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    Ma peinture - Annecy les vieilles prisons

     

    Je transmets mes remerciements à peintrefiguratif-raymonde. Je regarde et j'admire ses tableaux et j'aimerais bien avoir son talent. Elle m'encourage régulièrement à peindre et à afficher les résultats dans mon blog. J'ai certes un goût prononcé pour le peinture et mon bureau "déborde" de mes tubes, pastels, crayons, feuilles et autres matériels. Mais mes réflexions philosophiques et scientifiques autant que spirituelles occupent une grande partie de mon temps  à rédiger mon blog et à faire des recherches sur internet. 

    Mais ça y est, je viens de terminer une petite aquarelle et gouache que je présente ici en demandant votre indulgence (je sens que j'aurais besoin de quelques cours pour progresser). Je n'ai qu'une webcam dualpix et je n'arrive pas bien à faire une photo nette, mais je vous la diffuse tout de même car elle me permet d'évoquer la ville que j'ai quittée il y a deux ans, la petite Venise des Savoies, Annecy.. 

     

     

    Les vielles prisons d'Annecy

     

     

    Les vielles prisons d'Annecy

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    "Le Palais de l’Isle ou vieilles prisons est une maison forte de type médiéval situé au milieu d’une petite île sur le Thiou (exutoire du lac d’Annecy).

    Monument historique et musée, les anciennes prisons font partie des édifices les plus photographiées en France.

    Existant depuis le bas moyen age, le palais de l’Île fut d’abord un péage entre les deux rives du Thiou puis utilisé comme prisons à de nombreuses reprises mais aussi comme tribunal, caserne ou encore asile de vieillards.

    Ce monument construit au XIème siècle a eu de très nombreuses fonctions au cours de son histoire. Il abrita d'abord le péage du Thiou (petite rivière issue du lac d'Annecy), puis accueillit un atelier monétaire au XIVème siècle avant de servir de prison jusqu'à la Révolution Française, de caserne au XIXème siècle et à nouveau de lieu d'emprisonnement pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

    Aujourd’hui musée de l’Agglomération d’Annecy, le bâtiment des vieilles prisons accueillent le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine qui organisent de nombreuses expositions au fil de l’année (plus de 30000 visiteurs chaque année).

    Les curieux découvriront des cellules humides au niveau de l’eau, une cour intérieure et une chapelle mais aussi les salles d’audiences et les salles ou étaient stockées les documents administratifs sur des systèmes suspendus pour éviter d’être endommagés par les rats."

     

     

    L'atelier monétaire: "Pendant une trentaine d'années durant le 14e siècle, le Palais de l'Ile accueille l'atelier monétaire des comtes de Genève. Cette nouvelle fonction supprime temporairement la prison.

     

    En 1219, suite à des conflits d'influence avec le prince-évêque, la famille de Genève installe sa résidence principale à Annecy et manifeste la volonté d'ouvrir un atelier monétaire. En effet, l'usage des monnaies sert d'outil de propagande et par cet acte, au caractère hautement symbolique, le prince souhaite afficher son pouvoir auprès de tous ses sujets. C'est ainsi qu'en 1355, Amédée III, comte de Genèverequier auprès de l'empereur Charles IVle droit de battre monnaie. Il l'obtient par un acte impérial du 25 août 1355, officialisant l'intallation d'un atelier monétaire dans la maiosn forte de l'Ile.

    Bien que la naissance de l'atelier monétaire soit officialisée par l'empereur, son existence reste soumise aux aléas des successions et des luttes d'influence. Ainsi, il est fermé plusieurs fois entre 1355 et 1391, date de sa suppression.

    L'obtention de ce droit régalien par le comte de Genève ne va pas sans entraîner un certain nombre de protestations. La première vient du prince-évêque de Genève qui voit dans cet acte un affaiblissement de sa souveraineté. Mais reconnaissant l'officialisation de cet atlier monétaire par l'empereur, le pape Innocent III prend le parti du comte de Genève et met fin à cette querelle.

    La seconde protestation vient de la maison de Savoie, proche rivale qui voit là une atteinte à son autorité. Elle se règle par un traité signé en 1358 par lequel le comte de Genève se reconnaît vassal du comte de Savoie. Mais il garde le droit de battre monnaie.

    L'atelier monétaire prend place dès son origine dans deux pièces attenantes, au rez-de-chaussée de l'aile sud de la maison forte de l'Ile, entraînant le transfert des prisons dans la tour de la reine au château. La maison forte de l'Ile subit plusieurs modifications entre 1355 et 1366 pour s'adapter à sa nouvelle fonction. Les comptes de Jean Gucci, maître de la monnaie, décrivent précisément ces travaux : réparations du bâtiment, couverture du toit par de nouvelles ardoises, installation de portes et de fenêtres solides. L'atelier est doté d'une grande cheminée pour accueillir le four destiné à la fonte des métaux. La pièce attenante est aménagée en chambre forte dans laquelle sont conservées en sûreté les espèces nouvellement frappées.

    L'atelier, placé sous l'autorité du maître de la monnaie, emploie une dizaine de personnes. Outre les ouvriers ou monnayeurs, un garde de la monnaie ou prévôt, assiste le maître de la monnaie dans ses fonctions en étant présent à chaque étape de sa fabrication. Il tient un rôle fondamental en s'assurant que le métal précieux ne se perd pas et que les balances sont justes."

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    liens: annecy.fr

    Le lac d'Annecy

    annecy.net

    tourisme-annecy.net

    wikipedia.org -Annecy

    photo aérienne Annecy

    wikipedia.org -Annecy: Palais de l'Isle

    wikipedia.org -Chronologie d'Annecy

    wikipedia.org -Histoire d'Annecy

     

     


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    Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 2) Un point sur les articles déjà parus

    (l'infiniment grand et l'origine de l'Univers)

     

     

    Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

    Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


    Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

    Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

    Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

    Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

    Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

    Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

    Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

    Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...première partie

    Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...deuxième partie

    Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...

    Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance...

    Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang...La deuxième fissure dans les théories classiques

    Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang... la genèse du 

    Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

    Notre existence a t-elle un sens? 9-2) Dieu revient très fort partie 2

    Notre existence a t-elle un sens? 10) où il fait plus noir que vous ne l'imaginez

    Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

     

    Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

     

     

    I-1) Faisons une halte dans cette série d'articles pour faire le point sur ma lecture de cette première partie de l'ouvrage de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens.

    Je fais cette halte en deux étapes. Dans une première étape, j'ai résumé les articles au cours desquels nous avons assisté à la naissance de la science qui a finalement abouti à un désenchantement du monde. Nous nous sommes intéressés à la physique quantique, à l'infiniment petit et à la connaissance en nous posant la question "qu'est-ce que le réel?". 

    Maintenant, dans la deuxième partie de cette halte, nous allons examiner l'infiniment grand et l'origine de l'Univers.

     

    I-2) Commençons l'aventure par l'Article 8 partie 1: Le murmure du big bang...La deuxième fissure dans les théories classiques

         1) La deuxième fissure. Nous avons vu dans l'article 5) première partie que le déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche. Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir. Or ces deux petits nuages deviendront deux tornades qui balayeront les conceptions de la physique de NewtonLe problème du rayonnement du corps noir que nous avons vu dans l'article 5) constituait le premier nuage sombre et la première fissure. Il a aboutit à la révolution conceptuelle qui a engendré, comme nous l'avons vu, la physique quantiqueQuand au deuxième nuage sombre, l'autre fissure, elle va, elle aussi, avoir des conséquences qui vont transformer le faille en gouffre, ce qui va achever de jeter à bas la belle muraille que formait la science classique. Il s'agit des l'expériences faites par Albert Michelson en 1881 puis  par Edward Morley en 1887.

    Les conceptions de Newton avaient remporté des succès ininterrompus durant près de deux siècles et avaient été érigées en principes absolus et admises d'autant plus facilement qu'elles correspondaient au sens commun.Elles avaient été érigées en principes absolus et admises d'autant plus facilement qu'elles correspondaient au sens commun (à l'exception de la gravitation, force invisible qui exerce une attraction instantanée et supposée transmise par un support nommé"éther"). Les mouvements des corps se déroulaient dans l'espace qui servait de référentiel absolu. Un observateur (dans le vide stellaire) y est un observateur "absolu" s'il est à l'arrêt, il peut connaître la "vraie" vitesse de tous les mouvements. De même le temps est "absolu". Quelle que soit notre position et notre vitesse, un évènement aura le même durée. Mais pour les corps en mouvement, celui-ci est relatif.

    la Terre tourne autour du soleil et il devrait donc être possible dans cet espace absolu de mettre en évidence cette rotation par des mesures (formule de composition des vitesses)Ainsi,  Albert Michelson eut l'idée de mesurer la vitesse de la lumière dans deux directions orthogonales mais, contrairement à ce qu'on observe dans la vie courante où les vitesses s'ajoutent vectoriellement, toutes les mesures donnaient le même résultat, quelle que fût la direction (vitesse de la lumière +/- vitesse de la Terre = vitesse de la lumière). Ce résultat ne sera compris qu'en juin 1905, lorsqu'un "expert technique de troisième classe" de l'office fédéral des brevets de Berne publiera dans les Annales de la physique un article au titre anodin ("sur l'électrodynamique des corps en mouvement" par Albert Einsteinmais au contenu révolutionnaire". C'était la naissance de la théorie de la relativité restreinte

    Einstein y affirmait les deux principes suivants: 

      -"Toutes les lois de la physique traitent les différents mouvements de la même façon. C'est le "principe de relativité". Le temps, l'espace, le mouvement sont ainsi relatifs. ils dépendent du référentiel dans lequel se trouve l'observateur."

         -"La  vitesse de la lumière  (300 000 km/s) est une constante universelle." Cette constance de la vitesse de la lumière explique en premier lieu l'échec de l'expérience de Michelson et Morley et elle permet surtout de comprendre que l'espace et le temps "conspirent" pour que cette vitesse soit toujours la même.

    Et cela implique 

         -qu'il n'y a pas d'espace absolu: on ne peut mesurer le mouvement d'un corps par rapport à un espace absolu, il n'y a donc pas d'.éther, tout mouvement est relatif.

         -Qu'il n'y a pas de temps absolu: le temps s'écoule différemment pour des observateurs qui ne voyagent pas à la même vitesse.

         2) Le paradoxe des jumeaux. L'histoire du voyageur de Langevin a immortalisé ce paradoxe de la relativité restreinte qui heurte toujours le bons sens. Une description et analyse est à voir dans techno-science.net"Le paradoxe des jumeaux est une expérience de pensée en relativité restreinte imaginée par Paul Langevin en 1911 [...]. Plus de détails: lArticle 8 partie 1 au chapitre 2.  

