encombre alors que l'Univers était trop dense pour laisser passer les ondes électromagnétiques. Les ondes gravitationnelles, prédites par les équations d'Einstein ont été détectées pour la première fois le 14 aôut 2017 sur la fusion (coalescence) de deux trous noirs par le détecteur Virgo (Europe). En 09/2017, la région de l'espace d'où provenaient les ondes gravitationnelles a pu être cernée par VIRGO et LIGO (USA). Depuis, d'autres fusion de trous noirs ont pu être détectées dont la cinquième en novembre 2017. Cette fusion de trous noirs semble devenir commune, mais il convient de rappeler que l’observation des ondes gravitationnelles, "ces ondulations dans la toile de l’espace-temps engendrées par de massifs événements cataclysmiques dans un passé très lointain est l’une des découvertes scientifiques les plus importantes de notre siècle." LIGO et Virgo sont deux installations qui reflètent les faisceaux laser sur deux tunnels de 4 km. En mesurant la lumière à mesure qu’elle en sort, les scientifiques peuvent détecter les distorsions physiques aussi petites que la fraction d’un proton (voir les principes et  les caractéristiques sur ce site.

    Après l'observation des ondes gravitationnelles sur terre grâce aux interféromètres, la suite de l'aventure aura lieu à partir du ciel avec le satellite LISA Pathfinder, lancé le 3 décembre 2015Sa mission scientifique avait commencé en mars 2016 pour une durée de 16 mois, elle est donc arrivée à son terme en mi-2018. La mission LISA (Laser Interferometer Space Antenna) va pouvoir maintenant mise en oeuvre. "C'est une future mission spatiale de l'Agence spatiale européenne (ESA) dont l'objectif est de détecter des ondes gravitationnelles de basse fréquence depuis l'espace. Il s'agira du premier observatoire spatial d'ondes gravitationnelles, les observatoires actuels, notamment LIGO et Virgo, étant terrestres. LISA consiste en une constellation de trois satellites en orbite héliocentrique formant un triangle équilatéral de 2,5 millions de kilomètres de côté dont les trois bras sont reliés par 6 faisceaux laser". L'ESA lancera ce détecteur d'ondes gravitationnelles en 2034  Il sera composé de trois satellites séparés de 2,5 millions de kilomètres et volant en formation en suivant la Terre sur son orbite, donc en tournant non autour de la Terre, mais autour du soleil, comme s'il s'agissait de rois petites planètes. Grâce à deux faisceaux lasers, les positions relatives des satellites pourront être mesurées à quelques millionièmes de millionièmes de mètre près. Une précision indispensable pour espérer détecter les infimes variations de la trame de l'espace induites par le passage d'une onde gravitationnelle. 

    Dans les infimes ridules de l'espace autour de la Terre, les scientifiques devraient parvenir à trouver des traces d'événements advenus il y a environ 14 milliards d'années, à l'origine de notre Univers, et ainsi en obtenir la confirmation de nos déductions sur la nature de l'espace et du temps.

    liens: 

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00351584/document:: Brisure de symétries en théorie des supercordes : applications en cosmologie et en physique des particules Tristan Catelin-Jullien

    https://documentcloud.adobe.com/link/track?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3A030c4e55-e440-4a02-9907-050403f94546:: Un théorème no-go pour les théories supersymétriques pleinement uniées brisées par un vide métastable Mémoire

     

    3) La chaleur des trous noirs.

         3-1) Les trous noirs vus classiquement (mécanique classique, relativité générale).

     

     

    fig 3 https://trustmyscience.com/echo-destruction-etoile-par-un-trou-noir/

    Les trous noirs sont des "objets célestes si compacts que l'intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper2. De tels objets ne peuvent ni émettre, ni diffuser la lumière et sont donc noirs, ce qui en astronomie revient à dire qu'ils sont invisibles". L'espace y est tellement courbe qu'il s'effondre sur lui-même et le temps y ralentit jusqu'à s'arrêter.

    Les différentes sortes de trous noirs: Lorsqu’ils se forment à la suite de l’effondrement gravitationnel d’une étoile massive, on parle de trou noir stellaire, dont la masse équivaut à quelques masses solaires. Ceux qui se trouvent au centre des galaxies possèdent une masse bien plus importante pouvant atteindre plusieurs milliards de fois celle du Soleil ; on parle alors de trou noir supermassif (ou trou noir galactique). Entre ces deux échelles de masse, il existerait des trous noirs intermédiaires avec une masse de quelques milliers de masses solaires. Des trous noirs de masse bien plus faible, formés au début de l’histoire de l’Univers, peu après le Big Bang, sont aussi envisagés et sont appelés trous noirs primordiaux. Leur existence n’est, à l’heure actuelle, pas confirmée".
    Il y a quatre types théoriques de trous noirs en fonction du moment cinétique (J) et de la charge électrique (Q). La masse (M) est toujours strictement positive. 1): Schwarzschild (M > 0 J =0 Q=0)   3) Kerr (M > 0 J   0 Q = 0)  2): Reissner-Nordström (M > 0 J = 0 Q ≠ 0) 4) Kerr-Newman (M > 0 J ≠ 0 Q ≠ 0)

    1) Karl Schwarzschild qui, le premier, a mis en évidence ces objets comme solutions des équations de la relativité générale (les équations d’Einstein), en 1916.

    2) Ces trous noirs ne présentent pas d’intérêt astrophysique notable, car aucun processus connu ne permet de fabriquer un objet compact conservant durablement une charge électrique significative
    3) Les trous noirs de Kerr présentent un intérêt astrophysique considérable, ceux-ci ont tendance à absorber la matière environnante par l’intermédiaire d’un disque d’accrétion dans lequel la matière tombe en spiralant toujours dans le même sens dans le trou noir. Ainsi, la matière communique du moment cinétique au trou noir qui l’engloutit. Les trous noirs de Kerr sont donc les seuls que l’on s’attend réellement à rencontrer en astronomie).

    4) de la même manière que (2), ne présente que peu d’intérêt astrophysique étant donnée sa très faible probabilité.

    Le centre exact de notre Galaxie, la Voie Lactée, constitue encore une énigme totale selon le site irfu.cea.fr. La présence d'un trou noir hyper-massif, de plus de deux millions de fois la , masse du Soleil, est fortement suggérée par l'existence d'une source d'onde radio compacte et d'une forte concentration de matière modifiant le mouvement des étoiles (en 2014, date de la parution du livre de C. Rovelli, celui-ci donne le chiffre de 1 million de masses solaires). En théorie, de nombreux "petits" trous noirs entoureraient le gigantesque trou noir supermassif. Cette hypothèse uniquement théorique n'avait jusqu'à présent jamais pu être vérifiée. Mais une observation réalisée par les équipes de l'Université Columbia aux États-Unis vient juste de la confirmer le 4 avril 2018. 