    On ne parle plus maintenant que "d'espace-temps" à la suite d'Herman Minkowski, qui fut avec Einstein et Poincaré un des pionniers dans ce domaine: "désormais, l'espace en tant que tel et le temps en tant que tel sont voués à disparaître comme des ombres, et seule une certaine union des deux conservera une certaine réalité". Après avoir énoncé les bases de cette théorie en 1905, Einstein consacra les dix années suivantes à cette intégration, parvenant à élaborer la théorie de la "relativité générale", certainement le sommet de son oeuvre. 

        3) Un monde dans lequel les masses ont la propriété de déformer le vide(canal-u.tv/video -la relativité générale)

    membres.multimania.fr -courbure de l'espace-temps

     

         a) La relativité générale est encore bien plus étrange: elle postule que les masses déforment l'espace et le temps. elle postule que les masses déforment l'espace et le temps. l'image qui est souvent prise est celle d'un drap que deux personnes tiennent de façon qu'il soit tendu. Si on pose dessus une boule de billard, elle va s'enfoncer dans le drap. L'espace à deux dimensions qu'est le drap va se "courber". Si on jette ensuite une bille sur le drap, elle va tomber dans l'entonnoir creusé par la boule de billard et tourner autour d'elle, en s'enfonçant aussi,  mais beaucoup moins car elle est plus légère. 

    Pour les corps célestes, c'est la même chose.

    La Lune tourne autour de la Terre car elle est en quelque sorte "piégée par le trou que la Terre a creusé dans l'espace-temps. Elle avance en ligne droite mais comme l'espace autour d'elle est courbé par la présence de la Terre, elle ne peut que tourner autour de cette dernière le long dune ellipse sur les parois du puits (En termes plus scientifiques, La relativité générale est fondée sur des concepts radicalement différents de ceux de la gravitation newtonienne. Elle énonce notamment que la gravitation n'est pas une force, mais la manifestation de la courbure de l'espace (en fait de l'espace-temps), courbure elle-même produite par la distribution de l'énergie, sous forme de masse ou d'énergie cinétique, qui diffère suivant le référentiel de l'observateur

         b) Les preuves de l relativité générale. La première preuve fut fournie par l'éclipse de soleil de 1919.,On sait que dans un espace plat (euclidien),la lumière utilise toujours le chemin le plus court pour aller d'un point à un autre. Mais dans un espace courbé, c'est une ligne courbée qu'on appelle géodésiqueLors de l'éclipse, on compara la photo d'une partie du ciel au moment où l'éclipse se produisait, avec une photo de la même partie du ciel prise la nuit. Grâce à l'éclipse, on a pu voir des étoiles situées "derrière" le soleil, c'est à dire dont les rayons lumineux doivent, pour nous parvenir, passer à proximité du soleil. On constata alors que la position de ces étoiles par rapport aux autres étoiles avait varié, comparativement à la position qu'elles occupaient toutes les nuits avant l'éclipse. Il fallut se rendre à l'évidence, le soleil avait bel et bien déformé l'espace autour de lui. Une autre victoire concerne l'explication d'un des rares phénomènes que n'expliquait pas la théorie de Newton: l'avance du périhélie de MercureCe point se décale sur l'orbite de Mercure d'une façon que, contrairement aux autres planètes, les lois de Newton ne permettent pas d'expliquer. La méthode utilisée par Le Verrier  en 1846  pour la découverte de Neptune, fut utilisée pour expliquer les anomalies de mercure, mais elle est restée vaine. La bonne explication est donnée par la relativité générale, dont c'est  ainsi une deuxième victoire. 

    Depuis lors; les succès ont été en s'accélérant, le GPS étant une des réalisations rendues possibles par la relativité générale. 

     

    I-3) Le murmure du big bang...la genèse du big bang:résumé de l'Article 8 partie 2.

         1) La genèse du big bang.

         a) Où l'on découvre que l'Univers est en expansion.

    En développant son modèle de la relativité générale sur le gravitation, Einstein s'est rendu compte avec effroi qu'il prédisait... une expansion de l'UniversMais il n'a pas osé aller jusqu'au bout de ses équations, et il dira plus tard que c'est la plus grande erreur de sa vie. En effet, en 1922, un jeune physicien russe, Alexander Friedmann, publia (dans les annales de la physique) un article décrivant des modèles d'univers en expansion. Il  y décrit trois types d'évolution dans le temps de l'Univers, impliquant notamment une singularité initiale

         b) Une controverse sur la nature de l'Univers. 

    Pendant ce temps, un jeune physicien belge, Georges Lemaître assiste à la résolution d'une controverse essentielle sur la nature de l'Univers (à voir dans l'ouvrage de Jean-Pierre Luminet "L'invention du Big bangKant avait postulé que les nébuleuses observées étaient des "univers-îles" contenant d'innombrables soleils comme le nôtre. Les moyens d'observation se perfectionnant, Edwin Hubble put démontrer en 1924 que que certaines nébuleuses en forme de spirale sont situées à l'extérieur de notre galaxie. Ce sont les "céphéides", étoiles dont l'éclat varie périodiquement, qui ont permis la démonstration (voir l'Article 8 partie 2 chap. 2 b): Hubble démontra que les céphéides de la galaxie d'Andromède étaient à 2 millions d'années-lumière de nous (notre galaxie a un rayon de 100 000 années-lumière). 

    Une deuxième révolution lui succéda en 1925, lorsque , grâce au télescope du Mont WilsonHubble put mesurer le spectre des galaxies et se rendre compte qu'elles s'éloignaient toutes de nous à grande vitesse. A l'exception des galaxies proches telles Andromède, les spectres de toutes les galaxies sont décalés vers le rouge, donc elles s'éloignent de nous. Et plus une galaxie est éloignée, plus elle s'éloigne rapidement. La proportionnalité entre la distance et la vitesse d'une galaxie, s'appelle maintenant la loi de loi de Hubble (la constante de Hubble donne l'âge de l'Univers). Elle fut énoncée en 1929 par Hubble, mais Georges Lemaître avait publié cette loi en 1927, en en donnant lui, une explication: "c'est parce que l'Univers est en expansion, que plus une galaxie est éloignée de nous, plus plus elle s'éloigne rapidement. Si on "rembobine" le film, on voit donc toutes les galaxies se rapprocher les unes des autres". Lemaître en déduira logiquement que "nous pourrons sans doute concevoir le début du monde sous la forme d'un atome unique dont le poids atomique est la masse de l'Univers entier. Cet atome instable se serait divisé d'une façon analogue aux corps radioactifsC'est donc l'acte de naissance du Big Bang.

    C'est alors qu'un troisième homme entre en scène le russe Georges GamowIl prédit, en 1946, que si le big bang avait eu lieu, il devait exister un rayonnement de fond "résiduel". Mais ce n'est qu'en 1965, que les astronomes Arno Penzias et Robert Wilson découvrirent accidentellement en 1965 le fond diffus cosmologique cette trace fossile du Big Bang.

         2) Les autres preuves du big bang... un changement de paradigme de la cosmologie.

         a) Les preuves du big bang par l'observation.

    Très vite, après ces découvertes, le paradigme de la cosmologie changea et le big bang devint la théorie standard. Les astrophysiciens trouvèrent de nouvelles preuves en sa faveur:

    -La nucléosynthèse primordiale.

    -La théorie du big bang permet d'expliquer pourquoi il fait noir la nuit (le paradoxe d'olbers).

    -L'âge de l'Universsi l'on considère que la vitesse de récession des galaxies est constante au cours du temps, alors il est possible d'estimer quand la matière qui a formé une galaxie donnée était dans notre voisinage immédiat (au moment du Big Bang). Actuellement, les derniers résultats donnent un âge proche de 13,7 milliards d'années.

     -L'âge des plus vielles étoiles. Plus une étoile est massive, plus elle brûle rapidement son combustible nucléaire et moins elle vit longtemps. L'analyse des étoiles observées dans l'Univers montre que les plus anciennes ont entre 13 et 16 milliards d'années. 

    - L'âge des plus vieux atomes. Le thorium 232qui  a une période de 14 milliard d'années  a permis d'évaluer l'âge de plus vieux atomes de l'univers entre 10 et 17 milliards d'années.

         b) La théorie et les grands accélérateurs de particules.

    Nous savons (aujourd'hui) que 4 forces fondamentales existent dans l'Univers: force nucléaire forteforce électromagnétiqueforce gravitationnelleforce nucléaire faibleLa théorie nous dit que si nous remontons très tôt dans le temps, il n'y aurait plus que deux forces, la force forte fusionnant avec la force électro-faible (à 10-35 seconde à une température de 1032 Kelvin). En remontant encore plus loin, on devrait assister à l'unification de toutes les forces. Mais là, les modèles théoriques manquent. La gravitation est décrite par la théorie de la relativité, alors que les trois autres forces sont du domaine de la physique quantique, ces deux grandes théories refusant de se "marier". Leur unification dans une éventuelle "gravitation quantique" est le graal de la physique actuelle.

         c) La limite de Planck. En "rembobinant le film à l'envers", depuis l'infiniment grand, nous sommes arrivés au big bang et au mur de Planck. Il semble qu'il ne puisse pas exister de temps plus court que 10-43 secondes. ni d'espace plus petit que 10-35 m dans notre Univers. 

         d) Ainsi on peut  résumer l'histoire de l'Univers actuellement: à 10-43 secondes, l'Univers avait un diamètre de 10-35 m et une température de 1032 degrés. Toute l'énergie qui existe aujourd'hui était déjà présente dans ce point singulier, rien n'a été "ajouté" depuis. Ce modèle initial du big bang, qui semblait bien établi dans les années 1980 a cependant dû faire face à deux problèmes majeurs. 

         3) Premier problème. Pourquoi l'Univers est-il si homogène?

    C'est pour résoudre le problème de l'horizon ainsi que le problème de la platitude qu'Allan Guth développa en 1980 la théorie de l'inflation: "il dota le big bang d'un véritable bang, plus explosif que celui auquel quiconque aurait pu s'attendre". Jonh Barrow explique dans "Les origines de l'univers" que "Si une telle accélération est possible, l'intégralité de l'Univers visible peut provenir de l'expansion d'une région suffisamment petite pour avoir pu être traversée par un signal lumineux depuis le début de l'expansion. Son homogénéité et son isotropie sont alors compréhensibles".

         4) Deuxième problème. Pourquoi l'Univers n'est-il pas totalement homogène?