    Un très beau projet vient d'être lancé, dont on espère des résultats dans les prochaines années: l'Event Horizon Telescope. C'est un "vaste réseau de télescopes constitué d’un réseau mondial de radiotélescopes et combinant les données de plusieurs stations d’ interférométrie à très longue distance (VLBI) autour de la Terre. Le but est d'observer l'environnement immédiat du trou noir supermassif  Sagittarius A * au centre de la Voie Lactée , ainsi que du trou noir encore plus grand de la galaxie elliptique supergéante Messier 87 , avec une résolution angulaire comparable à l' horizon des événements du trou noir. ..[1] [2] [3][4] [5]".  Depuis sa première saisie de données en 2006, la centrale EHT a été amenée à ajouter de nouveaux observatoires à son réseau mondial de radiotélescopes. La date de publication de l'image n'a pas encore été annoncée. L'image testera également Albert Einstein et la théorie générale de la relativité à l'extrême.

     

    Quelques autres explications sur les trous noirs

     Au début de ce chapitre, nous avons vu que l'intensité de son champ gravitationnel est si forte qu'elle empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. Ce qui rentre dans le trou noir n'en ressort plus, pas même la lumière. Sa surface est comme un présent qui s'est renfermé dans une sphère, au-delà il y a un futur, mais du futur on ne revient pas en arrière. Pour comprendre, il faut parler de la vitesse de libérationC'est, en physique, la vitesse minimale que doit atteindre un projectile au périgée de sa trajectoire pour échapper définitivement à l'attraction gravitationnelle d'un astre (planèteétoile, etc.), s'en arracher et s'en éloigner indéfiniment (à l'infini, le champ d'attraction est nul). Cette vitesse est d'autant plus importante que la masse de l'astre est importante et que l'objet est proche de son centre. Pour un objet lancé depuis la surface de la Terre, la vitesse de libération lui permettant d'échapper à l'attraction terrestre est de 11,2 km/s. Par comparaison la vitesse de satellisation minimale autour de la Terre est de 7,9 km/s. Les vitesses de libération depuis la surface du Soleil, de la Lune et de Mars sont respectivement de 617,5 km/s, 2,4 km/s et 5 km/s. Une fois qu'un objet a échappé à l'attraction terrestre, il reste, comme la Terre, soumis à l'attraction du Soleil. La vitesse de libération lui permettant d'échapper à cette attraction est de 42,1 km/s. Eh bien, pour un trou noir, cette vitesse de libération est supérieure à la vitesse de la lumière qui est de « seulement » 300 000 km/s. Or on sait depuis Einstein (et d'autres) que rien ne peut aller plus vite que la lumière, il serait donc impossible d'atteindre une vitesse suffisante pour se libérer d'une telle planète. Vitesse de libération: (1) {\displaystyle v_{l}={\sqrt {2GM \over R+d}}}. (A la surface de la planète, où d=0; elle vaut {\displaystyle v_{l}={\sqrt {\frac {2GM}{R_{i}}}}}

    La vitesse de libération augmente, comme on le voit dans la formule (1), avec la masse de la planète ou de l'étoile considérée et la proximité au centre. D'où l'idée d'imaginer un astre de très grande masse condensée dans un si petit rayon que la vitesse de libération serait égale, voire même supérieure à la vitesse de la lumière. Ainsi, rien de ce qui se trouve à la surface de l'astre ne pourrait s'en échapper, car rien ne peut aller plus vite que la lumière et même la lumière ne pourrait quitter l'astre. Ici, on aurait v= c et R = 2GM/c².Ce rayon dans lequel serait concentré la masse M est appelé rayon de Schwarzschild. Un trou noir pourrait alors alors défini par un astre condensé dans un rayon inférieur ou égal au rayon de Schwarzschild. Par exemple, si on condensait le soleil dans un rayon de 2,96 km, on obtiendrait un trou noir (son rayon réel est de 696 342 km).
    Horizon du trou noir: (wikipedia:) "Une fusée pourrait se tenir à une certaine distance de cette sphère horizon. C'est une hypersurface du genre lumière1, qui représente la limite de l'extension spatiale du trou noir, définissant ce qui peut être considéré comme étant sa taille. Mais, pour cela, 
    la fusée devrait maintenir ses moteurs à un très haut régime pour résister à l'attraction gravitationnelle. Si quelqu'un était à l'intérieur de la fusée, le temps ralentirait" considérablement pour lui.comme on peut le voir sur le site astronomes.com, je cite, : "Au fur et à mesure qu’il va s’approcher de celui-ci, vous verrez sa montre tourner de plus en plus lentement. Le déplacement de l’aiguille correspondant à une seconde prendra de plus en plus de temps, une minute, une heure, un jour, un mois… Au moment où il atteindra le rayon de Schwarzschild, ce mouvement prendra un temps infini. L’image de votre ami restera figée pour l’éternité. Pour votre ami par contre la situation sera inversée. Quand il lira l’heure sur sa montre, il ne remarquera rien de spécial. Mais en regardant la vôtre il sera surpris. Il verra tourner l’aiguille de plus en plus rapidement, un tour sera accompli en une seconde, une milliseconde, une microseconde… Il observera bientôt la vie des étoiles se dérouler en une fraction de seconde, puis, en atteignant finalement le rayon de Schwarzschild, il pourra observer toute l’histoire future de l’Univers." Cela correspond au paradoxe des jumeaux en relativité restreinte. Ainsi, voyager dans le passé est difficile, amis voyager dans le futur est (en principe) facile. Il suffit de s'approcher d'un trou noir et de rester dans son voisinage avant de s'en éloigner. Sur l'horizon même, le temps s'arrête. Si nous nous en approchons puis nous en éloignons après quelques mn (de nos minutes), des millions d'années peuvent s'être écoulées dans le reste de l'univers.

    liens: 

    https://arxiv.org/pdf/1810.04103.pdf:: Shadow and Deflection Angle of Rotating Black Holes in Perfect Fluid Dark Matter with a Cosmological Constant 
    http://trounoir.pagesperso-orange.fr/vitesse_de_liberation.html:: Les trous noirs https://sciencetonnante.wordpress.com/2013/06/24/que-se-passe-t-il-quand-on-tombe-dans-un-trou-noir-ou-le-probleme-du-firewall/ :: Que se passe-t-il quand on tombe dans un trou noir ? (ou le problème du firewall)

     https://www.drgoulu.com/tag/trou-noir/#.W8N2MWgzaWs:: Les trous noir du Dr Goulu 
    https://sciencetonnante.wordpress.com/2013/06/24/que-se-passe-t-il-quand-on-tombe-dans-un-trou-noir-ou-le-probleme-du-firewall/: Que se passe-t-il quand on tombe dans un trou noir ? (ou le problème du firewall


         3-2) Les trous noirs et la physique quantique.