    Il fallait que de très légères inhomogénéités existent, sortes de grumeaux, embryons des futures galaxies afin de pouvoir expliquer la structure actuelle de l'Univers. Et c'est bien le cas! En 1992, le satellite COBE a analysé depuis l'espace la structure du rayonnement de fond (voir le chapitre I-2 1 b) dans toutes les directions. Le résultat montre que la température varie de quelques cent millièmes de degrés entre les zones les plus sombres et les zones les plus claires, les plus claires étant en quelque sorte, les grumeaux de la soupe primordiale.

         5) conclusion de cet,article

    Ainsi, tout notre Univers vient d'un point très petit (infiniment petit?). Cela veut-il dire que que notre Univers a été créé par Dieu? Cela serait aller un peu vite! Pourtant on a retrouvé dans les papiers de Georges Lemaître la phrase suivante: "Je pense que quiconque croyant en un être suprême soutenant chaque être et chaque acte, croit aussi que Dieu est essentiellement caché et peut se réjouir de voir comment la physique actuelle fournit un voile cachant sa création". 

     

    I-4) Dieu revient très fort (partie1): Résumé de l'Article 9 partie 1.

    Dans cet article nous allons voir que Dieu a laissé plus d'indice et qu'en fait, "Dieu revient très fort". 

         1) Pourquoi l'Univers est-il si grand?

    Seuls les éléments légers (hydrogène, hélium...) se sont formés avec le big bang.  Beaucoup plus tard, les éléments tels que le carbone ou le fer ont été produits dans le coeur des étoiles alors que les éléments plus lourds sont apparus lors d'explosions d'étoiles, les supernovas, au cours desquelles sont atteintes des températures gigantesques. Ces étapes ont demandé des milliards d'années. Etant donné le temps qui est nécessaire à l'évolution pour aboutir à des êtres d'une complexité suffisante pour être conscients, il est théoriquement impossible que des être conscients puissent observer un Univers d'un diamètre de quelques milliards d'années-lumière. Le temps et l'espace étant liés, l'Univers dans lequel peuvent apparaître des observateurs conscients, nous en l'occurrence, ne peut être que gigantesque. Cela répond à la question "pourquoi l'Univers est-il si grand en comparaison de nous?". 

         2) Pourquoi l'Univers est-il si bien réglé? (explications: l'Article 9 partie 1 chapitre 2).

    Avec les superordinateurs on peut alors modifier les constantes fondamentales (masse du proton, charge de l'électronconstante de gravitation...) ou les forces (nucléaire forte ou faible...) et voir à quels Univers elles conduisent. En faisant varier les combinaisons de forces ou de constantes, on peut obtenir un nombre quasi-infini d'Univers différents. La grande découverte, c'est que presque tous les Univers sont stériles. Des coïncidences "extraordinaires semblent s'être conjuguées pour aboutir à l Univers tel qu'on le connaît:

         -"les conditions initiales" (densité initiale vitesse d'expansion). Elle a dû être très proche de la "densité critique" pour laquelle l'expansion n'est ni trop rapide, ni trop lente. Le réglage de la densité par rapport à la vitesse d'expansion a dû être incroyablement précis à l'origine (de l'ordre de 1/1060 ?). 

         -La charge électrique de l'électron et du proton sont exactement les mêmes, mais de signe opposé. 

         -Le rayonnement du rayonnement du fond cosmologique, "fossile" du big bang", est très homogène, sans l'être totalement. 

         -La force nucléaire forte. Si elle était un peu plus faible, les étoiles se formeraient bien, mais le feu thermonucléaire ne pourrait pas s'allumer. Un tel Univers serait mort. 

         -La masse du neutron est un peu plus grande que celle du protonCela entraîne la désintégration rapide du neutron (voir les conséquences dans l'Article 9 partie 1 chapitre 2). 

         On peut multiplier les exemples de cette sorte comme le montre l'ouvrage de Jonh Barrow et Frank Tipler, "The anthropic cosmological principle". L'existence d'un réglage précis pourrait être un heureux hasard, mais on se trouve devant toute une série de réglages précis, a priori indépendants les uns des autres, qui reposent sur une quinzaine de constantes fondamentales et de conditions initiales. Cela pose des formidables questions qu'on ne peut ignorer et cela constitue certainement la base d'une nouvelle approche de l'Univers..  

         3) Le principe anthropique: lorsque la science pose ouvertement la question du sens.

    C'est l'astrophysicien Brandon Carter, qui le premier en prenant conscience de cette situation l'a érigée en principe: le "principe anthropique". Les discussions autour de ce principes sont aussi passionnées que contradictoires. (voir l'Article 9 partie 1 chapitre 3) dont l'épilogue est: peut-on dire alors qu'il est démontré que l'Univers correspondrait au déroulement d'un projet? Celui de Dieu?

     

    I-5) Dieu revient très fort (partie2): Résumé de l'article 9 partie 2).

         1) Une infinité d'univers parallèles permettent-ils d'éviter Dieu?

    Allan Guth avait développé l'idée d'inflation. Le cosmologue Andreï Linde a, lui, développé un modèle d'inflation éternelle. Dans ce modèle, la processus permet à des "mini-univers" de s'engendrer les uns les autres. On parle même de "code génétique". POur résumer la situation:

         -Soit il y a une infinité ou un nombre immense d'Univers (10 puissance 80 voire 100 ou 120) et nous sommes là par hasard dans le seul qui a donné la bonne combinaison, les autres étant stériles.

         -Soit il n'y a qu'un seul univers, mais alors il faut postuler l'existence d un principe créateur ou d'un Grand Architecte, parce que le réglage de cet univers est tellement précis qu'on ne peut pas être là par hasard"  comme le dit Trinh Xuan Thuan.   

    Qu'il existe un seul Univers dont les réglages seraient dus au hasard est donc extrêmement improbable et la science ne démontre nullement la nécessité d'un principe créateur ou d'un Dieu, mais on peut considérer qu'elle amène à examiner cette question sans recourir à des principes théologiques ou métaphysiques, mais à des réflexions fondées sur nos connaissances scientifiques. Le postulat d'un très grand nombre d'Univers parallèles constitue un échappatoire qui ne résout pas vraiment le problème.

         3) Quand les  matérialistes sont sous la menace d'un coup de rasoir.

    L'argument du "rasoir d'Occam", selon lequel il ne faut pas multiplier les entités sans nécessité, et mis en scène par Umberto Ecco dans "le nom de la rose", a été, durant des siècles, une arme utilisée par les matérialistes pour se défendre contre les spiritualistes. Ce "principe d'économie" est considéré comme l'une des bases de la démarche scientifique. Faire l'hypothèse qu'il existe un Dieu, des anges ou tout autre entité qui n'est pas strictement nécessaire, c'est de la métaphysique. C'est ce qu'affirment les matérialistes dans leur certitude de représenter la rationalité. La cosmologie moderne retourne maintenant la situation. Pour éviter l'existence d'un principe créateur, la seule échappatoire que le principe anthropique laisse semble être de postuler une infinité d'Univers parallèles, tous inobservables. Maintenant, ce sont donc les matérialistes qui tombent sous le coup du rasoir d'Occam et à qui on peut donc prêter le fait de faire de la métaphysique et non de la science. 

         4) L'hypothèse d'un créateur n'est plus hors du champ de la science.

    Une critique adressée au principe anthropique est d'être antiscientifique parce qu'il évoque l'existence d'un principe créateur. C'est ce que dit Christian Magnan dans lacosmo.comMais la vraie question est: qu'est-ce qui en théorie, empêche la science de s'occuper de l'existence ou de la non-existence de Dieu? Rien comme le prouve un article récent écrit par deux astrophysiciens chinois vivant aux Etats-Unismessage in the sky".qui montre que la science peut traiter de l'existence d'un créateur, mais attention, traiter la question de cette existence ce n'est pas obtenir une réponse.

         5) Et voici le principe anthropique "superfort"!.

     "L'Univers n'est pas seulement adapté à l'existence d'observateurs intelligents comme nous, mais également à l'existence d'observateurs beaucoup avances et  intelligents que nous". Voir les implications dans l'article 9 partie 2 chapitre 5)  

    On peut penser que si Dieu existe et qu'il a conçu un univers réglé de telle façon que nous puissions y apparaître, celui-ci soit adapté à ce que nous pourrions être dans un milliard d'années. et éviter qu'avec des niveaux immensément élevés de civilisation, l'une d'entre elles puisse "déchirer le tissu de l'espace-temps" et que, comme dans le livre d'Arthur C. Clarke, toutes les étoiles s'éteindre une à une...(L'hypothèse selon laquelle la création d'une bulle de "faux vide"  qui pourrait conduire à une destruction progressive de notre Univers a été prise au sérieux au début des années 1980). De même on peut penser qu'il a pris ses précautions pour préserver sa cohérence et interdire, entre autres, le voyage dans le temps, ce que Stephen Hawking a appelée "la conjecture de protection chronologique 

         6) Dieu et la longueur d'absorption des neutrons.

    Mais, revers de la médaille, si la cohérence de l'Univers peut apparaître comme un indice de la validité du principe anthropique fort, la "longueur d'absorption du neutron"pourrait bien être un "horrible petit fait" qui "tue cette belle théorie.

    Partons de la réaction de fission nucléaire: l'uranium 236 étant instable, il éclate en créant deux atomes plus petits et en émettant plusieurs neutrons. Les neutrons émis vont être absorbés par d'autres atomes d'uranium 235 qui vont à leur tout se transformer en uranium 236, provoquant une réaction en chaîne. Si la "distance de réabsorption du neutron dans l'uranium avait été seulement dix fois plus importante, une réaction nucléaire aurait nécessité un volume de matière fissile mille fois plus grand; ce qui aurait accru la masse critique d'autant et eût rendu la réalisation des bombes (et des réacteurs) économiquement inenvisageable."  

    A l'inverse du principe anthropique et de cohérence, y aurait-il un principe de destruction?  En fait ce n'est pas un argument contre le principe anthropique fort. Si Dieu existe, l'observation du monde montre qu'il tient à respecter notre libre arbitre: nous sommes absolument libres de faire le bien ou le mal et de fabriquer des bombes atomiques ou seulement des centrales nucléaires. La seule chose importante,c'est que nous avons le choix entre des utilisations positives ou des utilisations négatives, entre le bien et le mal. En revanche dans le cas de la "bulle de vide" que nous avons évoquée au chapitre 5, il n'y a pas d'utilisation positive, leur utilisation détruirait soit l'Univers, soit sa cohérence. Mais cela pose la question: et si la la mort planétaire était programmée?
         7) Mais où sont-t-ils?
    les extra-terrestres et le paradoxe de Fermi (voir 
    l'article 9 partie 2 paragraphe 7). Ce paradoxe a fait couler beaucoup d'encre comme on peut le constater dans wikipedia: le paradoxe de Fermi. Mais comme le suggère "peut-être est-ce là une incroyable conséquence de la longueur d'absorption du neutron. Dans ce cas, le principe thanathropique serait un garde-fou destiné à empêcher une espèce de conquérir, et donc de perturber toute une galaxie." 

         8) Conclusion. Que penser du principe anthropique et d'un créateur? 
    On le voit, il y a beaucoup de débats autour du principe anthropique. Si les réticents y voient une atteinte à la scientificité, il n'en reste pas moins que la science elle-même réintroduit la question (et non la réponse, qui reste personnelle) d'un créateur au sein même de la démarche scientifique. 
    Tous ces développements ont fait voler en éclats le "postulat d'objectivité de la nature" cher à Jacques Monod (le"refus systématique de considérer comme pouvant conduire à une connaissance "vraie" toute interprétation des phénomènes donnée en termes de causes finales, c'est à dire de projet.") 

    C'est un bouleversement épistémologique énorme que le scientisme s'interdisait. Ces développements inversent les rapports entre matérialistes et spiritualistes. Les matérialistes sont maintenant menacés par le tranchant du "rasoir d'Occam".


    I-6) Où il fait plus noir que vous ne l'imaginez : Résumé de l'article 10).

         1) Les trous noirs.
    Après avoir évoqué la possibilité d'un principe créateur  avec le principe anthropique, nous allons terminer notre parcours dans l'Univers en passant en revue des être étranges de ce "grand bestiaire céleste" dont certains sont maintenant observés alors qu'ils n'étaient au début que objets théoriques issus des conséquences de la Relativité générale.
    Commençons notre exploration par les trous noirs. Nous savons par la relativité générale que toute masse courbe l'espace autour d'elle. Plus un corps est massif, plus cette courbure sera forte. Imaginons alors un corps tellement massif et comprimé dans un rayon si petit qu'on ne puisse sortir du puits que ce corps creuse dans l'espace-temps que grâce à une vitesse supérieure à celle de la lumière. En 1915, l'astronome Karl schwarzschild fut le premier à théoriser ce qui pouvait se passer dans un tel cas. Les astronomes et physiciens, résistèrent longtemps à une telle idée tellement elle paraissait folle. Mais à l'heure actuelle, le progrès des connaissances est tel ceux-ci font partie des connaissances d'un nombre de plus en plus grand de personnes. Mais qu'est-ce qu'un trou noir et comment se forme t-il? Les étapes nous en sont contées par futura-sciences.com. 

    Mais comment être sûr qu'on a affaire à un trou noir? L'Observation directe est quasiment impossible. Une des premières méthodes de détection d’un trou noir est la détermination de la masse des deux composantes d’une étoile binaire, à partir des paramètres orbitaux. Cygnus X-1, détecté en 1965, est le premier objet astrophysique identifié comme pouvant être la manifestation d’un trou noir. C’est un système binaire qui serait constitué d’un trou noir en rotation et d’une étoile géanteOn connait de nombreux autres candidats dont les plus gros, tapis au coeur de galaxies appelées "quasars", auraient une masse équivalente à 1 milliard de soleils. 

         2) Un raccourci à travers l'espace-temps les trous de ver (vidéo).Deuxième objet, les trous de ver", sont eux-aussi rendus possibles par la Relativité générale, même s'ils sont plus spéculatifs que les trous noirs. "En 1935Einstein et Rosen  "découvraient [...] en combinant les équations de la gravitation et celles de l'électromagnétisme que [...] des "feuillets" repliés sur eux-mêmes pouvaient être reliés par de nombreux "ponts" à l'échelle quantique". Depuis lors, il a été souvent imaginé des "raccourcis" permettant de connecter deux régions de l'espace de façon bien plus rapide que s'il fallait parcourir la distance "normale". Kip Thorne, l'un des plus grands experts dans les applications de la théorie de la relativité générale d'Einstein décrit comment les trous de ver pourraient être utilisés pour les voyages dans le temps. Mais ses travaux montrent que si on veut utiliser un trou de ver, celui-ci explose dès qu'il est prêt à fonctionner en temps que machine à voyager dans le temps. On retrouve là ce que nous avons vu dans l'article 9-2 (chapitre 5)il n'est pas encore démontré que le voyage dans le temps est impossible, ce n'est pour l'instant qu'une supposition que Stephen Hawking a appelée "la conjecture de protection chronologiqueMais si une démonstration venait à être faite, cela renforcerait le principe anthropique superfort selon lequel la cohérence de l'Univers serait plus forte que la cohérence minimale nécessaire à l'existence d'une civilisation comme la notre.  

         3) Des mirages dans l'espace. Troisième objet du grand bestiaire céleste, "les mirages gravitationnels
         4) Quand l'invisible devient plus important que le visible.
    Fritz Zwicky, avait prédit l'existence de  la matière noire. En effet, en mesurant la vitesse de déplacement d'un ensemble de galaxies, celui de l'Amas de la Chevelure de Bérénice ou Amas de Coma, il s'aperçut que le masse visible de ces galaxies était beaucoup trop faible pour qu'elles restent ensemble étant donné leur grande vitesse. Il en déduisit que cet amas devais contenir une quantité de matière environ 10 fois supérieure à celle de la matière visible pour créer une force gravitationnelle suffisante pour assurer sa cohérence, mais cette matière était invisible. Depuis, il a été montré que c'est le cas non seulement pour les amas, mais aussi pour quasiment toutes les galaxies. Mais de quoi est constituée cette matière invisible ou matière "noire"?
    -1) Ce serait de la matière ordinaire que nous ne voyons pas
    -2) Il pourrait s'agir aussi de matière noire "exotique", soit de matière noire "chaude" composée de particules légères et rapides, soit de "matière noire "froide", composée de particules lourdes et lentes. Les deux catégories interagissent très peu avec la matière et sont donc très difficiles à détecter.
    La nature de la matière reste encore une inconnue, mais comme nous allons le voir, il y a encore plus fort...
         5) L'énergie noire: une mystérieuse force répulsive.
    L'accélération de l'expansion de l'univers a été mise en évidence en 1998 par deux équipes internationales, le Supernova Cosmology Project et le High-Z supernovae search team, équipes qui cherchaient à détecter des supernovaes de type Ia à mesurer la vitesse avec laquelle elles s'éloignaient de nous (le fameux "décalage vers le rouge). Leur but était en fait de mesurer la décélération supposée de l'Univers. Pourtant les résultats montrèrent le contraire. Après 7 milliards d'années d'expansion de l'Univers, celle-ci a progressivement ralenti et à partir de là, on constate une inversion.

    Cette accélération semble due à une force répulsive. Nous avons vu en I-2 paragraphe 3 que pour expliquer l'homogénéité de l'Univers, Allan Guth avait proposé un mécanisme plausible permettant l'existence d'une nouvelle forme de constante cosmologique, produisant un effet répulsif et contrecarrant les effets de la gravitation). On se rappelle que ce terme correctif aux équations d'Einstein, la constante lambda, avait été introduite pour "stabiliser l'univers" et empêcher son expansion, car selon Einstein, celui-ci devait rester statique. Selon futura-sciences.com, nul ne sait encore quelle est la nature de cette énergie. L'expansion accélérée pose de redoutables problèmes, comme celui de l'énergie quantique du vide, et constitue un défi majeur pour les théoriciens. En outre, elle pourrait surtout être une fenêtre ouverte sur de la physique au-delà du modèle standard, comme celle de la supergravité.

         6) L'unification: la quête du Graal du XXIè siècle.

    La détermination de la nature de la matière  noire et de l'énergie noire va être un des chantiers importants de la physique du XXIè siècle. Un autre chantier fondamental se situe dans la suite du rêve d'Einstein, il concerne l'unification de la relativité générale et de la physique quantique. Un des "candidats" les plus sérieux à cette unification semble la théorie des cordes que présente "Futura-scienceA partir de 1984 ont été développées 5 théories de "supercordes" qui nécessitent l'existence de 9 à 25 dimensionsC'est alors qu'en 1995, Edward Witten a montré qu'elles pouvaient être elles-aussi unifiées par une théorie unique, la théorie M qui elle , comprend 11 dimensionsAutres théories: 

         -Alain Connes a développé une théorie fondée sur la géométrie non commutative dont un des buts serait d’obtenir un cadre mathématique cohérent dans lequel il serait possible d’écrire une gravitation quantique.

     

         -L'Univers chiffonné de Jean-Pierre Luminet est une structure qui implique qu'en fait, l'Univers réel serait plus petit que l'univers observable. Une des galaxies lointaines serait des mirages et des mages fantômes de galaxies plus proches.

         -La relativité d'échelle de Laurent Nottale est "fondée sur les travaux des Américains Richard Feynman et Albert Hibbselle consiste à supposer que les trajectoires des particules sont fractales,

     

         7) combien d'autres dans la galaxie?

    Après avoir sondé les mystères de l'Univers, du visible et de l'invisible, nous pouvons poser la question: sommes-nous seuls? C'est sans doute un des ultimes chantiers du XXIè siècle qui, à l'opposé du précédent, qui est entièrement spéculatif, concerne purement l'observation. 

    On peut citer Frank Drake, qui a mené la première expérience moderne de SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence, que l’on peut traduire par « recherche d’une intelligence extraterrestre ». On a encore peu de résultats.

    Par contre, la détection des exoplanètes est désormais possible. En 1995, les suisses Michel Mayor et Didier Queloz ont été les premiers à détecter une planète extrasolaire autour de l'étoile Pégase 51Depuis, plusieurs centaines de planètes ont été détectées. Avec la progression des moyens d'investigation, des millions de planètes seront probablement découvertes. Depuis, plusieurs centaines de planètes ont été détectées. Avec la progression des moyens d'investigation, des millions de planètes seront probablement découvertes.








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  • Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus

    (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

     

     

    Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

    Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


    Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

    Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

    Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

    Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

    Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

    Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

    Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

    Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...première partie

    Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...deuxième partie

    Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...

    Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance...

    Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang...La deuxième fissure dans les théories classiques

    Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang... la genèse du 

    Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

    Notre existence a t-elle un sens? 9-2) Dieu revient très fort partie 2

    Notre existence a t-elle un sens? 10) où il fait plus noir que vous ne l'imaginez

    Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)

     

    Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

     

    jeunes-cathos.fr -réalité invisible

     

     

    I) Faisons une halte dans cette série d'articles pour faire le point sur ma lecture de cette première partie de l'ouvrage de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens.