     

    Figure 3 – L’horizon d’un trou noir, traversé par les liens du réseau de spin qui détermine sa géométrie .https://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf

    Jusqu'à présent, nous avons vu les trous noirs sous l'aspect classique même si les descriptions de la relativité générale sont assez déconcertantes. Jusque dans les années 1970, le trou noir fut simplement considéré comme un corps suffisamment dense pour empêcher toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper, d’où son nom. La relativité générale d'Einstein le décrivait assez bien et on n'avait pas besoin de la mécanique quantique pour les comprendre. Mais il y a deux aspects mystérieux des propriétés de ces trous noirs  qui réclament qu'on tienne compte de la mécanique quantique et pour chacun d'eux, la théorie des boucles donne une solution. 

    Une première application de la gravitation quantique à boucles à la physique des trous noirs concerne l'effondrement d'une étoile sous l'effet de son propre poids. L'étoile disparaît aux regards extérieurs parce qu'elle est à l'intérieur de son trou noir. Au début, on n'y verrait rien de particulier. On traverserait sa surface sans dommages, surtout s'il est assez grand. Mais en suite...? La relativité générale prévoit que tout se concentre en un seul point infiniment petit pour arriver, comme dans le big bang à une concentration infinie. Mais elle oublie une force répulsive qui fait rebondir l'Univers au moment du big bang. La gravité quantique à boucles nous dit que nous devons nous attendre à ce qu'en se rapprochant du centre, la matière qui tombe soit ralentie par cette force et qu'elle atteigne une très haute densité, mais non infinie et qu'elle se concentre, mais pas en un point infiniment petit. Il y a une limite à la petitesse. Dans futura-sciences.com, Aurélien Barrau explique: "quand la densité atteindrait une valeur proche de la densité de Planck, la matière « rebondirait » et le trou noir deviendrait un trou blanc. Ainsi, la singularité centrale serait évitée grâce aux effets quantiques qui se cumuleraient et pourraient avoir une influence même à l'extérieur de l'horizon. Pour autant dans l'immense majorité de l'espace, la solution serait toujours celle des équations   d'Einstein". C'est là la première application des boucles à la théorie des trous noirs. Dans la fig. 3 de l'article "de la gravitation quantique à boucles" (voir fig 3 ci-dessus), on peut voir "la surface d'un trou noir traversée par les boucles, c'est à dire par les lignes de forces du réseau de spins qui déterminent l'état du champ gravitationnel. Chaque boucle qui entre détermine l'existence d'un quantum individuel d'aire sur la surface du trou noir"  (John Baez).

    La deuxième application des boucles concerne une découverte de Stephen Hawking  au début des années 1970: les trous noirs sont chauds. C'est à dire, ils se comportent comme des corps chauds.  Il a théorisé en 1975 que les trous noirs sont "chauds", c'est à dire qu'ils se comportent comme des corps chauds: ayant une certaine température. Ils émettent de la chaleur. Ils peuvent émettre des radiations, un phénomène appelé "rayonnement de Hawking" ou "radiations de Hawking"

    fig 4 Fluctuation du vide quantique et radiation de Hawking:  https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/astronomie-rayonnement-hawking-4889/


    Avec le site futura-science.com nous pouvons comprendre l'explication dans la physique quantique (voir fig 4 ci-dessus): "Les fluctuations quantiques du vide impliquées par les inégalités de Heisenberg créent des paires de particule-antiparticule virtuelles qui ne « vivent » que très peu de temps avant de s'annihiler mutuellement, sans quoi elles violeraient le principe de conservation de l'énergie" [...]Tout près de l'horizon d'un trou noir, juste son extérieur, les paires de particules peuvent être séparées par des forces de marée qui fournissent de l'énergie et rendent ces particules réelles, autant que celles qui nous entourent. Lorsque l'une d'elles passe l'horizon, pour un observateur extérieur, elle se comporte comme une particule d'énergie négative, tandis que l'autre a une énergie positive. Le même observateur extérieur voit donc de l'énergie émise par le trou noir sous forme de particules (de matière ou d'antimatière), lequel absorbe en permanence un flux d'énergie négative, ce qui, d'après la célébrissime formule E=mc2, correspond à une perte de masse. Le trou noir s'évapore avec une température de rayonnement inversement proportionnelle à sa masse, ce qui fait que l'évaporation est d'autant plus rapide que le trou noir est petit.

    Mais remarque Vincent Verschoore, je cite, "qui dit rayonnement dit perte d’énergie et il devenait alors possible que les trous noirs s’évaporent avec le temps. Mais là se cache  un grave problème associé à la notion d’information qui, selon tout ce que nous pensons savoir aujourd’hui de la nature quantique de l’Univers, ne se perd pas. Dans le modèle pré-Hawking, l’information (sous forme de rayonnement ou de quoi que ce soit) qui arrivait à l’horizon du trou noir s’y retrouvait enfermée pour l’éternité, mais n’était pas perdue pour autant : elle existait toujours sous une forme ou sous une autre à l’intérieur du trou noir. Mais s’il y a évaporation, cela signifie que l’information finira par disparaître avec la disparition du trou noir. Or, l’un des piliers de la physique quantique est que l’information ne disparaît pas. Paradoxe". L'existence du rayonnement Hawking pose donc un redoutable problème connu sous le non de paradoxe de l’information qui n'est pas encore résolu.