    Je fais cette halte en deux étapes. Dans cette première étape, je résume les articles au cours dequels nous avons assisté à la naissance de la science qui a finalement abouti à un désenchantement du monde. Nous nous sommes intéressés à la physique quantique, à l'infiniment petit et à la connaissance en nous posant la question "qu'est-ce que le réel?". Dans la deuxième partie de cette halte, nous examinerons l'infiniment grand et l'origine de l'Univers.


    I-1) Dans  l'article 1 j'ai présenté la préface du livre de jean staune par Trinh Xuan Thuan

    I-2) Dans l'article 2) nous avons abordé "la question la plus importante qui soit": le désenchantement du monde (et de l'homme!)

         1) Comment naquirent les dieuxPendant des millénaires, l'homme, face aux phénomènes inexpliqués ne pouvait faire autrement que d'en attribuer la cause à l'action de forces invisibles, qui, bien que ne faisant pas partie du monde, avaient un effet sur le monde. C'est ainsi que naquirent les dieuxOn peut le voir à travers deux intuitions et conceptsl'existence de sépultures où l'on déposait des offrandes de nourriture auquel s'est très vite rajouté celui de la survie de l'homme après la mort

         2) Le développement de la pensée rationnelle à partir des penseurs grecs.

     C'est il y a environ 2500 ans que les premiers philosophes matérialistes ce sont attaqués à ces deux intuitions. Bernard Pullman a bien analysé leur but. C'est pour délivrer leurs contemporains de la peur qui découlait de la croyance selon laquelle leur destin dépendait du bon vouloir des dieux que Démocrite, LeucippeEpicure défendent leur théorie, la première "théorie atomique", qui explique la genèse du monde dans lequel nous vivons, par l'interaction aléatoire de composants élémentaires: les atomes. Pour ces penseurs, il n'y a pas lieu de craindre les dieux, parce que le monde suffit pour expliquer le monde.

         3) Une "fin de l'histoire?". Les années 1900 marquent l'aboutissement de cette progression de la connaissance depuis les penseurs grecs atomiste: c'est l'époque des certitudes. Elles firent dire à Lord Kelvin, l'un des plus grands physiciens du XIXè siècle: "La physique a fourni une explication cohérente et à priori complète de l'Univers." ou encore "There is nothing new to be discovered in physics now, All that remains is more and more precise measurement."

         4) Le désenchantementCette vision du monde issue de l'évolution des sciences n'aboutit pas exactement au résultat qu'auraient pu espérer le philosophes grecs. Elle a eu, au XIXè siècle, un énorme retentissement artistique, intellectuel, philosophique (on a pu assister au développement des philosophies de l'absurde). Ces domaines ont connu une progression du "non-sens" qui eut une influence en matière d'éthique alors que les objectifs du projet d'explication du réel par le réel tels qu'ils étaient énoncé par certains philosophes grecs étaient de libérer l'homme de la peur, des dieux et de l'au-delà pour lui permettre de mener une vie sage et responsable [...] Avec la vision réductionniste ("nous ne sommes rien d'autre que..."), un garde-fou essentiel vient de disparaître. Rappelons-nous l'eugénisme nazi et la volonté des staliniens de créer un homme nouveau...

    Antoine de Saint Exupéry était un ceux qui avaient le mieux perçu ce problème, il y a plus d'un demi-siècle. Il perçoit le "drame de l'humanisme athée": l'impossibilité de un fondement solide à l'humanisme dans un monde où l'homme ne serait "rien d'autre que..."

         5) Conclusion: Ce que dit Saint Exupéry est terrible. Ses propos écrits en 1940, au coeur d'une lutte contre la nazisme qui semblait sans espoir, constituent un avertissement essentiel.

    Le nazisme et le communisme ont été vaincus, mais il semble qu'aujourd'hui nous soyons dans la situation de ces personnages de dessins animés qui courent sur une falaise, puis courent un certain temps au-dessus du vide, s'aperçoivent qu'il n'y a rien et tombent à la verticale. Nous n'avons plus de fondements pour notre humanisme, mais nous ne nous sommes pas encore aperçus. On peut entrevoir, comme le suggère presque Joël de Rosnay, l'hybridation homme-machine et l'émergence d'un nouvel être, avec un saut dans l'évolution, contrairement à ce qu'affirment la plupart des Darwinistes. Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley est à nos portes et face à lui, nous sommes désarmés, car nos "garde-fous éthiques" ont disparu. 


    I-3) Dans l'article 3 nous avons examiné comment on peut réagir face à ce désenchantement du monde.

         1) La philosophie et la question "comment vivre?": nous avons ainsi progressivement assisté au triomphe du "faire", et à des progrès fulgurants du "vivre" et de la technologie, mais le "comment vivre?" de toutes les doctrines a plutôt été laissé-pour-compte. Il reste donc une question fondamentale: celle de la condition humaine. Sommes nous, comme le pensent  Jacques Monod,  Francis Crick et Jean-Pierre Changeuxdes "paquets de neurones perdus dans l'immensité indifférente de l'Univers"? Ou existe-t-il un autre niveau de réalité que celui dans lequel nous vivons actuellement? Si oui, pouvons-nous entrer en contact avec lui, comment le pensent tours les grandes traditions de l'humanité?

         2) La question fondamentale: la condition humaine.  Si les réponses à la question "comment vivre", apportées depuis les millénaires par des conceptions non matérialistes du monde s'avèrent être des illusions, les valeurs minimales à respecter ne vont-elles pas voler en éclat, au profit de conceptions d'apprentis sorciers désireux de modifier l'être humain et d'adeptes de l'intelligence artificielle désireux de nous remplacer par des robots? 

         3) Sauvegarder les valeurs? Comment? Seule une transcendance peut servir de fondement. Si elle n'existe pas, il nous faut respecter "une morale sans fondement". André Comte-Sponville montré dans "une morale sans fondementque nous ne pouvions fonder nos valeurs et notre morale:

         -Ni sur l'homme (comme le pensent les humanistes matérialistes) car il est capable du pire.

         -Ni sur la nature (comme le pensent les écologistes) car elle est amorale. 

         -Ni sur l'histoire (comme le pensent les marxistes) car elle ne possède pas un sens précis. 

         -Ni sur la science (comme le pensent les scientistes) car, comme la nature, elle ne peut aborder les questions de morale. 

         4) La question "notre existence a-t-elle un sens?" est donc de la plus grande importance, car elle a un effet sur notre vie de tous les jours et peut-être la survie de notre civilisation dans le long terme en dépend-elle? la condition humaine est certainement la question fondamentale. Si la science est à même d'apporter des réponses à la question Notre existence a-t-elle un sens?Seule une transcendance peut servir de fondement pour vivre mieux notre condition humaine. 

     

     I-4) Dans l'article 4, "vers de nouvelles lumières", nous avons commencé à explorer notre connaissance du réel.

         1) Le XXè siècle a vécu en science un évènement rare: un changement de paradigme. Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie.

         2) Résistances aux changements de paradigme? Le passage d'un paradigme à un autre est loin d'être un "fleuve tranquille", processus cumulatif, réalisable à partir de variantes de l'ancien paradigme. C'est plutôt une reconstruction  sur de nouveaux fondements, reconstruction qui change des généralisations théoriques les plus élémentaires. Quand la transition est complète, les spécialistes du domaine ont une toute autre façon de considérer leur domaine, ses méthodes et ses buts. Mais les résistances au changement de paradigme sont nombreuses et empêchent souvent les scientifiques de voir les faits.
         3) Nouveaux paradigmes au XXè siècle: dans les nouveaux concepts, il est question d'incomplétude, d'imprédictibilitéd'incertitude, d'indécidabilité... On pourrait croire qu'il s'agit d'un recul du savoir, d'une abdication de l'homme devant des mystères qui le dépassent. Au contraire, la méthode scientifique permet de savoir les raisons pour lesquelles nous ne savons pas, et souvent, les raisons pour lesquelles nous ne saurons jamais certaines choses. C'est un renversement de perspective qui est un progrès et non un échec de la science. Malgré leur diversité, leur convergence nous permet de parler d'un nouveau paradigme global. Ce phénomène est semblable à celui du passage de la vision du monde du Moyen-Âge à celle des Temps Modernes

     

    I-5)  article 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable. Naissance de la mécanique quantique

         1) Quel est le cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900 (wikipedia.org -années 1900 en science): 

         a) -Nous vivons dans un univers où le temps, l'espace, l'énergie et la matière forment le cadre de ce qui est.

         -Le  principe de causalité  règne en maître absolu: tout ce qui se produit dans l'univers a une cause physique.

         -L'Univers repose sur des bases sûres telle que les notions de force, de "trajectoire" et de point matériel, claires et distinctes et qui permettent de comprendre comment il fonctionne.

         -Le réductionnisme est une méthode adéquate pour explorer la réalité.

         b) Le déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche. Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir. Or ces deux petits nuages deviendront deux tornades qui balayeront les conceptions de la physique de Newton: le relativité et la physique quantique

         2) Des notions de base étranges.

         a) Le problème du rayonnement du corps noirA la fin du XIXè siècle, le problème du "rayonnement du corps noir" reposait sur les anomalies du spectre d'un corps noir lorsqu'il est chauffé. Le rayonnement qu'il émet se situe d'abord dans le visible, puis dans l'ultraviolet. Il était alors impossible d'établir une loi rendant compte à la fois des observations dans l'ultra-violet et dans l'infrarougePour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l'hypothèse des quanta: le rayonnement du corps se fait par quanta (entités invisibles) contenant chacune une énergie égale à hv. L'énergie est donc émise de façon discontinue. Ce problème, qui semblait mineur, déclencha le cataclysme conceptuel qui devait conduire à l'élaboration de la mécanique quantique.  

         b) Mais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l'effet photo-électriqueCe résultat était encore plus surprenant que le précédent car, si Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L'expérience des fentes d'Young confirmait largement cette dernière théorie. Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens.

         c) Puis ce fut le tour de la matière d'être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l'atome, encore avec l'aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau, et qu'ils passent de l'une à l'autre sans passer par des orbites intermédiaires. 

         d) Mais ça n'était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux "principe d'incertitude" dans lequel h joue un rôle central. Et un deuxième bouleversement se produisit lorsque, partant de l'idée que la lumière, considérée comme une onde, pouvait être également considérée comme formée de particules, Louis de Broglie montra en 1923 qu'il était possible d'attribuer une fréquence, et donc des ondes, aux particules matérielles.

         3) Lorsqu'un électron se rencontre lui-même. La matière s'évanouit? Onde ou corpuscule? Dans l'expérience des fentes d'Young remplaçons maintenant la source de lumière par un canon à électrons capable d'envoyer des électrons un par un et donc ne pouvant pas interférer avec d'autres électrons.

         a) lorsqu'une seule fente est ouverte, les électrons sont ondulatoires dès qu'ils quittent le canon et passent en état ondulatoire par la fente ouverte. Ils diffractent, ce qui leur permet d'aller sur tout l'écran.

         b) Lorsque les deux fentes sont ouvertes, "il n'y a pas d'autre issue possible, la dure conclusion est inévitable...que nous le voulions ou non, cet électron isolé est passé par les deux ouvertures  en même temps, et à la sortie, il a interféré avec lui-même." Bien sûr, il ne se coupe pas en deux, mais il y passe sous forme ondulatoire.

         c) Lorsque le contrôle est mis en place sur les fentes, un première réduction du paquet d'ondes a lieu? L'électron se réduit et passe par une fente et une seule sous forme de particule. Dès qu'il a quitté la fente, il redevient sous forme ondulatoire, mais il ne peut plus interférer avec lui-même, étant passé sous une seule fente. il ne peut que diffracter. Le résultat est le même que si une seule fente est ouverte.

    Tout se passe comme si l'électron était une onde lorsqu'on ne l'observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps et d'interférer (se rencontrer) avec lui-même. Mais dès qu'il est observé, ou qu'il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la "réduction du paquet d'ondes". Ce qui vient d'être dit est vrai pour toutes les particules. Selon le principe de complémentarité de Bohr, il faut imaginer que l'électron est à la fois onde et particule. On ne peut donc même plus se représenter ce que l'électron (ou tout autre particule) est réellement, sa nature est contradictoire avec le sens commun. Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d'entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets. Non seulement la notion d'objet est remise en cause, mais c'est la notion de trajectoire qui disparaît. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire 
    avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.


    I-6)  Article 5 deuxième partieAu-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable - la non-localité. 

         1) Le paradoxe EPR et la découverte de la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité.
         a) La controverse Einstein-Bohr: Einstein réfutait les idées de Bohr en mettant au point des "expériences de pensée" dont le simple énoncé devait démontrer que la physique quantique était incomplète et Bohr démontrait illico que la physique quantique répondait à ces objections et donc gardait son statut de théorie achevée. La cible prioritaire d'Einstein était le principe d'incertitude ("Dieu ne joue pas au dés" disait-il). En 1935, il pensa frapper le coup décisif avec le "paradoxe EPR", du nom d'Einstein et de deux de ses collaborateurs, Boris Podolsky et Nathan Rosen

         b) Le paradoxe EPR. Leur article, l'un des plus célèbres de l'histoire de la physique, s'intitule: "Peut-on considérer que la mécanique quantique donne de la réalité physique une description complète?".  Le but premier était de réfuter l'interprétation de Copenhague de la physique quantique. L'argument EPR, tel que présenté en 1935, est fondé sur le raisonnement suivant. tout d'abord il faut rappeler que le principe d'indétermination interdit de connaître simultanément la valeur précise de deux quantités physiques dites incompatibles (typiquement, la vitesse et la position d'une particule). Plus on mesure avec précision une quantité, plus la mesure de l'autre est indéterminée. En conséquence de ce principe, EPR en déduit deux affirmations mutuellement exclusives :
         -Soit la description de la réalité donnée par la mécanique quantique n'est pas complète.
         -Soit les deux quantités physiques incompatibles n'ont pas simultanément une réalité objective.

    Niels Bohr répondit immédiatement. Sa réponse est relativement obscure, même pour des physiciens professionnels: "La question essentielle est celle d'une influence sur les conditions même qui définissent les types possibles de prédiction relatives au comportement futur du système."  Il semble affirmer que la mesure sur une particule aura bien un effet sur l'autre, où qu'elle se trouve.

    Einstein n'accepta jamais cette réponse. En effet, une telle influence doit être supra-lumineuse. Il soutenait le "principe de localité" et raillait cette "action fantôme à distance".

         c) Jonh Bell apporte une réponse en 1965. Il montra qu'un test expérimental était possible, non avec des positions et des vitesses, mais avec les polarisations des photons.

    Il existe des relations entre les résultats des mesures sur certains couples de photons, qui doivent être toujours être respectées si les deux photons possèdent dès le début une polarisation. Ces relations sont exprimées par les "inégalités de Bell". Si ces inégalités sont violées, c'est une démonstration de la fausseté de cette hypothèse (les particules portent en elles des propriétés bien déterminées avant la mesure). voir les détails dans l'article 5 deuxième partie 1 c).
         d) Les expériences d'Alain AspectLa réalisation d'expériences EPR a commencé à être techniquement envisageable à partir de 1969, mais en 1980, il manquait encore une expérience décisive vérifiant la réalité de l'état d'intrication quantique, sur la base de la violation des inégalités de Bell. Alain Aspectphilippe Grangier et Gérard Roger ont mis au point une expérience de ce type à l'université Paris XI. En 1982, l'expérience livra un verdict implacable: si l"on choisit d'effectuer ces mesures sur les photons dans certaines directions, les résultats violent les inégalités de Bell. Einstein avait tort, le principe de localité vole en éclats. Ainsi, la prédiction la plus incroyable de la physique quantique était vérifiée. Un des fondements de la science classique et de toute conception "raisonnable" du monde et du réel (selon la conception d'Einstein), venait de disparaître.
         2) La non-localité: D
    orénavant, toute théorie physique relative à la nature du monde se devra d'intégrer la non-localitéJonh Bell lui-même l'a proclamé à plusieurs reprises dans "speakable and unspeakable in quantum mechanics":  Pour Jean Brickmont, l'un des porte-drapeau des physiciens les plus rationalistes et matérialistes: "La non-localité est une propriété de la nature établie à partir d'expériences et de raisonnements élémentaires, indépendamment de l'interprétation que l'on donne au formalisme quantique. Par conséquent, toute théorie ultérieure qui pourrait remplacer la mécanique quantique devra également être non-locale". 
    Rappelons ce que disent Sven Ortoli et Jean Pierre Pharabod: "La physique quantique porte en elle les germes d'une immense révolution culturelle qui, pour le moment, n'a été réalisée qu'à l'intérieur d'un petit cénacle de scientifiques. "Alors, la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité?

    I-7) Article 6 première partieVers un réalisme non physique première partie.
        

         1)  Quels sont les faits? (Qu’est-ce que le Réel ?)

     Le Principe d’incertitude de Heisenberg nous enseigne qu’une incertitude fondamentale existe dans l’Univers au niveau des particules élémentaires. Le déterminisme n’est pas universel.

     L’expérience des fentes de Young nous montre que les fondements de la matière ne sont pas des objets matériels.

     L’existence d’une dimension non-locale ou holistique dans l’Univers a été démontrée expérimentalement. Toute future théorie relative à la réalité devra tenir compte du fait que, dans certaines situations, deux particules doivent être considérées comme un unique objet quelle que soit la distance qui les sépare.

     Nos concepts traditionnels concernant le temps, l’espace, les objets, les trajectoires, la causalité ne s’appliquent plus au niveau microphysique.

     Le monde qui nous entoure, celui des phénomènes, ne peut être décrit sans tenir compte de la façon dont nous le mesurons. On dit qu’il a une objectivité faible.

     La réalité véritable est, par définition, à objectivité forte : elle ne dépend pas de la façon dont nous l’observons. Si une telle réalité existe, elle ne peut être identifiée à la réalité phénoménale, celle où nous vivons.

     Si l’on veut rester réaliste, il faut donc postuler un réalisme non-physique dans lequel la réalité véritable ne correspond pas à ce que l’on peut voir, mesurer, toucher. Elle est en grande partie voilée.

     A moins d’adopter des modèles cohérents en terme de formalisme mais ayant des conséquences absurdes (univers parallèles…) ou des modèles dont le formalisme pose des problèmes (potentiel quantique), il semble bien que cette réalité indépendante ne puisse être conçue comme étant immergée dans l’espace-temps. Et qu’il en est de même pour les particules élémentaires qui constituent le fondement de tout ce que nous pouvons observer.

     Toutes les recherches actuelles semblent montrer que loin de revenir aux conceptions classiques, la physique se dirige vers des visions encore plus éloignées de nos concepts familiers.

         2) Et si la science n'avait rien à dire sur la réalité?
    La majorité des physiciens adoptent l'interprétation la plus classique de la physique quantique dite "interprétation de Copenhague" (à cause de Niels Bohr). Pour Bohr, "La physique quantique porte non pas sur la réalité, mais sur la connaissance que nous en avons"; donc "la physique quantique permet simplement à des observateurs disposant d'appareils de mesure de représenter correctement les observations. Il est vain et sans signification de chercher à expliquer pourquoi elle marche. Il suffit de constater qu'elle marche et d'appliquer son formalisme." Elle prévoit les résultats des expériences, mais il est vain de chercher à se représenter la réalité qui pourrait exister (ou ne pas exister) derrière les phénomènes observés. Mais pour ceux qui voudraient comprendre la nature du monde, c'est selon l'expression d'Etienne Klein, une "machine à fabriquer des frustrés". Certains, tels Pascual Jordan, plongent dans l'idéalisme et vont jusqu'à ôter toute signification à la question de l'existence d'une réalité. La causalité du sens commun semble remise en cause et Bernard d'Espagnat parle de causalité élargieIl a pu écrire: "[...] les physiciens font usage de la mécanique quantique plus qu'ils ne cherchent à en étudier les fondements. Même les physiciens qui se disent réalistes adoptent volontiers une telle attitude. Savent-ils tous à quel point ils s'écartent de tout réalisme - ou matérialisme! [...]. 

         3) Le réalisme non physique. 

    La question du réalisme en science physique, c'est-à-dire celle qui postule l'existence d'une réalité indépendante des observateurs a été remise en cause par l'interprétation de Copenhague.  Alors, que reste-t-il pour ceux qui veulent aller au-delà de l'idéalisme?

    Il existe une position de type réaliste, mais elle est aux aux antipodes de la pensée réaliste classique (souvent associée au matérialisme), c'est un "réalisme non physique" étudié de façon  approfondie par Bernard d'Espagnat dans "à la recherche du réel."

    Dans le réalisme non physique, les particules élémentaires ou les atomes ne sont pas des créations de notre esprit, mais certaines de leurs caractéristiques essentielles dépendent de la façon dont nous allons les observer. C'est une différence radicale avec le but habituel de la science tel qu'on le trouve chez Albert Messiah: "Au départ de toute entreprise scientifique, on pose comme postulat fondamental que la nature possède une réalité objective, indépendante de nos perceptions sensorielles ou de nos moyens d'investigation; l'objet de la théorie physique est de faire un compte-rendu intelligible de cette réalité objective."