     

    Les chercheurs tentent depuis toujours de trouver une réponse à ce paradoxe comme le présente leplus.nouvelobs.com (je cite): "On a pensé que l’information se condensait au fur et à mesure de l’évaporation, mais en ce cas, des mini-trous noirs devraient se créer très facilement un peu n’importe où, ce qui n’est visiblement pas le cas. On a pensé à des manières qu’aurait trouvé la matière (porteuse d’information) pour s’échapper malgré tout d’un trou noir, mais sans succès. Sauf à reconsidérer la nature de la radiation de Hawking, qui peut-être n’était pas si parfaitement aléatoire (donc, dénuée d’information) que cela. Cette approche fut particulièrement développée en 1997 par Juan Maldacena qui utilisa la théorie des cordes pour montrer que, dans un cadre bien précis au moins, les principes de la physique quantique s’appliquent également à la surface d’un trou noir et donc, l’information ne se perd pas. Cette démonstration semble si puissante que Hawking lui-même, qui avait parié quelques année plus tôt avec le physicien John Preskill que l’information devait disparaître, s’admit vaincu et offrit en 2004 une encyclopédie de baseball à Preskill (qui la compara à un trou noir: lourde et difficile à comprendre). Mais le paradoxe n'en fut pas résolu pour autant car si l’information est conservée et donc capable de s’échapper du trou noir, il y a un coût associé, ce qui pose lui-même problème. Pour aller un peu plus loin, il faut revenir sur le principe fondamental d’intrication quantique. On sait que l'état intriqué existe à partir du moment où deux particules ou systèmes ont une origine commune. C'est bien le cas pour les deux particules virtuelles séparées par l'horizon du trou noir dans le cas du rayonnement de Hawking. Imaginons les deux particules intriquées, l'une à l'extérieur du trou noir, l'autre à l'intérieur. Que se passe-t-il ? Selon les postulats généralement acceptés, il se passe trois choses :

    -1 l’intrication entre les deux particules est maintenue (postulat de la conservation de l’information),

    -2 La première particule ne peut pas recopier toute l’information relative à la seconde avant qu’elle ne disparaisse (principe de l’impossibilité du clonage quantique),
    -3 et elle tombe "normalement" vers le trou noir (principe d’équivalence, relativiste) abordé dans  Principe d’équivalence ou schizophrénie de masse?).
    Mais, Hawking a démontré que si l’information est effectivement conservée et donc, l’intrication maintenue, les particules sous l’horizon du trou noir grimpent vers des niveaux énergétiques très élevés dès que de l’information est transférée vers leur partenaire extérieur. Donc selon ce modèle, le trou noir est entouré sous son horizon d’un cercle de feu (firewall) infranchissable avec une température de 10EXP32 kelvin, carbonisant toute matière s’y aventurant! C
    ette idée de "barbecue cosmique" dérange la communauté des physiciens, et pourtant il n’y a pas de solution évidente : soit on accepte la perte de l’information et on remet en cause la physique quantique, soit on reconnaît que l’information ne disparaît pas mais on accepte le "barbecue". Ce problème amena un groupe de chercheurs (Ahmed AlmheiriDonald MarolfJoseph PolchinskiJames Sully), après avoir tenté sans succès de se débarrasser du "barbecue", à revoir les postulats initiaux et ils publièrent https://arxiv.org/abs/1207.3123un "papier" démontrant que les trois postulats ci-dessus (-1, -2 et -3) ne peuvent être vrais en même temps (en .pdf, il  donne:   https://arxiv.org/pdf/1207.3123.pdf).  Mais est-ce si surprenant? Cela ne fait que reposer la question du problème de l’incompatibilité entre le modèle quantique et le modèle relativiste. En effet le principe d’équivalence est issu du modèle relativiste d’Einstein et les deux premiers postulats du modèle quantique.  Et l’on sait que ces deux modèles ne se pas compatibles sur la question de la gravité – élément central du phénomène du trou noir. Si la relativité est correcte, il ne peut pas y avoir de "barbecue" (l’horizon du trou noir est constitué d’espace-temps normal), et donc la radiation de Hawking ne contient pas d’information et l’information est alors  perdue. Donc il faut revoir la physique quantique. À l’inverse, si l’horizon du trou noir représente une frontière physique (un barbecue ou autre chose permettant de maintenir les fondements quantiques), il faut revoir la relativité.Ce paradoxe oblige de nombreux chercheurs à reconsidérer un certain nombre d’hypothèses.Léonard Susskind , par exemple, se demande si la singularité supposée située au coeur du trou noir ne migrerait pas vers son horizon, affectant ainsi dramatiquement toute matière y pénétrant: voir https://arxiv.org/abs/1208.3445 (soit en .pdf: https://arxiv.org/pdf/1208.3445.pdf). Dans une autre version, l’espace-temps se terminerait à l’horizon du trou noir, et rien n’existerait à l’intérieur ou encore, le principe que rien ne peut aller plus vite que la lumière n’est pas universel (ce qui permettrait une communication entre l’intérieur et l’extérieur du trou noir via l’horizon) ou bien que l’on a tout faux, que la gravité n’existe pas et qu’il faut trouver autre chose.


    liens:
     https://sciencetonnante.wordpress.com/2013/06/24/que-se-passe-t-il-quand-on-tombe-dans-un-trou-noir-ou-le-probleme-du-firewall/::  Que se passe-t-il quand on tombe dans un trou noir ? (ou le problème du firewall)

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/815677-trous-noirs-physique-quantique-ou-relativite-qui-a-raison.htmlTrous noirs: physique quantique ou relativité. Qui a raison ?

    http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm: Astrosurf.com, la gravitation quantique à boucles 

    http://www.astrosurf.com/luxorion/hawking-hommage5.htm: L'univers de hawking, les lois qui régissent l'univers, les radiations de hawking

    https://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf: Carlo Rovelli de la gravitation quantique à boucles 

     

    https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/qu-est-ce-que-le-rayonnement-de-stephen-hawking_122036: qu'est-ce que la radiation de Hawking?

    https://zerhubarbeblog.net/2017/01/15/gravite-entropique-contre-matiere-noire/Gravité entropique contre matière noire, l'approche holographique.

    http://www.planetastronomy.com/special/2016-special/11mai/Perez- SAF.htmCONFÉRENCE MENSUELLE DE LA SAF «LES TROUS NOIRS ET LA GRAVITATION QUANTIQUE À BOUCLES»  Par Alejandro PEREZ  (voir :À cette occasion il est indispensable de lire la page web de Rumiano (lien suivant) sur ce sujet. 

    http://nrumiano.free.fr/Fetoiles/tn_thermo.htmlThermodynamique et entropie du trou noir (En 1972, Stephen Hawking montre que la surface délimitée par l'horizon d'un trou noir ne peut pas décroître. Jacob Bekenstein fait alors l'analogie entre cette surface du trou noir qui ne peut que croître et l'entropie : si la surface représente une mesure de l'entropie du trou noir, alors le second principe est sauvegardé. Oui, mais surgit encore un nouveau problème : si le trou noir possède une entropie, alors il possède également une température. Et tout corps qui possède une température est capable de rayonner de l'énergie selon un spectre correspondant à cette température. Seulement, dans sa définition classique, rien ne peut sortir d'un trou noir. C’est là que les fluctuations quantiques du vide interviennent).

     

    4) Epilogue et conclusion. 

    Point sur l'évaporation des trous noirs, l'évaporation de Hawking et le  paradoxe de l’information.

    Dans un article de pourlascience.fr le 19/02/2014, l'horizon des trous noirs remis en cause ?, je cite, "le physicien SW Hawking, de l’Université de Cambridge, a créé l'émoi dans la communauté des spécialistes en proposant, dans le papier "Conservation des informations et prévisions météorologiques pour les trous noirsde revoir radicalement la description des trous noirs, en abandonnant une de leurs caractéristiques principales, l'horizon des événements – du moins tel qu'il est défini actuellement. Il apporte un nouvel élément au  paradoxe de l’information et à ce débat sur la nature des trous noirs, au confluent de la relativité générale, de la mécanique quantique et de la thermodynamique, qui court depuis les années 1970.

    Rappels: Le rayonnement Hawking n’est pas en contradiction avec la relativité générale. Mais il soulève comme nous l'avons vu précédemment, la question épineuse de la conservation de l’information. Le principe dit d’unitarité, en mécanique quantique, impose que l’information doit être conservée. En effet, l’équation de Schrödinger, qui décrit l’évolution d’un système isolé, est déterministe et réversible, c'est-à-dire qu’il est toujours possible de reconstruire les états antérieurs d'un système si l'on connaît son état à un instant donné. Or le rayonnement de Hawking émis par le trou noir est parfaitement aléatoire, si bien qu'il est impossible d'en tirer des informations sur ce qui est tombé précédemment dans le trou noir (derrière l'horizon des événements). L'information semble perdue de façon irrémédiable, ce qui va à l'encontre du principe d'unitarité. Certains physiciens n'ont pas accepté cette situation, mais elle est restée sans solution jusqu'en 1997 lorsque Juan Maldacena, de l’Université Harvard, a utilisé  le principe holographique qui est une conjecture spéculative dans le cadre de la théorie de la gravité quantique, proposée par Gerard 't Hooft en 1993 puis améliorée par Leonard Susskinden 1995Selon ce principe, toute l'information qui décrit une région tridimensionnelle de l’espace est contenue dans la surface bidimensionnelle qui l'entoure, de la même façon qu'un hologramme permet de reconstruire une image 3D à partir d’informations contenues sur un support 2D. Le modèle de Maldacena établit une équivalence entre un univers à trois dimensions gouverné par la gravitation (qui peut donc contenir des trous noirs) et un univers en deux dimensions dépourvu de gravitation, qui enveloppe l’espace en trois dimensions. Si la description d'un trou noir peut se faire dans l'espace à deux dimensions cela élimine le problème de la conservation de l'énergie car dans un espace à deux dimensions, il n'y a pas de trous noirs et puisque l’information est préservée dans l’univers 2D, elle l’est nécessairement dans l’univers 3D. En 2004, comme on l'a vu précédemment au chapitre 3-2, S. Hawking admettait qu’il avait eu tort de parier sur la perte de l'information dans les trous noirs. Mais une question subsistait… comment l’information est-elle concrètement préservée dans l’Univers en trois dimensions autour du trou noir? Dans les années 1990, Léonard Susskind a émis l'idée que l'information peut être portée par les particules du rayonnement de Hawking si celles-ci sont intriquées. Ce phénomène purement quantique, suppose que leurs états sont corrélés et qu'elles forment alors un système indissociable quelle que soit la distance qui les sépare. Mais cela soulève une difficulté car une particule du rayonnement Hawking est avant tout intriquée avec son antiparticule tombée derrière l’horizon des événements (dans le trou noir). Or un principe de la mécanique quantique, surnommé « la monogamie de l’intrication », stipule qu’une particule ne peut pas être intriquée avec deux systèmes indépendants en même temps (son antiparticule d’une part et le rayonnement Hawking d’autre part), car ceux-ci pourraient alors imposer à la particule des états contradictoires. Puis, en 2012, J. Polchinski et ses collègues sont arrivés à la conclusion que l’horizon serait en fait le lieu d’une émission intense d’énergie, ce que les physiciens ont surnommé « pare-feu » (firewall), car pour garantir la conservation de l’information, il faut assurer l’intrication des particules du rayonnement Hawking entre elles et donc éliminer l’intrication entre la paire de particules initiales. Or briser un tel lien libère de l’énergie. Une grande quantité d’énergie serait ainsi libérée au niveau de l’horizon des événements. Cette flambée d’énergie constitue le pare-feu, dans le sens où ce dernier "empêche l'intrication de passer" l'horizon. Mais cette solution n'est pas compatible avec la relativité générale. En effet, l’horizon des événements devient le siège de processus particuliers, décelables par l’astronaute qui le traverse. Les physiciens sont à nouveau divisés sur l'existence du pare-feu.
    C'est dans ce contexte qu'est intervenu Hawking comme on l'a vu au début de ce chapitre4. Dans l'article déposé sur le serveur de prépublication Arxiv, où il expose des arguments contre l’existence du mur de feu, il propose une solution pour concilier les différentes approches. Comme, s
    elon lui, le problème vient de la notion d’horizon des événements d’un trou noir, dont la définition stricte est celle de la frontière dans l’espace-temps d’où un photon ne peut s’échapper à l’infini, il suggère que des fluctuations quantiques dans la région proche de l’horizon des événements pourraient perturber et empêcher l’établissement de celui-ci. Il propose de remplacer l'horizon des événements par un « horizon apparent », qui jouerait le même rôle, mais pour une durée limitée dans le temps. En pratique, l’horizon ne définirait pas une région dont les photons ne pourraient pas s’échapper, mais une région où ils seraient piégés pendant un temps assez long. Cette instabilité permettrait ainsi à l’information de s’échapper. Ainsi, contrairement à ce qu'on a pu lire dans certains médias, Hawking ne remet pas en cause l'existence des trous noirs, il propose simplement d'en modifier la description, Mais pour l’instant, aucune équation ou modèle n'explicite sa proposition. Il n'est donc pas possible de savoir si cette proposition est correcte et si elle résout le problème sens avoir à modifier le relativité générale ou la mécanique quantique. La question reste ouverte. 