    Dans la science classique, on considère des "énoncés à objectivité forte" (les masses et les positions des objets macroscopiques ne varient pas quand on les mesure). Mais les énoncés de la théorie quantique font référence à nos perceptions  ou à nos instruments. Ils sont objectifs seulement parce qu'ils sont vrais pour n'importe quel observateur. Donc on ne peut pas dire qu'ils sont vrais dans l'absolu puisque leur vérité nécessite une référence à la communauté des observateurs humains. Ce sont des énoncés à objectivité faible.
    Le réalisme physique (réalisme classique), même s'il abandonne la prétention matérialiste à décrire le fondement de ce qui est constitué d'objets, ne peut donc être compatible avec la physique quantique. Cette nouvelle forme de réalisme se caractérise par son caractère "conceptuellement lointain" où nos concepts familiers, ceux qui sont proches de nos sens, ne s'appliquent plus. On pourrait parler d'un "réalisme étrange" comme on peut le voir dans le paradoxe de de Broglie
    Le réalisme tel que celui décrit par Messiah postule l'existence d'une réalité indépendante de nos perceptions et de nos moyens d'observation. S'il existe une telle réalité, il ne s'agit donc pas de la réalité physique que nous pouvons voir, toucher, mesurer!  Car justement, cette réalité-là, n'est pas indépendante de nos moyens d'observation. Mais les expériences que nous avons évoquées  montrent dans les phénomènes, quelque chose, dont la physique montre l"existence (sans pouvoir le décrire), et qui échappe au temps, à l'espace et même à la matière et à l'énergie. Est-ce cette réalité indépendante évoquée par Messiah? C'est un bon candidat, cependant, elle doit être non physique, lointaine. Elle ne peut être décrite par la science, mais elle peut, au mieux, être approchée par une science à objectivité faible (non descriptive d'objets) et non à objectivité forte. 

    Cette conception d'un réalisme non physique, qui souligne le caractère non ontologique du monde dans lequel nous vivons, est bien exprimé dans un passage de Bernard d'Espagnat (voir l'Article 6 première partie 3) Le réalisme non physique. .

     

         4) Notre conscience individuelle est-elle la cause de l'apparence de notre monde?

    Une autre interprétation de la physique quantique est que la vérité ultime serait...notre conscience. Le problème de la réduction du paquet d'onde a été formalisé par Erwin Schrödinger dans une expérience de pensée, l'expérience du chat de Schrödinger.

    Dans le monde tel qu'il nous apparaît, les chats ne sont jamais dans des états superposés, mais dans des états normaux du type "chat mort" ou "chat vivant". La superposition des états a disparu. Aucune frontière nette n'a jamais pu être définie entre le monde quantique et notre monde ordinaire tel que nous le voyons malgré les apports de la notion de décohérence. Alors, pourquoi notre monde a-t-il cette apparence de matérialité? Pour certains physiciens comme Eugene Wigner, la réponse est que la disparition de la superposition est due à l'action de notre conscience qui altère le fonction d'onde. Cependant, cette interprétation ne semble plus vraiment en vogue.

         5) Le potentiel quantique.

    la théorie de De Broglie-Bohm.est une tentative pour conserver le réalisme et pour restaurer l'objectivité forte mais le prix à payer est la non localité et un défi au "bon sens commun" ainsi qu'on peut le voir dans le chapitre 6 de l'Article 6 première partie.

         6) La Théorie des univers parallèles

    Hugh Everett a proposé une interprétation de la fonction d'onde en mécanique quantique: pour lui, cette fonction décrit la réalité, et toute la réalité. Simplement, chaque fois qu'un choix doit être fait, l'Univers... se duplique pour permettre à tous les états possibles d'exister simultanément. Fini le problème de la mesure, ou celui de savoir par quelle fente passe l'électron, mais la non-localité est toujours présente dans chacun des Univers. Certains physiciens (de plus en plus?) croient vraiment à cette théorie. Est-ce un besoin irrépressible de se débarrasser des problèmes philosophiques posés par la mécanique quantique?


    I-8) Article 6 deuxième partieVers un réalisme non physique deuxième partie.

         1) Nouvelle physique et apparence du monde qui nous entoure.

    On peut se satisfaire de l'interprétation de Copenhague et affirmer que la science ne nous dit rien sur la réalité et le réel, mais seulement sur la connaissance que nous pouvons en avoir, mais dans ce cas, il faut en assumer les conséquences. Revenons donc sur les hypothèses vues dans l'article précédent.

         a) L'interprétation 4) (Notre conscience individuelle est-elle la cause de l'apparence de notre monde?) devient difficile à accepter, depuis que l'importance du phénomène de décohérence est mieux perçue  et explique la disparation de la superposition des états. La réalité classique que nous percevons émergerait naturellement d'une description fondamentalement quantique, réconciliant ces deux visions d'un même monde.

         b) Mais cela ne permet pas d'affirmer que les propriétés des objets quantiques sont des propriété objectivesCes propriétés restent dépendantes de la façon dont nous les mesurons. Si on peut éliminer la nécessité de recourir à la conscience individuelle, cela n'élimine pas la nécessité de faire référence à la conscience collective, celle de l'ensemble des observateurs humains. Les caractéristiques de la réalité sont encore "ce que nous pouvons connaître et elles dépendent de la façon dont nous les mesurons". La conscience collective ne rétablit pas "l'objectivité forte", mais joue un rôle de filtre par lequel nous voyons non la réalité en soi mais une projection de celle-ci

         c) Le solipsisme convivial est une autre interprétation permettant de résoudre les problèmes soulevés par la superposition des états quantiques qui s'intègre dans le cadre de la théorie de la décohérence. Cette position, présentée par  Hervé Zwirn suppose qu'on refuse de se placer dans le cadre du réalisme empirique pragmatique, elle se place  dans le cadre du réalisme métaphysique qui fournit entre autres une explication de l'intersubjectivité: il n'y a aucun moyen de constater un désaccord.

         d) Cette réduction de la place accordée à la conscience permet de supprimer toute nécessité de faire appel à la parapsychologie comme Eugène Wigner qui fixait pour objectif à la physique la mise au point d'un détecteur "psychoélectrique" destiné à enregistrer l'action de la conscience sur les électrons.

         e) Que pouvons nous en conclure? 

    -"Nulle nécessité de faire appel à la parapsychologie". 

    -"Nulle nécessité de d'adopter une position dualiste dans laquelle matière et conscience seraient deux réalités en soi existant indépendamment l'une de l'autre et où la conscience individuelle [...] serait susceptible d'agir à distance, par télépathie sur la matière."

    -"pas de possibilité de communiquer plus vite que la lumière et de créer des paradoxes temporels."

    -"Un pont existe entre le monde classique et le monde quantique". 

    -"Il est parfaitement possible d'adopter une vision réaliste selon laquelle il existerait une réalité indépendante de nous (les observateurs humains ... ou tous les autres)."

         2) Au coeur de l'inconnaissable. 

    Voir l'Article 6 deuxième partie chapitre 3: La modernité avait déconstruit toutes les approches pré-scientifiques et avait refermé notre monde sur lui-même, mais nous assistons à nouveau à une "réouverture" du monde sur un ou plusieurs autres niveaux de réalité, non par la mystique ou la philosophie, mais par la science elle-même. Il paraît y avoir un niveau de réalité situé hors de notre monde qui, dans certains cas, peut exercer une sorte  d'influence causale sur lui. On ne peut  se représenter les particules comme des objets, quels qu'ils soient (notion de complémentarité de Niels Bohr), ni se les représenter comme évoluant dans le temps et l'espace et avec des positions et des trajectoires bien définies hors de l'observation. C'est un peu vertigineux quand on pense qu'il s'agit de ce qui nous constitue. 

     "L'objectivité faibleest une dernière couleuvre de taille respectable à avaler. La décohérence permet de réduire le rôle de la conscience individuelle, mais pas la nécessité de faire référence à la conscience collective pour mesurer les caractéristiques de la réalité empirique. Nous ne pouvons prétendre connaître les caractéristiques "en soi" des particules (dans une réalité indépendante de nous), mais uniquement celles des particules que nous mesurons. Avec, Bernard d'Espagnat, il faut admettre que la réalité est et restera voilée. Elle n'est cependant pas totalement inconnaissable, car nous pouvons avoir des lueurs sur elle, entre autres par le biais de la connaissance scientifique. 

        3)  La physique quantique et la vision des philosophes matérialistes. 

    Beaucoup de personnes semblent ne pas avoir encore intégré ces progrès. C'est le cas de Yvon Quiniou qui affirme "la vérité du matérialisme". Pour lui, le matérialisme, refusant toute métaphysique, doit s'interdire toute affirmation transcendant les limites de ce qui est démontrable scientifiquement. Dans l'Article 6 deuxième partie chapitre 4 cette question est examinée plus en détail.

         4) Conclusion de cette synthèse des conséquences de la physique quantique.

    Citons Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod: "quant à la déliquescence de ce qu'on appelle [...] "rationalisme", elle ne gêne guère l'homme de la rue mais perturbe profondément bien des penseurs traditionnels. Mais un autre bouleversement devrait être considéré comme positif: c'est l'abolition du carcan matérialiste et l'émergence de nouvelles possibilités philosophiques...Le matérialisme est encore possible, mais ce serait un matérialisme quantique qu'il faudrait appeler "matérialisme fantastique" ou "matérialisme de science-fiction" (comme la théorie des univers parallèles). Par ailleurs, tout cela redonne une certaine crédibilité à l'idée de l'existence de Dieu comme  l'a énonce Sir Athur Eddington dans une phrase célèbre: "La conclusion à tirer de ces arguments de la science moderne est que la religion redevint possible, pour un scientifique raisonnable, autour de l'année 1927."

    Nous vivons un changement complet de notre vision du monde, mais un siècle après son origine, elle a aussi peu pénétré les consciences que le firent les idées de Copernic et Galilée, un siècle après qu'elles furent émises. Nous vivons aujourd'hui une situation identique à celle qui existait lorsque les idée de la modernité émergèrent, quand l'inquisition tenta de s'opposer à leur diffusion. Aujourd'hui, ceux qui se trouvent en position dominante sont les matérialistes et les scientistes.