     

    "La semaine du 24 au 29 août 2015, plusieurs des experts mondiaux de la physique des trous noirs ont participé à un colloque organisé par L'Institut royal de technologie (en suédois Kungliga Tekniska högskolan, KTH) à Stockholm. Le thème en était l'état de la théorie du rayonnement Hawking des trous noirs et les problèmes irrésolus qui l'accompagnent."

    "Le 25 aout 2015, Hawking a tenu un séminaire annonçant qu'il pensait avoir enfin trouvé une piste sérieuse pour expliquer où se trouvait codée l'information tombant dans un trou noir. L'idée lui en serait venue en écoutant une autre conférence il y a plusieurs mois, donnée par Andrew Strominger (cordiste).  Un papier commun avec ce chercheur  et un ancien élève de Hawking, Malcom J. Perry (cordiste lui aussi), est annoncé pour dans quelque temps. En son absence, et malgré quelques indications données par Hawking et qui concernent des articles publiés depuis quelque temps par Strominger et disponibles sur arXiv, il est bien difficile, de l'aveu même des spécialistes, de se faire une idée de la nature et de la pertinence des arguments utilisés pour résoudre le paradoxe de l'information."


    L'article se poursuit en expliquant qu'il s'agit d'une symétrie qui code l'information dans la géométrie de l'espace-temps:  "tout tourne autour des ondes gravitationnelles émises par une étoile en train de s'effondrer [...]. D'autres quantités conservées autres que l'énergie, le moment cinétique et la charge, sont "cachées" dans la structure de l'espace-temps par ces ondes associées à une symétrie des espaces-temps à l'infini. Cette symétrie est décrite par un groupe dit BMS, pour Bondi–Metzner–Sachs, ses découvreurs. Ce groupe décrit une symétrie particulière, des supertranslations (rien à voir avec la supersymétrie et la supergravité) et qui dans l'espace-temps plat, via le groupe de Poincaré (qui en est un sous-groupe), explique la conservation de la quantité de mouvement. Ce groupe BMS est associé à une structure géométrique équivalente à une sphère, comme l'est la géométrie de l'horizon des événements). 

    L'article de fututa-sciences.com.poursuit, je cite: "comme dans le cas du principe holographique et de la conjecture AdS-Cft ( proposée par Juan Martín Maldacena à la fin 1997 et dont on trouve une présentation dans le blog de jean-Pierre Luminet), il semble que Hawking ait établi un pont entre ce qui se passe à l'infini de l'espace-temps entourant un trou noir, et sa dynamique, y compris son horizon, en découvrant la symétrie des supertranslations cachée dans la géométrie de cet horizon. Comme (les symétries que sont) ces supertranslations existent en nombre très élevé, et même infini en relativité générale classique. qu'en physique, des symétries dans les équations impliquent des quantités conservées, de l'information serait donc codée de façon très subtile dans la géométrie de l'horizon. Elle serait probablement très compliquée et pas parfaitement lisse comme on le pensait. C'est là que l'information serait conservée. Elle ne tomberait jamais dans le trou noir, ce qui permet peut-être de résoudre un autre paradoxe, celui du pare-feu.

    L'article se termine en posant la question: "est-ce vraiment ce que Hawking a en tête?" Le saura-ton maintenant qu'il n'est plus?

    En tout cas, "cette évaporation des trous noirs" est la découverte la plus importante de Hawking écrit Carlo Rovelli à la fin du chapitre 10 de "par-delà le visible". Et il rajoute: "Il est possible que la gravité quantique empêche la matière de s'effondrer complètement". 

    Déjà, en 2014, il avait proposé une toute nouvelle idée sur les trous noirs et leur fin: "et si les trous noirs finissaient par exploser? Dans cet article de "lefigaro.fr", on peut lire: «Nos calculs montrent que l'effondrement de la matière dans le trou noir finit par s'arrêter, explique le physicien au Figaro. Lorsqu'on atteint une certaine densité, environ la masse du Soleil concentrée dans un seul atome, les effets quantiques de la gravité génèrent une force répulsive qui s'oppose à la contraction». Il en résulte un noyau extrêmement dense que le chercheur a baptisé «étoile de Planck». Vue depuis l'extérieur du trou noir, cette phase dure plusieurs milliards d'années. Mais, au sein du trou noir, le temps (temps propre) s'écoule différemment en raison de la forte gravité qui y règne. Pour l'étoile, cette phase ne dure en réalité qu'une fraction de seconde. Très vite, la matière rebondit violemment dans une gigantesque explosion, transformant le trou noir en trou blanc, un grand flash lumineux. «La grande beauté de cette théorie est de concilier un scénario très dynamique (l'étoile originelle se contracte et explose presque instantanément dans son référentiel de temps) avec la perception que nous avons d'un phénomène extrêmement lent», s'enthousiasme Carlo Rovelli."

    En cherchant étoile de Planck dans Wikipedia.org, on trouve: "Son existence, prédite dans le cadre de la gravitation quantique à boucles, a été suggérée en janvier 2014 par deux physiciens italiens : Carlo Rovelli, de l'université d'Aix-Marseille, et Francesca Vidotto, de l'université Radboud de Nimègue3. Depuis lors, le modèle de l'étoile de Planck a été repris et développé par Carlo Rovelli avec Francesca Vidotto4Aurélien Barrau5 et Hal M. Haggard6."

    Article de Carlo Rovelli , Francesca Vidotto : les étoiles de Planck (planck stars):   https://arxiv.org/abs/1401.6562 ou en .pdf: https://arxiv.org/pdf/1401.6562.pdf

    Article de Aurelien Barrau  Carlo RovelliPlanck star phenomenology

     https://arxiv.org/abs/1404.5821 ou en.pdf: https://arxiv.org/pdf/1404.5821.pdf)

     

     

     

     

    .cnrs.fr/publications grains d'espace

     