    I-9) article 7 première partie:  vous qui entrez ici perdez toute espérance...de revenir au monde classique (partie 1)

         1) Après avoir examiné la naissance de la physique quantique et nous être posés la question "qu'est-ce que le réel", revenons à notre exploration de la physique quantique. Des années 1930 aux années 1980, Les progrès ont été réduits dans le domaine fondamental de la physique malgré les extraordinaires progrès techniques. Mais depuis les expériences de non-localité d'Alain Aspect de 1982, les énergies et les imaginations se sont libérées. Des concepts nouveaux ont été développés et toute une série d'expériences dignes de la science-fiction a été réalisée.

          2) La non-localité s'échappe des laboratoires. Nicolas Gisin a réussi, en 1998, l'expérience sur une distance de 10 km avec un résultat de mesures faites dans le même milliardième de seconde. L'influence à distance était dans cette expérience, non plus 40 fois, mais au moins 6 millions de fois supérieure plus rapide que la lumière.

         3) La non-localité dans la panoplie des agents secrets? La "cryptographie quantique" ("l'art du secret"), "cousine" de la non-localitédevient réelle et disponible commercialement.

         4) Le temps n'existe pasIl s'agit d'une autre expérience de  Nicolas Gisin d'après une idée de Antoine Suarez. c'est une expérience de non-localité avec des appareils en mouvement. Jusqu'à maintenant, les expériences prouvaient que l'interaction EPR se jouait de l'espace. Dans celle-ci, elle se joue également du temps. Ce n'est pas surprenant, puisque espace et temps sont liés.Mais ce qui est une surprise, c'est que cette expérience rend impossible toute interprétation en termes de causalité temporelle quel est l'évènement cause? l'évènement effet?)  "Il faut plutôt penser aux corrélations comme un effet dont la cause est un principe ou agent non matériel au-delà de l'espace-temps. Pour ce agent, les particules, bien que localisées à l'intérieur des détecteurs, forment un seul objet au-delà de l'espace. La "non-séparabilité" paraît l'emporter sur le "non-localité". Comme le dit Antoine Suarez, "dans le monde quantique, il y a des choses qui passent, mais le temps, lui, ne passe pas". 

         5) La téléportation... ça marche! Dès 1997, Anton Zeillinger, à Innsbruck et Francesco De Martini à Rome, effectuèrent les premières téléportations quantiques, et en 2004, la téléportation est elle aussi sortie du laboratoire: Anton Zeillinger a réalisé une téléportation de 600 m. de distance entre des appareils situés sur les deux rives du Danube. Maintenant, (mai 2012), "l’équipe d’Anton Zeilinger vient de présenter une étude affirmant qu’ils ont démontré une "téléportation quantique" sur une distance de 143 km dans les îles Canaries. Si elle est confirmée, cette téléportation ouvre également la voie pour un futur réseau quantique globale destinée aux communications sécurisées par satellite".

         6) Un virus peut-il être quantique? La décohérence donne une limite supérieure à la taille des objets pouvant se comporter comme le chat de Schrödinger (un électron, un atome, sous leur forme ondulatoire, le peuvent comme le montre l'expérience des fentes de Young). En 2001Anton Zeilinger venait de réussir l'expérience des fentes de Young avec des molécules de fullerène C60. Puis en 2004, il a réussi avec une molécule de 256 atomes. Plus la taille des objets qu'il s'agit de faire passer par les deux fentes à la fois augmente, plus les difficultés paraissent insurmontables à cause de la décohrérence. Le rêve de Zeilinger serait de réussir l'expérience avec... un virus (affaire à suivre: futura-sciences.com -Après le chat, voici le virus de Schrödinger !


    I-9)  article 7 deuxième partievous qui entrez ici perdez toute espérance...de revenir au monde classique (partie 2).

         1) Quand la lumière va plus vite que la lumière.

    On sait depuis Einstein que rien ne va plus vite que la lumière (si on excepte le cas douteux de ces neutrinos). Raymond Chiao, professeur à l'université de Berkeley, a réussi cet exploit, démonstration de l'étrangeté radicale de du monde quantique. Dans cette expérience, qui est liée à l'effet tunnel, des électrons ou des photons sont lancés contre un mur (miroir constitué de silice et de titane). La grande majorité rebondit sur le mur et repart en arrière. Mais comme il y a une incertitude sur la position de la particule quand elle aborde le mur, il est possible qu'elle soit en fait située de l'autre côté du mur. C'est comme si un tunnel s'était ouvert devant elle à travers le mur. En pratique c'est bien ce qui se passe puisque l'on récupère quelques particules dur l'écran de l'autre côté du mur! Ce phénomène échappe complètement au sens commun et à la façon dont nous pouvons le représenter. Si on veut en donner une image, on pourrait dire que le photon disparaît quand il touche le mur et réapparaît immédiatement de l'autre côté. On peut ainsi parler des "propriétés magiques" de la mécanique quantique, même si les physiciens disent que cela est très rationnel puisqu'on peut parfaitement  décrire le phénomène avec les équations du formalisme quantique. Mais peut-on dire que le photon va plus vite que la lumière (comme dans le cas de la téléportation ou des expériences EPR)? Dans tous ces cas, on ne peut pas s'en servir pour transporter de l'énergie, donc la relativité d'Einstein n'est pas violée. 

         3) La métamorphose de l'électron: l'expérience du choix retardé.
    Dans une variante de L'expérience des fentes de Young, plutôt que de passer par les deux fentes, les électrons peuvent suivre deux chemins, allant d'une même source à un point de croisement, sauf que cette fois-ci, il n'y a qu'un électron dans le dispositif et non deux. Sur l'un des deux chemins, on place, non pas un mur, mais un détecteur capable d'enregistrer le passage de l'électron. Mais, il est possible d'activer ou de ne pas activer le détecteur alors que l'électron a déjà quitté la source et franchi le séparateur (il est alors à l'intérieur du dispositif). Comme on peut montrer que lorsque le détecteur n'est pas activé, l'électron (unique), emprunte les deux chemins à la fois, cela signifie que lorsqu'on active le détecteur sur le chemin B et que l'électron s'y matérialise, "quelque chose" était sur le chemin A et en a disparu instantanément lors de la détection (réduction du paquet d'ondes). Cela confirme bien le fait que l'électron est indivisible  (il  est "partout" lorsqu'il n'est pas observé). On assiste donc ici aux "métamorphoses de l'électron"! C'est sur ce choix retardé qu'est basé la principe de la gomme quantique.

         4) Requiem pour la chat de Schrödinger.

    Serge Haroche a permis d'observer la décohérence elle-même, le passage du monde quantique au monde classique. La décohérence prend environ 40 microsecondes pour un champ constitué de 3 particules. La vitesse de la décohérence augmente avec la taille du système: "un chat, qui compte quelques 1027particules, "décohérence" en 10-23 seconde, ce qui explique pourquoi on n'a jamais vu de chats mort-vivants ! Et pourquoi la décohérence est difficile à observer." La théorie de le décohérence est donc confirmée, mais cela ne signifie pas un retour à l'objectivité forte du monde macroscopique. Le monde classique n'est qu'une approximation de ce qui existe vraiment, ce réel fondamental étant mieux décrit par la physique quantique.

         5) Requiem pour les supporters du monde classique.

    Toutes les expériences que que la physique quantique vient de nous décrire montrent qu'il est vain d'espérer un retour sous quelque forme que ce soit à un monde classique que le sens commun pourrait décrire si on cherche à comprendre le monde qui nous environne. 

    La question "qu'est-ce que le réel"?  c'est de savoir si elle peut avoir une existence objective (au sens fort), c'est à dire ontologiquement suffisante, avoir des caractéristiques dont l'existence ne dépend de rien d'autre qu'elle même. Que la réponse (a priori définitive...) soit négative et que la réalité échappe en partie à l'espace et au temps, et se situe hors du niveau dans lequel nous évoluons, porte un coup mortel à toute une série de conceptions classiques, parmi lesquelles le matérialisme classique (sauf à imaginer un "matérialisme platonicien" .

    Cependant il ne faut pas oublier que:

         -La chute du matérialisme n'entraîne pas celle de l'athéisme (rien dans dans la physique quantique ne soutient une conception déiste ou théiste).     

         -Si la matière n'a pas d'existence propre, cela n'implique pas que le monde soit une illusion, au contraire. 

         -Le monde n'est pas une création de notre esprit il y a bien une réalité extérieure qui nous résiste, même si elle n'est pas d'ordre physique. C'est ce que montre le fait que tous les physiciens peuvent être d'accord pour affirmer la validité d'une théorie et que celle-ci puisse être réfutée. 


    I-10) "qu'est-ce que le réel"?

    Je reproduis in extenso le texte de jean staune qui conclue le chapitre "qu'est-ce que le réel - vous qui entrez ici perdez toute espérance!".

    -Le principe d'incertitude de Heisenberg nous enseigne qu'une incertitude fondamentale existe dans l'Univers au niveau des particules élémentaires. Le déterminisme n'est pas universel.

    -L'expérience des fentes de Young nous montre que les fondements de la matière ne sont pas des objets matériels. 

    -L'existence d'une dimension non locale ou holistique dans l'Univers a été démontrée expérimentalement. Toute future théorie relative à la réalité devra tenir compte du fait que, dans certaines situations, deux particules doivent être considérées comme un unique objet quelle que soit la distance qui les sépare. 

    -Nos concepts traditionnels concernant le temps, l'espace, les objets, les trajectoires, la causalité ne s'appliquent plus au niveau microphysique.

    - ,Le monde qui nous entoure, celui des phénomènes, ne peut être décrit sans tenir compte de la façon dont nous le mesurons. On dit qu'il a une "objectivité faible".

    -La réalité véritable est, par définition à "objectivité forte": elle ne dépend pas de la façon dont nous l'observons. Si une telle réalité existe, elle ne peut être identifiée à la réalité phénoménale, celle où nous vivons. (noumène de Kant, opposé au phénomène?)

    -Si l'on veut rester réaliste, il faut donc postuler un "réalisme non physique" dans lequel la réalité véritable ne correspond pas à ce l'on peut voir, mesurer, toucher. Elle est en grande partie voilée.

    -A moins d'adopter des modèles cohérents en terme de formalisme mais ayant des conséquences absurdes (univers parallèles...), ou des modèles dont le formalisme pose des problèmes (potentiel quantique), il semble bien que cette réalité indépendante ne puisse être conçue comme immergée dans l'espace-temps. Et qu'il en est de même pour les particules élémentaires qui constituent le fondement de tout ce que nous pouvons observer. 

    -Toutes les recherches actuelles semblent montrer que loin de revenir aux conceptions classiques, la physique se dirige vers des visions encore plus éloignées de nos concepts familiers.

     

    Mes liens pour les articles "notre existence a t-elle un sens?"


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