    Reste un problème que Hawking a laissé ouvert concerne la chaleur des trous noirs. En général, un objet est chaud parce que ses constituants microscopiques s'agitent. Les atomes d'un morceau de fer chaud vibrent très vite autour de leur position d'équilibre. Mais quels sont les atomes élémentaires d'un trou noir qui est chaud? La théorie des boucles apporte une réponse à cette question. Les atomes qui vibrent, ce sont les quanta d'espace qui sont à la surface du trou noir. L'étrange chaleur des trous noirs prédite par Hawking résulte des "vibrations" microscopiques des boucles, des atomes d'espace. Ils vibrent parce que dans le monde quantique, tout vibre, rien ne reste immobile. La chaleur des trous noirs est donc liée directement aux fluctuations des atomes d'espace de la gravité quantique à boucles. La position précise de l'horizon du trou noir est déterminée seulement à partir de ces fluctuations microscopiques du champ gravitationnel. En un certain sens, l'horizon fluctue comme un corps chaud. Carlo Rovelli précise qu'il y a "une autre façon de d'expliquer l'origine de la chaleur des trous noirs: les fluctuations quantiques impliquent une corrélation entre l'intérieur du trou noir et l'extérieur. Cette incertitude quantique existe aussi à "cheval" sur l'horizon du trou noir. Mais comme ce qui est au-delà de l'horizon échappe à notre vue, cette incertitude devient une raison supplémentaire de fluctuation de tout objet proche de la surface". Et les fluctuations ramènent à la température, car qui dit fluctuation dit probabilité, donc statistique, donc thermodynamique et donc finalement température. C'est pourquoi, en masquant une partie de l'Univers, le trou noir nous fait apparaître les fluctuations quantiques comme de la chaleur. C'est un jeune scientifique italien, Eugénio Bianchi, qui a complété un calcul très élégant qui montre comment on peut obtenir la formule prévue par Hawking à partir de ces idées et des équations de base de la gravité quantique: voir les liens suivants:

    liens:

    https://insidetheperimeter.ca/fr/last-gasp-black-hole/ LE DERNIER SOUFFLE D’UN TROU NOIR De nouvelles recherches effectuées à l’Institut Périmètre montrent que deux des caractéristiques les plus étranges de la mécanique quantique – l’intrication et l’énergie négative – pourraient constituer deux aspects d’une même chose. L'article de Eugenio Bianchi et Matteo Smerlak (Entropie d'enchevêtrement et énergie négative en deux dimensions).


    https://en.wikipedia.org/wiki/Eugenio_Bianchi est un physicien théoricien italien et professeur adjoint à la Pennsylvania State University. Il travaille sur la gravitation quantique en boucle et la thermodynamique des trous noirs . Il a dérivé la formule de Bekenstein-Hawking S = A / 4 pour l' entropie des trous noirs non extrémaux à partir de la gravité quantique en boucle , [1] [2] pour toutes les valeurs du paramètre Immirzi  ( qui mesure la taille du quantum de surface en unités de Planck . [1] En conséquence, sa valeur est actuellement fixée en faisant correspondre l’ entropie semi-classique des trous noirs calculée par Stephen Hawking et le comptage des micro-états en gravimétrie quantique en boucle).

     

     

    Mon prochain article (5) portera sur les derniers chapitres du livre de Carlo Rovelli avec la fin de l'infini, l'information (un véritable fantôme qui va hanter la physique théorique dans l'avenir) pour finir sur le mystère qui nous attend encore.

     

     

     

     

    "J'ai vécu des choses extraordinaires sur cette planète, et en même temps j'ai voyagé à travers l'Univers par la pensée, au moyen de mon cerveau et des lois de la physique. J'ai atteint les confins de la Galaxie, plongé dans un trou noir et je suis revenu à l'origine du temps. Sur Terre, j'ai eu des hauts et des bas, des moments calmes et d'autres agités, j'ai connu le succès et la souffrance. J'ai été riche et pauvre, en pleine forme et handicapé. On m'a loué et critiqué, mais jamais ignoré. Mon plus grand privilège a été de contribuer à notre compréhension de l'Univers." Sans concession, l'astrophysicien se mue en philosophe, parfois pessimiste, s'interrogeant sur la condition humaine et l'avenir de notre planète. Notamment lorsqu'il met en garde contre l'évolution de l'intelligence artificielle ou affirme sa conviction que les hommes devront un jour quitter la Terre. Mais son ultime message en direction des plus jeunes est un plaidoyer en faveur de l'intelligence humaine, une invitation à s'émerveiller et à faire confiance à l'imagination. Sans oublier, jamais, de regarder les étoiles."
    Les gens ont toujours cherché à répondre aux grandes questions. D'où venons-nous? Comment l'Univers a-t-il commencé ? Quel est le sens de tout ce qui nous entoure? Y a-t-il une vie ailleurs [...]? 

    pileface.com: L’héritage de l’astrophysicien britannique Stephen Hawking

     

    liens: 

    https://web.science.uu.nl/ITF/Teaching/2016/2016Molag.pdf: The Black Hole Firewall Paradox L. D. Molag August 15, 2016

    https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4347L’intrication de deux particules corrélées à distance

    https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-intrication-quantique-persiste-deux-photons-si-disparait-46649/ :L'intrication quantique: on vient de prouver qu'elle subsistait entre deux particules même quand l'une n'existait plus.

    https://zerhubarbeblog.net/2017/01/15/gravite-entropique-contre-matiere-noire/Gravité entropique contre matière noire, l'approche holographique. Susskind et Maldacena, entre autres, ont également travaillé sur le principe holographique,  une approche spéculative considérant que la notion de volume est une illusion et que les lois physiques fondamentales agissent au niveau des surfaces. Cette approche très riche et stimulante a été décrite sur ce blog dans L’Univers, l’hologramme et nous notamment posté par Vincent Verschoore

    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vaporation_des_trous_noirs   voir paragraphe Trous noirs et information Le théorème no hair (de calvitie) qui énonce que seuls trois paramètres macroscopiques définissent l'état d'un trou noir pose un problème aux yeux de la théorie quantique. Si l'on envoie dans un trou noir un ensemble dit pur de particules, c'est-à-dire un faisceau cohérent (par exemple, un rayon laser, une paire de Cooper), le retour de cette énergie cohérente se fait sous la forme d'une énergie incohérente, un rayonnement thermique, un ensemble dit mixte. Or, les fonctions d'ondes qui décrivent ces deux types d'ensembles sont différents : dans le cas de l'ensemble pur les fonctions d'ondes s'additionnent vectoriellement, dans le cas d'un ensemble mixte, ce sont les carrés des modules des fonctions d'ondes qui s'additionnent. Or, et le paradoxe est là, la transformation d'un ensemble en un autre n'est pas possible au sens quantique, puisqu'il ne s'agit pas d'une transformation unitaire (qui préserve la norme de la fonction d'onde). Stephen Hawking a annoncé avoir résolu ce paradoxe, mais les détails de sa solution ne sont pas encore (02/2005) connus.

    Article détaillé : Paradoxe de l'information.

    https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/stephen-hawking-le-livre-testament_2039124.html:  Stephen Hawking, le livre testament

    https://arxiv.org/abs/hep-th/9601029: Origine microscopique de l'entropie de Bekenstein-Hawking par A. Strominger , C. Vafa

    https://blogs.futura-sciences.com/ les articles de Jean-Pierre Luminet sur l'Univers holographique

    https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/trous-noirs-etoile-planck-16463/:: Une étoile de Planck (Planck star en anglais) est un astre compact plus dense qu'une étoile à neutrons. Elle se présente pendant une partie de sa vie sous la forme d'un trou noir classique, comme l'ont expliqué Carlo Rovelli et Francesca Vidotto lorsqu'ils ont proposé l'existence de ce nouvel objet en physique et astrophysique théorique. L'intérieur de ce trou noir subit des effets quantiques. Ainsi, il finit par exploser en libérant son contenu. Ce modèle permet d'envisager une solution au paradoxe de l'information qui découle du rayonnement Hawking et peut-être aussi à l'énigme des sursauts radio rapides.

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    1 commentaire
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    L’UNIVERS A-T-IL DES LIMITES ? 

     

    C'est suite à une conversation que j'ai eue sur facebook avec Cymdie Daudon et Claude Roudil que j'ai mis par écrit mes réflexions sur ce sujet, car une réponse sur facebook aurait été limitée et incomplète. 

    L'INFINI DES COSMOLOGISTES : RÉALITÉ OU IMPOSTURE ? De façon unanime les cosmologistes affirment que notre Univers est infini. On montre ici que l'utilisation de ce concept d'infini pour mesurer l'Univers n'est pas cohérente du point de vue physique et qu'elle présente le danger d'ouvrir la porte à des spéculations irrationnelles.

     

     

    Christian Magnan
    Collège de France, Paris
    Université de Montpellier II

     

     

     

     

     

    Avec Aurélien Barrau, astrophysicien au laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble, et Patrick Peter, astrophysicien à l'Institut d'astrophysique de Paris.

    CANAL-U.TV

     
     

     

    J'ai repris l'interwiew sur you tube:

     

    Même question vue par Jean-Pierre Luminet : l'Univers, fini ou infini?: L'Univers chiffonné

     


    Ma conversation sur facebook avec Cymdie Daudon et Claude Roudil. 

    Cymdie Daudon Alors oui ou non ?

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      · Répondre · 3 sem

    Claude Roudil

    Claude Roudil La question n'a pas de sens!


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      · Répondre · 3 sem

    Cymdie Daudon

    Cymdie Daudon  C'est le limité qui la pose... 

    Certes, c'est le limité (le mental de deux astrophysiciens) qui la pose. Certes aussi, la question n'a peut-être pas de sens. Je viens de terminer mon écoute du dialogue. Je vais, dès que j'aurai mis en forme mes réflexions concernant l'infini et la vision qu'en ont les deux astrophysiciens, partager ces réflexions. Avant de continuer, pour mémoire, je rappelle une conversation que j'ai eue avec Cymdie Daudon fin mai 2018.

    Cymdie Daudon

    Cymdie Daudon Jean-michel Thomasson Maintenant on peut se poser la question suivante (c'était à propos de l'apprentissage et de la précédence)..., est-ce que chez l'homme une sorte de barrage n'interférait pas, voire s'opposerait à cet apprentissage naturel qui pourtant serait millénaire, sans doute depuis le début de la création ? Je crois que oui et ceci, ce "barrage", cet accident si on veut ce serait produit lorsque l'homme se sera un jour séparé de la nature et de SA nature profonde en privilégiant la matière, le processus matériel, le mental, la pensée, la pensée étant un processus matériel ... Ainsi cette interférence, laquelle demande un intérêt plus poussé pour en percevoir son rouage ou ses rouages, retarderait ce que nous nommons notre évolution mais en tout cas le saut quantique dont tu as déjà parlé...


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      · Répondre · 1 j · Modifié

    Jean-michel Thomasson

    Jean-michel Thomasson Question intéressante! C'est certainement vrai du mental et de l'impasse morale et spirituelle dans laquelle notre monde matérialiste se trouve où la conscience n'est plus que raison utilitaire. Le suppression de la transcendance est certainement problématique.

    Gérer

     

     

     

      · Répondre · 1 j

    Cymdie Daudon

    Cymdie Daudon Le cerveau humain serait donc en train de se scléroser... Regarde le processus du moi, il se promène du passé vers le futur en passant par le présent qui du fait lui, le présent est complètement occulté... Ce mouvement qui va du passé vers le futur représente un certain circuit cérébral. Le moi ne connaît rien d'autre que ce circuit, le potentiel vacant du cerveau est inutilisé, seul ce circuit passé, présent et futur est utilisé. C'est une prison alors que la totalité du cerveau représente la liberté, une respiration, la vacuité de laquelle la véritable intelligence pourrait agir, la créativité. Le savoir aussi fait parti de ce champ passé, présent et futur, de ce même circuit cérébral horizontal. On confond souvent invention et creatiin, seule est nouvelle, inédite la création, non l'invention qui n'est qu'un savoir ancien réajusté au présent.
    Donc pour en revenir à ton propos, être incapables de transcender ce mouvement horizontal du temps, ce circuit cérébral, finalement ce moi, c'est se priver de la créativité et c'est interdire l'oxygénation de tout le cerveau réduit à ce simple circuit. Donc détérioration des autres circuits, dégénérescence et le monde entier est en train de dégénérer... D'où la nécessité du saut quantique, non pas de changer de circuit cérébral mais de ne pas faire de celui-ci le seul circuit qui est aussi le circuit scientifique et donc permet les inventions mais ne va pas au-delà, échappant de à la transcendance comme tu dis oui. .., à la transcendance de ce circuit cérébral...


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      · Répondre · 1 j · Modifié

    Jean-michel Thomasson

    Jean-michel Thomasson Absolument. Cependant, je crois que le cerveau-ego n'est qu'une partie calculatoire, celle de ce qu'on qu'on peut appeler le cerveau gauche. On occulte le cerveau droit car la science a décrété que c'était celui de l'irrationnel/ Je dirais plutôt que ce celui de l'intuition, l'aspect féminin, l'anima (cf Jung) de l'homme et de la femme. Les hommes comme les femmes sont poussés à devenir seulement des animus (ce qui donne le féminisme , le féminité devenue homme). Il faut donc voir le cerveau comme un tout (anima/animus). N'oublions pas que la Bible dit: homme et femme il les créa.


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